<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-2045635635459388620</id><updated>2012-02-16T17:10:49.623-08:00</updated><category term='Derechos Humanos'/><category term='Jean.Louis Benavent'/><category term='Katja Wolff'/><category term='México'/><category term='teatro'/><category term='libros'/><category term='Michel Boyer'/><category term='English'/><category term='Céline Hervé-Bazin'/><category term='en español'/><category term='en français'/><category term='Ennemonde'/><category term='Yalí Noriega'/><category term='Arlette Lezama'/><category term='Le rendez-vous amnésique'/><title type='text'>Galicismos</title><subtitle type='html'></subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2045635635459388620/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>galicismos</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>26</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2045635635459388620.post-4615051849114565330</id><published>2009-07-09T02:42:00.000-07:00</published><updated>2009-07-09T02:44:06.253-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Jean.Louis Benavent'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='en français'/><title type='text'>L’imposteur ivre</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;lorsque dans une de ses aventures, il avait échoué sur un hamac mexicain,&lt;br /&gt;emporté par la fièvre jaune et ses symptômes ravageurs…. Il ne savait&lt;br /&gt;plus, à force d’inventer, qui de Almaherida ou de l’Autre avait pour lui&lt;br /&gt;l’expérience vécue.&lt;br /&gt;Au réveil d’une nuit fade et peu alléchante, un certain matin,&lt;br /&gt;Almaherida, la bouche pâteuse, les yeux embrumés, se rappela à l’ordre&lt;br /&gt;pour ne pas subir une nouvelle fois les enchantements du farniente et de&lt;br /&gt;la mélancolie. Si sa chambre était si chichement aménagée, c’était bien&lt;br /&gt;sûr pour ne pas être tenté d’y rester. Il ne connaissait que trop bien ces&lt;br /&gt;journées, allongé sur un matelas de l’Etat, dans sa chambre d’étudiant, où&lt;br /&gt;il somnolait en attendant le crépuscule. Son corps avait insidieusement&lt;br /&gt;gardé l’accoutumance de la station horizontale, du manque de nourriture,&lt;br /&gt;de cet état de grâce à mi-chemin entre la maladie de l’âme et de la chair.&lt;br /&gt;Il méprisait ses organes internes, notamment son estomac et son foie,&lt;br /&gt;trop faibles à son goût pour supporter le régime qu’il s’imposait avec la&lt;br /&gt;détermination des damnés, des suicidaires. Il méprisait également cette&lt;br /&gt;catégorie de personnes, n’ayant rien de mieux à faire que de se tuer et&lt;br /&gt;laisser les autres s’en tirer à si bon compte. En fait il méprisait tout ce qui&lt;br /&gt;était en rapport avec l’humain et la Civilisation.&lt;br /&gt;Almaherida aurait pu paraître cynique auprès de certaines personnes,&lt;br /&gt;blasé auprès d’autres, mais il avait déjà vécu une première vie sur cette&lt;br /&gt;terre, et la deuxième ne semblait pas plus le charmer que la précédente.&lt;br /&gt;Pouvait-il être digne de l’estime qu’il se portait ? Il avait si souvent déçu&lt;br /&gt;ses proches, et par conséquent lui-même, que rien n’avait plus&lt;br /&gt;d’importance. Almaherida avait l’impression d’avoir trop perdu, pour&lt;br /&gt;concevoir de se perdre encore. Néanmoins, au fond de lui, une lueur&lt;br /&gt;d’espoir, d’honnêteté, de don de soi, se maintenait malgré sa froideur&lt;br /&gt;cadavérique. D’autant plus que puisqu’il n’avait plus rien à perdre, il était&lt;br /&gt;en mesure de tout tenter.&lt;br /&gt;Certes disposé à s’engager dans une action, armée ou autre, afin que le&lt;br /&gt;changement tant réclamé s’opère, mais jamais sans perdre de vue son&lt;br /&gt;d’objectif principal : une mort digne, une mort sans concession.&lt;br /&gt;Almaherida avait quelques notions de Bushido. Et son katana, offert par&lt;br /&gt;une ancienne connaissance, luisait éternellement dans ses nuits&lt;br /&gt;blanches. Il ne l’avait jamais dégainé, pensant que lorsqu’on dégaine une&lt;br /&gt;arme il faut s’en servir tout de suite, avant que l’adversaire ne puisse&lt;br /&gt;réagir. Adversaire imaginaire, parfois. Pour les mêmes raisons il ne&lt;br /&gt;laissait jamais une bouteille d’alcool entamée dans sa cuisine. Ce&lt;br /&gt;jusqu’au-boutisme, qui l’avait mené aux pires déséquilibres jusqu’au&lt;br /&gt;reniement de ses antécédents, prenait sa source dans cette folie, naguère&lt;br /&gt;si bien imitée, rongeant indéfectiblement le marionnettiste pour parfaire&lt;br /&gt;l’illusion.&lt;br /&gt;Sa démarche n’avait rien du dandy ou de l’esthète, elle lui venait d’une&lt;br /&gt;timidité ancestrale, un dragon blessé, jamais vaincu. Il avait préféré, à des&lt;br /&gt;moments précis, paraître fou plutôt que sincère.&lt;br /&gt;Après avoir bu sa cafetière quotidienne, il alla se promener un long&lt;br /&gt;moment sur les bords du canal. Méditant à une mauvaise action lui&lt;br /&gt;permettant d’exorciser son ennui, Almaherida ne trouva que quelques&lt;br /&gt;visages tristes peu enclins à la farce : à quoi bon faire le mal si plus&lt;br /&gt;personne ne s’en soucie ?&lt;br /&gt;Il trouvait sa liberté remise en cause quand aucun juge, improvisé, ne&lt;br /&gt;venait lui faire la morale. La lassitude du genre humain, parvenue à son&lt;br /&gt;apogée de médiocrité, occasionna chez lui un léger tourment, très vite&lt;br /&gt;endigué par le rire qu’il se prescrivait afin de briser net ses réflexions&lt;br /&gt;moroses.&lt;br /&gt;Il se rendit au centre ville. C’était bientôt Noël. Les figures semblaient&lt;br /&gt;plus aptes à recevoir une leçon de méchanceté.