Critique / Reseña

Menés par le garagiste et manœuvrés para le pasteur de la ville vaudoise de Payerne, plusieurs villageois « bas du front » décident de tuer « un Juif par l’exemple ». Ce sera le marchand de bestiaux juif Arthur Bloch.
Dans ce roman bref, lapidaire et implacable, Jacques Chessex décrit des abominations sans trembler.
La référence au philosophe Jankélévitch termine le roman en l’ouvrant sur la notion d’imprescriptibilité et je me permets de citer cet extrait de la page 87 : « L’imprescriptible. Ce qui ne se pardonne pas. Ce qui ne sera jamais payé. Ni oublié. Ni prescrit. Aucun rachat d’aucune espèce. Le mal absolu, à jamais sans transaction. »
Pour les lecteurs intéréssés par cette thématique, je signale le dernier roman d’Elie Wiesel « Le Cas Sonderberg » (Grasset -2008), l’œuvre de Primo Levi et des écrivains qui ont connu l’expérience des camps et de la déportation : Jean Cayrol et son poignant « Je vivrai l’amour des autres » (Seuil -1947), Georges Hyvernaud, Raymond Guérin…