&lt;br /&gt;Il entra dans une librairie, fit le tour des rayons, s’apitoyant sur le sort de&lt;br /&gt;quelques auteurs dont le quotient intellectuel ne devait que rarement&lt;br /&gt;s’élever au dessus du niveau de la mer, plaignit le manque de style des&lt;br /&gt;céphalopodes, et enfin le manque d’imagination des plus vigoureux. Une&lt;br /&gt;vendeuse s’approcha de lui demanda s’il voulait de l’aide :&lt;br /&gt;« Oui, j’ai mon lacet défait, si vous voulez bien vous baisser pour me le&lt;br /&gt;refaire.&lt;br /&gt;- je ne comprends pas.&lt;br /&gt;- Ce n ‘est pas grave.&lt;br /&gt;- Si, expliquez-moi, je suis sûre qu’il y a de quoi rire. »&lt;br /&gt;Almaherida lui prit alors des mains un de ces livres aux images atroces et&lt;br /&gt;pathétiques utilisés pour atténuer la lutte des classes, la réduire à l’état de&lt;br /&gt;caprice, et déclara :&lt;br /&gt;« Là, il y a de quoi rire. »&lt;br /&gt;La femme, outrée, pivota du talon. Almaherida détourna le regard pour&lt;br /&gt;ne pas affronter ses fesses flasques de mal-baisée.&lt;br /&gt;Un autre moment, il tomba sur la photo d’un pseudo philosophe et éclata&lt;br /&gt;de rire, réveillant les quelques rats squattant les étagères, plongés dans&lt;br /&gt;leurs aberrations :&lt;br /&gt;« Dois-je prendre ce livre parce qu’il est beau ? Ou bien est-ce parce que&lt;br /&gt;ce livre est beau que je me dois de l’acheter ? La couverture existe-t-elle&lt;br /&gt;en mauve, pour aller avec la moquette ? Est-il à la mode ? »&lt;br /&gt;Un vendeur, sans doute un missionnaire, après avoir bavardé un instant&lt;br /&gt;avec la vendeuse outrée, alla le voir pour lui demander quel livre il&lt;br /&gt;désirait.&lt;br /&gt;« Avez-vous Anatomie de la Mélancolie ?&lt;br /&gt;- C’est de qui ?&lt;br /&gt;- Burton.&lt;br /&gt;- Tim Burton ?&lt;br /&gt;- Laissez tomber. Chaos d’Almaherida?&lt;br /&gt;- Je ne crois pas, ce nom ne me dit rien.&lt;br /&gt;- C’est bien dommage. Au revoir. »&lt;br /&gt;La gratuité de ses mensonges l’égaillèrent un moment, alors qu’il&lt;br /&gt;cherchait un café où s’asseoir, mais peu à peu son humeur changea : il se&lt;br /&gt;mit en colère contre lui-même, et au lieu de s’installer à une table, il se&lt;br /&gt;posa au comptoir d’un bar et commanda :&lt;br /&gt;« Une Corona. »&lt;br /&gt;Le serveur lui proposa une tranche de citron. Il refusa, pour le principe,&lt;br /&gt;avant de boire la bière goulûment, d’allumer une cigarette et d’expirer la&lt;br /&gt;fumée par ses narines. La différence de température avec l’extérieur le fit&lt;br /&gt;saigner du nez. Des gouttes de sang tombèrent sur le sous bock. Il prit un&lt;br /&gt;mouchoir et rejeta sa tête en arrière, souhaitant n’avoir pas à se&lt;br /&gt;remémorer toutes les fois où cela lui était arrivé car sa mémoire aurait&lt;br /&gt;vite fait de lui rappeler d’autres choses qu’il désirait oublier.&lt;br /&gt;Almaherida se devait de vivre dans la fiction.&lt;br /&gt;De retour dans son antre, il reçu un coup de téléphone. Une amie,&lt;br /&gt;dont il n’avait pas de nouvelles depuis l’été, l’invitait à passer le réveillon&lt;br /&gt;avec elles et ses amies. Il accepta, expliquant que cela lui ferait le plus&lt;br /&gt;grand bien, et aussitôt la communication coupée, il regretta son entrain.&lt;br /&gt;Ne savait-il pas comment tout aller se passer ?&lt;br /&gt;Il descendit acheter une bouteille de Whisky. A la moitié de la bouteille,&lt;br /&gt;il se fit un croque monsieur, puis envoya un texto à Paul, qui, à l’instar&lt;br /&gt;d’Almaherida, avait l’habitude de boire seul. Il proposa un rendez-vous,&lt;br /&gt;chez lui, pour parler de tout et de rien, se vider la tête de mauvaises&lt;br /&gt;pensées, envoyer balader son esprit.&lt;br /&gt;« Et prend des bières.&lt;br /&gt;- J’en avais l’intention. »&lt;br /&gt;Paul débarqua éméché. Ils ne se serrèrent même pas la main. Ils s’assirent&lt;br /&gt;autour de la petite table du salon où les munitions étaient disposées. Ils&lt;br /&gt;allumèrent chacun, en même temps et de façon involontaire, une&lt;br /&gt;cigarette. Cette coordination les fit sourire. Ils trinquèrent, vidèrent leurs&lt;br /&gt;verres et se mirent, comme prévu, à parler de choses et d’autres. Paul&lt;br /&gt;travaillait dans une société. Il en parla sans s’étendre sur le sujet. Parla de&lt;br /&gt;ses projets de voyages, sans donner de lieux ni de dates. Almaherida parla&lt;br /&gt;de la librairie où il avait mis les pieds, plus tôt dans la journée, puis&lt;br /&gt;écouta Paul en buvant.&lt;br /&gt;Quand la bouteille de whisky fut finie, ils achevèrent les bières et se&lt;br /&gt;rendirent dans un bar irlandais pour en finir avec leur velléité. Ils&lt;br /&gt;gouttèrent plusieurs whiskey, et à la fermeture retournèrent chez eux&lt;br /&gt;avec la certitude d’être à la fois les pires et les meilleurs des vivants.&lt;br /&gt;Ces deux-là ne savaient pas se tenir habituellement, et pourtant une&lt;br /&gt;chape de plomb comprimait leur frénésie ce soir là. La lassitude est&lt;br /&gt;contagieuse, tout comme la lèpre.&lt;br /&gt;Trois heures plus tard, Almaherida s’éveilla avec la sensation d’étouffer.&lt;br /&gt;Il alla se passer de l’eau sur le visage, erra autour du réfrigérateur sans se&lt;br /&gt;résoudre à l’ouvrir. Il s’allongea de nouveau, la tête bien remontée pour&lt;br /&gt;ne pas vomir – il avait su vomir à une époque. Il serra ses dents et ses&lt;br /&gt;poings, se concentra sur l’origine du mal, et se rendormit finalement en&lt;br /&gt;un peu moins de deux heures.&lt;br /&gt;Le lendemain il travailla à son histoire. Sa gueule de bois lui facilita le&lt;br /&gt;travail. Les mots venaient seuls, s’écrivaient seuls, se lisaient seuls. Le&lt;br /&gt;processus créatif savait se passer lui. Il n’était qu’un vase communiquant.&lt;br /&gt;Cela ne faisait que passer par son être. De l’estomac jusqu’au cortex, du&lt;br /&gt;cortex au clavier, du clavier à l’écran. Ses idées traversaient le vide.&lt;br /&gt;Traverseraient-elles le temps ? Se demanda-t-il. Il rit bientôt de cette&lt;br /&gt;question. Et de sa propre réponse.&lt;br /&gt;La pluie, moche, puis la neige, faussement pure, le dissuadèrent de sortir.&lt;br /&gt;Il travailla, une bouteille d’eau à la main, jusqu’à épuisement, jusqu’à ce&lt;br /&gt;que ses yeux lui fassent voir de petits anges. Il consomma du soda en&lt;br /&gt;grande quantité, et regarda un mauvais film tout en ingurgitant une pizza&lt;br /&gt;commandée, livrée dans les temps, en 29 minutes très exactement, par un&lt;br /&gt;jeune homme à lunettes, peu sûr de lui, qui cherchait à cacher&lt;br /&gt;désespérément dans la poche de sa veste une sorte de cagoule rouge vif.&lt;br /&gt;En fait, il ne s’agissait pas d’un mauvais film : c’était un pur navet.&lt;br /&gt;Almaherida n’aurait jamais voulu avoir dire la vérité sans la rendre,&lt;br /&gt;sinon attractive, du moins artistiquement potable. Le peu de personnes&lt;br /&gt;qui en avaient trop sur lui, hormis une exception, avaient avec lui un&lt;br /&gt;accord tacite digne de l’Omerta. Il n’aimait pas savoir qu’on puisse parler&lt;br /&gt;de sa personne, se refusait à tout commentaire lorsqu’on lui en demandait&lt;br /&gt;la raison. Le simple fait d’aborder dans une conversation son mode de vie,&lt;br /&gt;ses choix, le mettaient dans une colère noire. Il se transformait en ce petit&lt;br /&gt;trio de singes qui voient, n’entendent ni ne disent rien. Il n’avouait que&lt;br /&gt;sous la torture. Il se détestait.&lt;br /&gt;Il est impossible d’échapper au regard de l’autre, et Almaherida savait&lt;br /&gt;bien que ses historiettes sonnaient souvent faux. Il trouvait malgré cela&lt;br /&gt;un certain réconfort dans ces fausses pistes. Il appliquait le système de la&lt;br /&gt;surinformation pour parer aux attaques externes, faisait de la publicité&lt;br /&gt;pour lui-même. Sa mégalomanie : de toute évidence une défense contre&lt;br /&gt;le peu de respect qu’il avait réellement pour lui-même, l’aidait à justifier&lt;br /&gt;certains de ses comportements. Différents traits de caractère, distincts,&lt;br /&gt;l’amenaient à agir d’une façon dans une situation donnée. Almaherida&lt;br /&gt;pouvait paraître à deux moments différents, entièrement étranger. Ses&lt;br /&gt;qualités, ses défauts, s’exprimaient à travers lui sans qu’il puisse les&lt;br /&gt;contrôler, toute la machinerie instillait des réflexes, des ordres, qu’il était&lt;br /&gt;impossible de ne pas appliquer. Malheureusement il voyait trop&lt;br /&gt;clairement quels sentiments se cachaient derrière ses prétendues&lt;br /&gt;qualités : sa générosité étant un moyen perverti d’exprimer son mépris, sa&lt;br /&gt;supériorité, son détachement. La compréhension cachait bien souvent&lt;br /&gt;l’ennui, etc.&lt;br /&gt;S’il fallait résumer les eux grands défauts de l’être humain : égoïsme et&lt;br /&gt;peur. Et en cela Almaherida était humain. Dans la cosmogonie des&lt;br /&gt;sentiments, ces deux-là étaient Dieux fondateurs. Par divers croisements,&lt;br /&gt;on devait obtenir les principaux moteurs de la vie, de l’amour jusqu’à la&lt;br /&gt;haine.&lt;br /&gt;Défauts, très visibles, qui l’amenaient à excéder en toute chose, offrant&lt;br /&gt;nonobstant la possibilité nouvelle de se déclarer caractériel, instable&lt;br /&gt;ainsi qu’un lot d’expressions qui renforçaient sa carapace. De quoi&lt;br /&gt;espérait-il se sauver, puisque de toutes les manières il allait être digéré,&lt;br /&gt;lentement et longuement. Il le savait, et sa mauvaise foi l’intriguait plus&lt;br /&gt;qu’elle ne le choquait.&lt;br /&gt;A la fin du jour il se laissa aller à une rêverie. Il voulait envoyer&lt;br /&gt;balader de nouveau son esprit. Cela lui vint tout d’abord en regardant un&lt;br /&gt;livre : A rebours, de Huysmans. La tortue couverte de pierres précieuses,&lt;br /&gt;ployant sous le stupre, ne pouvant plus avancer, se substitua à la&lt;br /&gt;couverture de l’imprimé qu’il tenait entre les mains. Dans un excès de&lt;br /&gt;rage, il jeta l’ouvrage à ses pieds : « Je ne veux plus être accaparé par&lt;br /&gt;l’esprit des autres, je veux faire un rêve qui m’appartient ».&lt;br /&gt;Son imaginaire, peuplé de références, ne lui convenait plus. Un véritable&lt;br /&gt;vide s’y remuait depuis qu’il avait changé de nom. Almaherida devait&lt;br /&gt;recréer tout un écosystème pour mettre au point une rêverie digne de&lt;br /&gt;Almaherida. Il feuilleta un livre d’art, mais ses yeux se tournèrent&lt;br /&gt;naturellement vers une carte postale traînante représentant l’océan&lt;br /&gt;pacifique, d’un vert émeraude, bombé par l’horizon, qu’un élégant bateau&lt;br /&gt;venait saborder. Il ferma ses yeux pour mieux entendre le bruit des&lt;br /&gt;vagues, et s’endormit doucement avec la brise chaude et iodée du bord de&lt;br /&gt;mer.&lt;br /&gt;Cette négligence lui coûta : peu à peu, l’embarcation se transforma en&lt;br /&gt;caravelle, et des coups de canon retentirent. Il vit de nombreux pirates&lt;br /&gt;accoster, le transpercer de mille part avec leurs sabres sans qu’il puisse&lt;br /&gt;réagir. Agonisant, il eut le temps de voir leur chef : c’était lui-même,&lt;br /&gt;borgne, accoutré à la manière des corsaires, deux pistolets enfoncé dans&lt;br /&gt;une ceinture rouge, une chemise de flanelle, large, et tachée de sang ; une&lt;br /&gt;barbe rousse lardée de cicatrices, des sourcils hauts, et un sourire empli&lt;br /&gt;de haine. Il s’éveilla en sueur, étonné de voir son propre visage, et alla se&lt;br /&gt;contempler dans la salle de bains. Il ne se reconnût pas tout de suite, il&lt;br /&gt;avait encore en tête l’image du pirate, seule sa barbe était identique à&lt;br /&gt;celle du rêve, le reste n’était qu’invention. Etait-ce bien lui, cet affreux&lt;br /&gt;sanguinaire, n’avait-il pas rêvé ? Si. Sotte question. Mais s’il était le pirate,&lt;br /&gt;quelle apparence avait-il pris dans la représentation ? Il voulut se&lt;br /&gt;rendormir, de retrouver ce rêve, de se voir dans une glace, ou sur le reflet&lt;br /&gt;d’une arme blanche. Rien n’y fit. Il ne pût qu’imaginer qu’il jouait du&lt;br /&gt;violon dans un petit bureau désordonné où s’entassaient des pages et des&lt;br /&gt;pages de texte incompréhensible. Almaherida se crut mort un instant.&lt;br /&gt;Renaître indéfiniment faisait partie de ses capacités.&lt;br /&gt;La fiction faisait notoirement partie de sa vie, comme dit précédemment,&lt;br /&gt;et pourtant Edgar souhaita la voir disparaître à jamais. Il avait ouvert ses&lt;br /&gt;yeux et son coeur au monde, par hasard ; telle était la clé de son oubli&lt;br /&gt;forcé. Il voulait non seulement oublier ce qu’il avait vécu, mais aussi ce&lt;br /&gt;qu’il avait imaginé. Eliminer froidement chaque personnage, chaque lieu&lt;br /&gt;imaginaire, chaque pensée, idée, qui le ramenaient à la souffrance&lt;br /&gt;engendrée par la création. Dans cette optique, changer de nom, changer&lt;br /&gt;de vie, il devint l’ombre de lui-même, un poursuivant, une âme perdue&lt;br /&gt;cherchant à venger l’innocence perdue, par l’annihilation totale de&lt;br /&gt;l’imaginaire.&lt;br /&gt;Qui voulait-il devenir ? Autre. Il savait que ses nombreux pseudonymes&lt;br /&gt;ne le laisseraient pas accaparer l’ensemble de son être, et se résolut à un&lt;br /&gt;grand nettoyage, un grand carnage. Moniz pensa bien malgré lui à&lt;br /&gt;Pessoa, Kafka, et autre Gary. Alors commença le récit de la&lt;br /&gt;machination…&lt;br /&gt;(À suivre)&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2045635635459388620-4615051849114565330?l=galicismos-suite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/feeds/4615051849114565330/comments/default' title='Enviar comentarios'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/2009/07/limposteur-ivre.html#comment-form' title='0 comentarios'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2045635635459388620/posts/default/4615051849114565330'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2045635635459388620/posts/default/4615051849114565330'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/2009/07/limposteur-ivre.html' title='L’imposteur ivre'/><author><name>galicismos</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2045635635459388620.post-4451440687036852695</id><published>2009-07-06T03:03:00.000-07:00</published><updated>2009-07-06T03:05:31.835-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='en français'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Arlette Lezama'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='México'/><title type='text'>Binni  Zapoteca– Être Zapoteca</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;Après avoir écouté la mélodie d’une des chansons le plus connue  dans  la culture zapoteca, qui s'appelle "Naila", je me rappelle de l´importance de  la femme zapoteca  à l'intérieur de cette société indigène puisque l'homme zapoteca ne fait pas honte à lui démontrer sa nécessité d'elle, peut-être cela se démontre dans tous les cultures, mais personne ne le fait d’une manière si expansive, passionné et vive comme dans les chansons istmeñas, puisqu'elles sont les plus pure culte à la femme, à l'orgueil, la bravoure et la beauté de ces femmes indigènes qui, jusqu'à  aujourd'hui, dansent avec ses naguas&lt;a title="" style="mso-footnote-id: ftn1" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=2045635635459388620#_ftn1" name="_ftnref1"&gt;[1]&lt;/a&gt; remplis de belles fleurs ces sons dans  honneur à celles-ci.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name="naila"&gt;&lt;strong&gt;Naila&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Cuzaani' béeu ti gueela',Naila cayuuna neza luá'.Hrabibe náa ne diidxa doo,gulaquibe ladxido'be lu hruá.&lt;br /&gt;Gudxelaabe shiñé cayuunabe,ne gudxibenaa sacarí:ma gudxite' lii ne sti nguiiu,ma cadi stiu nga ladxiduaya.&lt;br /&gt;Ma gudxite' lii ne sti nguiiu,ma cadi stiu nga ladxiduaya.&lt;br /&gt;Naila, gudxi náa shiñé cuza'nu náa,huati, nanu cou nadxiélii;bibigueta ne náa, cadiguyubu stobi.Cabeeza lii ti pa qui guínilu',zuninaalu' ladxiduaya.&lt;br /&gt;Naila, gudxi náa shiñé cuza'nu náa,huati, nanu cou nadxiélii;bibigueta ne náa, cadiguyubu stobi.Cabeeza lii ti pa qui guínilu',zuninaalu' ladxiduaya.&lt;br /&gt; Paroles: Chuy Rasgado.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Naila&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Dans une nuit de lune,Naila pleurait devant moi.Elle me parlait avec tendresse,Elle a mis à mes lèvres sa douceur.&lt;br /&gt;Je lui disais: pourquoi pleurait?,elle m´a répondu ainsi:je me suis envrié avec un autre homme,je ne suis pas déjà Naila pour toi.&lt;br /&gt;Je me suis envrié avec un autre homme,je ne suis pas déjà Naila pour toi.&lt;br /&gt;Naila, dis-moi pourquoi tu me laisses?,sotte, bien que tu sais que je t´aime;il revient à moi ,ne cherche pas déjà une autre sente.Je te pardonne parce que sans ton amour,le coeur me part.  &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Pour voir le video:                          &lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.youtube.com/watch?v=21--zppFEfk&amp;amp;feature=PlayList&amp;amp;p=300A373CE4D67B2F&amp;amp;playnext=1&amp;amp;playnext_from=PL&amp;amp;index=66"&gt;http://www.youtube.com/watch?v=21--zppFEfk&amp;amp;feature=PlayList&amp;amp;p=300A373CE4D67B2F&amp;amp;playnext=1&amp;amp;playnext_from=PL&amp;amp;index=66&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;a title="" style="mso-footnote-id: ftn1" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=2045635635459388620#_ftnref1" name="_ftn1"&gt;[1]&lt;/a&gt; Jupe traditionnelle.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2045635635459388620-4451440687036852695?l=galicismos-suite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/feeds/4451440687036852695/comments/default' title='Enviar comentarios'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/2009/07/binni-zapoteca-etre-zapoteca.html#comment-form' title='0 comentarios'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2045635635459388620/posts/default/4451440687036852695'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2045635635459388620/posts/default/4451440687036852695'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/2009/07/binni-zapoteca-etre-zapoteca.html' title='Binni  Zapoteca– Être Zapoteca'/><author><name>galicismos</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2045635635459388620.post-4386845250126869018</id><published>2009-07-06T02:53:00.000-07:00</published><updated>2009-07-06T02:56:24.767-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Arlette Lezama'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='en español'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='México'/><title type='text'>Binni  Zapoteca– Ser  Zapoteca</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a name="naila"&gt;&lt;strong&gt;Naila&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Cuzaani' béeu ti gueela',Naila cayuuna neza luá'.Hrabibe náa ne diidxa doo,gulaquibe ladxido'be lu hruá.&lt;br /&gt;Gudxelaabe shiñé cayuunabe,ne gudxibenaa sacarí:ma gudxite' lii ne sti nguiiu,ma cadi stiu nga ladxiduaya.&lt;br /&gt;Ma gudxite' lii ne sti nguiiu,ma cadi stiu nga ladxiduaya.&lt;br /&gt;Naila, gudxi náa shiñé cuza'nu náa,huati, nanu cou nadxiélii;bibigueta ne náa, cadiguyubu stobi.Cabeeza lii ti pa qui guínilu',zuninaalu' ladxiduaya.&lt;br /&gt;Naila, gudxi náa shiñé cuza'nu náa,huati, nanu cou nadxiélii;bibigueta ne náa, cadiguyubu stobi.Cabeeza lii ti pa qui guínilu',zuninaalu' ladxiduaya.&lt;br /&gt;Traducción de Oscar Toledo Esteva&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Naila&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;En una noche de luna,Naila lloraba ante mi.Ella me hablaba con ternura,puso en mis labios su dulzura.&lt;br /&gt;Yo le decía porqué lloraba,ella me contestó así:ya me embriagué con otro hombre,ya no soy Naila para tí.&lt;br /&gt;Ya me embriagué con otro hombre,ya no soy Naila para tí.&lt;br /&gt;Naila, di porqué me abandonas,tonta, si bien sabes que te quiero;vuelve a mi, ya no busques otro sendero.Te perdono porque sin tu amor,se me parte el corazón.&lt;br /&gt;Naila, di porqué me abandonas,tonta, si bien sabes que te quiero;vuelve a mi, ya no busques otro sendero.Te perdono porque sin tu amor,se me parte el corazón.&lt;br /&gt;Letra de Chuy Rasgado&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Para ver el video : &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://www.youtube.com/watch?v=21--zppFEfk&amp;amp;feature=PlayList&amp;amp;p=300A373CE4D67B2F&amp;amp;playnext=1&amp;amp;playnext_from=PL&amp;amp;index=66"&gt;http://www.youtube.com/watch?v=21--zppFEfk&amp;amp;feature=PlayList&amp;amp;p=300A373CE4D67B2F&amp;amp;playnext=1&amp;amp;playnext_from=PL&amp;amp;index=66&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2045635635459388620-4386845250126869018?l=galicismos-suite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/feeds/4386845250126869018/comments/default' title='Enviar comentarios'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/2009/07/binni-zapoteca-ser-zapoteca.html#comment-form' title='0 comentarios'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2045635635459388620/posts/default/4386845250126869018'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2045635635459388620/posts/default/4386845250126869018'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/2009/07/binni-zapoteca-ser-zapoteca.html' title='Binni  Zapoteca– Ser  Zapoteca'/><author><name>galicismos</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2045635635459388620.post-8880835200118333132</id><published>2009-06-04T15:00:00.000-07:00</published><updated>2009-06-04T15:01:05.832-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Derechos Humanos'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='en français'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Yalí Noriega'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='México'/><title type='text'>La politique et la peur</title><content type='html'>&lt;p align="justify"&gt;&lt;strong&gt;Yalí Noriega Curtis&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les spots publicitaires des partis politiques pendant cette campagne pour les élections intermédiaires utilisent une ressource presque infaillible : la peur. C’est vrai que la situation de (in)sécurité dont nous vivons, avec la crise économique, crée la crainte sur le présent et le futur. Les médias contribuent énormément aux préoccupations des citoyens quand ils comptent sans cesse les morts, les attentats et les enlèvements quotidiens dans tout le pays.&lt;br /&gt; Et les partis politiques ne profitent pas de nos bien fondées craintes, ils les exploitent. “Votez pour X pour combattre la délinquance”, “Si vous ne votez pas pour Y, l’insécurité augmentera”, “La colère est que les ravisseurs soient livres” et autant d’autres exemples que nous voyons tout le temps a la TV, dans des publicités spectaculaires et même dans la radio. Cette situation augmente sans mesure la peur, nous rende dans la panique… exactement ce qu’ils veulent, pour nous convaincre que « ils » ont vraiment la volonté de l’améliorer. Qu’ils connaissent vraiment ce que nous vivons et qu’ils ont la solution et veulent l’implémenter.&lt;br /&gt;Mais ils ne se rendent pas compte que la population ne croit plus ce qu’ils nous dissent. Il faut juste parler avec les chauffeurs des taxis ou avec les vendeuses du marché pour savoir que personne n’est pas convaincue par les slogans et fausses promesses. Alors, pour cynisme, apathie ou triste désillusion, le pourcentage de la population qui ira voter dans les prochaines élections sera le plus maigre des dernières décennies. On verra si les tactiques de peur des partis auront des résultats.&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2045635635459388620-8880835200118333132?l=galicismos-suite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/feeds/8880835200118333132/comments/default' title='Enviar comentarios'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/2009/06/la-politique-et-la-peur.html#comment-form' title='0 comentarios'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2045635635459388620/posts/default/8880835200118333132'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2045635635459388620/posts/default/8880835200118333132'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/2009/06/la-politique-et-la-peur.html' title='La politique et la peur'/><author><name>galicismos</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2045635635459388620.post-2792780542048269052</id><published>2009-06-04T14:54:00.000-07:00</published><updated>2009-06-04T14:58:35.377-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Derechos Humanos'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='en français'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Yalí Noriega'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='México'/><title type='text'>Légalisation?</title><content type='html'>&lt;p align="justify"&gt;&lt;strong&gt;Yalí Noriega Curtis&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;Il y a quelques semaines, le Congrès a approuvé une reforme légal qui dépénalise la consommation (minimales) de quelques stupéfiants. Cette reforme a été approuvée pendant le période climatique de la grippe porcine… c’est à dire, humaine, et pourtant, presque inaperçue (reforme fast-track, ça ne vous dites rien?) En fait, ça a crée de la panique entre les gens qui croient que la consommation va augmenter. Leur argument est que, si on permet à quelqu’un de porter 5 gr de la marijuana ou 2 gr de cocaïne, des autres personnes seront motivées à lui vendre ou acheter, ou peut-être à l’imiter. Néanmoins, ils ne se rendent pas compte que la consommation est déjà là, comme l’abus et la grande offerte. Quelques experts disait, dans un programme TV, que le Congrès dit aux ministères publiques : « si tu trouves quelqu’un qui porte 5 o moins gr de la marijuana, ne lui appliques pas la punition marquée par la loi ». Ça n’est pas la légalisation, non plus une dépénalisation ; c’est une très faible reconnaissance que le consommateur n’est pas un délinquant. Car, en fait, le Code Pénal n’est pas reformé; on choit pour ne pas appliquer les peines dans des certaines cas. Alors, pour quoi la peur ?&lt;br /&gt;Par contre, on ne parle pas sur les bénéfices de la légalisation. En taxant le commerce de stupéfiants, comme on le fait déjà avec l’alcool et le tabac, l’État pourrait obtenir des nouveaux revenus (leur destination c’est un sujet complètement différent). Le monopole de la violence reviendrait aux mains de l’État… ou du moins, ce c’est que nous voulons croire. Bien sûr que, pour vraiment réduire le nombre des dépendants, il faudrait dédier plusieurs ressources aux campagnes de prévention, distribution d’information claire et véridique sur les conséquences de l’utilisation, et finalement, créer plusieurs et meilleures cliniques de traitement. On ne le voit pas ni dans la reforme, ni dans les propositions de loi, ni dans les propositions électorales qui nous inondent. &lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2045635635459388620-2792780542048269052?l=galicismos-suite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/feeds/2792780542048269052/comments/default' title='Enviar comentarios'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/2009/06/legalisation.html#comment-form' title='0 comentarios'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2045635635459388620/posts/default/2792780542048269052'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2045635635459388620/posts/default/2792780542048269052'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/2009/06/legalisation.html' title='Légalisation?'/><author><name>galicismos</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2045635635459388620.post-2468257552985505623</id><published>2009-06-04T14:46:00.000-07:00</published><updated>2009-06-04T14:47:58.121-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Jean.Louis Benavent'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='en français'/><title type='text'>André Malraux, ici et maintenant</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;Hemingway jouait à en être un. C'est pourquoi l'anecdote concernant la rencontre d'Hemingway avec Dashiell Hammett est significative : Hemingway rencontre dans un bar D. Hammett, l'auteur génial de la Moisson Rouge, du Faucon Maltais, que la vie hollywoodienne réduira au néant. Hemingway prend une cuiller, la pose entre son avant bras et son biceps, et la tord par simple tension des muscles. Ce à quoi Hammett, pas franchement impressionné, rétorque : « c'est bien petit, maintenant vas jouer avec les autres gosses dans le bac à sable ». Malraux, lui est plus discret. Lorsque ses parents lui demandent, étant petit, ce qu'il veut faire, il leur répond : «  Vous verrez. »&lt;br /&gt;Effectivement, il s'agit bien d'observer l'homme dans l'action, de le voir, d'être spectateur de ses prouesses, de voir le mécanisme qui le pousse à agir. Il serait trop facile de dire que Malraux est devenu un écrivain célèbre pour « satisfaire » son grand-père, maître tonnelier et armateur, qui trépignait de voir qu'aucun de ses fils n'avait choisi cette voie.&lt;br /&gt;C'est l'incarnation dans le temps présent, qu'en temps qu'agnostiques, Malraux et Hemingway ont voulu expérimenter. Agir, penser, durant le temps qui nous est imparti, dans le but d'être admiré. Parallèlement au côté fanfaron d'Hemingway, voici la mythomanie de Malraux : « Oui, je mens, mais mes mensonges deviennent des vérités » déclarera-t-il à Clara Malraux.&lt;br /&gt;Les engagements de Malraux font découvrir une âme plus profonde que cette image, plus complexe. Dans l'action, il n'y a pas de réflexion, et qui dit réflexion, dit retour sur soi. Emmanuel Mounier, le philosophe du Personnalisme, a bien vu cela, dans son essai consacré à Malraux, Bernanos, Sartre et Camus, intitulé : l'Espoir des désespérés. Pas de retour sur soi, car primer sur le « je », c'est supprimer le « Moi ».&lt;br /&gt;De l'Anarchisme de ses débuts, auprès de Clara, et du libraire Kra, au Communisme (Trotsky le reconnaissait pour un camarade) puis au Gaullisme, Malraux n'a vu dans ces dogmes qu'un média, un « moyen de transport ». Ce qui l'intéressait vraiment c'est ce qui se passerait après cela. Il n'est pour autant pas dupe, et dans ses écrits, toujours une lucidité extrême. Ernest Noth, auteur notamment de l'Homme contre le partisan, décrivit Malraux en ces termes : « une énergie glaciale et concentrée ». Et Marès Sperber voyait en lui un Saint-Just.&lt;br /&gt;Malraux a voulu une vie « en marge », comme il le dit lui-même. Il s'improvise « libraire-expert » en fournissant à des librairies de livres anciens des ouvrages précieux et des éditions originales. Il travaille pour le libraire-éditeur Simon Kra (fondateur des Éditions du Sagittaire), fréquente assidûment le Musée Guimet, y dévore tout ce qui concerne l'Orient. Tout cela avant vingt ans ! Il joue en Bourse, et après avoir ruiné sa femme, (et lui-même par conséquent), entreprend d'aller en Indochine pour tronçonner des statues. « Vous ne croyez tout de même pas que je vais travailler » dit-il à Clara, en apprenant leur faillite. Toutes ses entreprises, périlleuses, inconscientes, se métamorphosent en coups d'éclat. Qu'il s'agisse d'échec ou de réussite. Et d'ailleurs ce n'est pas là l'important. « L'homme occidental reste informe parce qu'il attend », explique-t-il dans Lazare. Malraux n'attend pas. Mais sa silhouette fameuse n'est finalement qu'une ombre furtive. Donc on ne connaît pas l'homme. Céline disait ceci : «Tout ce qui est intéressant se passe dans l’ombre, décidément. On ne sait rien de la véritable histoire des hommes». Bien que contraire à l'idée de Malraux, selon laquelle l'homme est ce qu'il fait, cette sentence, pleine de déceptions, sonne assez juste. On ne connaît que la volonté de Malraux, cette incarnation, ce déroulement d'images. Le regard fuyant dans les photographies c'est cet homme que l'on ne perçoit pas. Même lorsqu'il s'agit de se livrer, il nomme cet exercice Antimémoires. Prenant pour modèle (ou anti-modèle) Chateaubriand et ses Mémoires d'outre-tombe, où l'auteur du Génie du Christianisme entre-mêle les ans, les faits, les lieux, Malraux ajoute à cela une confusion en exécutant un « patchwork » de ses œuvres antérieures : dans Antimémoires, justement, on retrouve des passages -ou le texte entier- des Noyers d'Altenburg,  de La Condition humaine, et de La Tentation de l'Occident. L'effacement progressif de la cohérence de l'action dans l'œuvre de Malraux cède la place à une métaphysique de l'art, le mouvement devient intérieur. L'auteur se réfugie dans ses souvenirs, dans l'imaginaire, la religiosité : « L'ère des aventures individuelles est close. Un homme seul aujourd'hui n'a plus de chance de marquer l'histoire » (Roger Stéphane). La part divine de Malraux, où se trouve-t-elle alors ? Où son âme vagabonde-t-elle dès lors que la réflexion vient le trouver ? Où cherche-t-elle la sérénité ? C'est dans l'art que toute la religiosité de Malraux va se répandre. Il y a chez lui une mystique de l'art. Sinon, d'où viendrait cette étrange fascination pour la Piéta de Piero della Francesca, qu'on retrouve dans nombre de ses textes? C'est chez lui plus que tout autre, l'affirmation de ce que l'homme a de divin en lui. L'art est une action. C'est la représentation de la divinité de l'homme, cet artefact, ce témoignage de la possibilité de l'existence verticale d'un Dieu. Ici, Malraux crierait au « mot piège » : Dieu représente à la fois l'autorité, la justice, la loi, mais aussi l'amour, l'amour-compassion. Des concepts bien opposés. Malraux ne recherche pas Dieu  mais un sens à la vie, du moins le croit-il. Son nihilisme opiacé a fait le rapprochement entre ce « rien » qui est le sens de la vie, et Dieu, soleil noir absent. Son engagement politique est, de son propre aveu, une Communion. La fraternité, qu'il définit comme étant le Bien, en opposition au Mal absolu ( voir Lazare), est aussi Crucifixion, Sacrifice. Malraux serait-il un héros chrétien ? Bonne relecture...&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2045635635459388620-2468257552985505623?l=galicismos-suite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/feeds/2468257552985505623/comments/default' title='Enviar comentarios'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/2009/06/andre-malraux-ici-et-maintenant.html#comment-form' title='0 comentarios'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2045635635459388620/posts/default/2468257552985505623'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2045635635459388620/posts/default/2468257552985505623'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/2009/06/andre-malraux-ici-et-maintenant.html' title='André Malraux, ici et maintenant'/><author><name>galicismos</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2045635635459388620.post-6964461074106202192</id><published>2009-06-01T10:19:00.000-07:00</published><updated>2009-06-01T10:21:02.663-07:00</updated><title type='text'>Juin / Junio</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;« L’homme qui plantait des arbres » est un  texte qui devait être publié pour le troisième numéro d’une revue mexicaine qui a malheureusement dû disparaître. « Galicismos » a beaucoup appris de cette dernière expérience éditoriale. A cause de cela, la publication de « L’homme qui plantait des arbres » garde un aspect symbolique.&lt;br /&gt;Katja Wolff, collaboratrice du même projet au Mexique, rejoint  cette fois-ci « Galicismos ». Nous aurons alors une perspective en provenance de l’autre côté du Rhin : l’Allemagne.&lt;br /&gt;Arlette Lezama, d’après son expérience personnelle, explique un sujet assez complexe : des identités précolombiennes à l’intérieur du Mexique contemporaine.&lt;br /&gt;Cela fait déjà plusieurs mois que j’ai parlé avec des amis de la possibilité d’enregistrer des extraits de pièces de théâtre. Aujourd’hui, cette idée s’est concrétisée. Je remercie chaleureusement cette équipe de radio-théâtre expérimental pour avoir pris de son temps et de passion, afin  de créer un autre monde avec leurs voix.&lt;br /&gt;Finalement, je vous présent quelques réflexions de mon journal aussi comme la continuation d’une histoire que j’ai commencé à écrire depuis mon arrivé à Aurillac : « Carlos ».&lt;br /&gt;Enfin, au nom de tous les collaborateurs, je tiens à remercier la personne la plus importante, vous, cher(e) lecteur (trice).&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Très amicalement,&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;l.s.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2045635635459388620-6964461074106202192?l=galicismos-suite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/feeds/6964461074106202192/comments/default' title='Enviar comentarios'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/2009/06/juin-junio.html#comment-form' title='0 comentarios'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2045635635459388620/posts/default/6964461074106202192'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2045635635459388620/posts/default/6964461074106202192'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/2009/06/juin-junio.html' title='Juin / Junio'/><author><name>galicismos</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2045635635459388620.post-6016872611461669327</id><published>2009-06-01T02:52:00.000-07:00</published><updated>2009-06-01T02:54:25.011-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Derechos Humanos'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Yalí Noriega'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='en español'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='México'/><title type='text'>¿Legalización?</title><content type='html'>&lt;p align="justify"&gt;Como explicaban expertos en cierto programa de televisión, el Congreso le dice a los ministerios públicos: “si te encuentras a alguien con 5 o menos gramos de marihuana, no apliques el castigo que establece la ley.” Eso no es legalizar, ni siquiera despenalizar; es un muy débil y escueto reconocimiento de que los consumidores no son delincuentes. Porque en realidad el Código Penal no está siendo reformado, sólo se está optando por no aplicar en las penas en determinados casos. Entonces, ¿por qué tanto miedo?&lt;br /&gt;En cambio, sobre los beneficios de la legalización se habla muy poco. Gravando el comercio de estupefacientes, como se hace con el alcohol y tabaco, el Estado podría obtener nuevos ingresos (el destino que se le dé a estos recursos es otro tema muy diferente). El monopolio de la violencia volvería a manos estatales… o eso nos gustaría creer. Claro que para que realmente disminuyera el número de adictos a estas sustancias habría que dedicarle más recursos a las campañas de prevención, a la distribución de información clara y verídica sobre las consecuencias del uso, y finalmente, crear más y mejores clínicas de tratamiento. Y esto es algo que no se ve ni en la supuesta reforma, ni en las iniciativas, y mucho menos en las propuestas electorales que se nos vienen encima.&lt;/p&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2045635635459388620-6016872611461669327?l=galicismos-suite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/feeds/6016872611461669327/comments/default' title='Enviar comentarios'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/2009/06/legalizacion.html#comment-form' title='0 comentarios'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2045635635459388620/posts/default/6016872611461669327'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2045635635459388620/posts/default/6016872611461669327'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/2009/06/legalizacion.html' title='¿Legalización?'/><author><name>galicismos</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2045635635459388620.post-6035537583263976324</id><published>2009-06-01T02:50:00.000-07:00</published><updated>2009-06-01T02:51:20.780-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Derechos Humanos'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Yalí Noriega'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='en español'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='México'/><title type='text'>La política y el miedo</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;Y los partidos políticos no sólo se aprovechan de nuestros bien fundados temores, sino que los explotan. “Vota por X para combatir la delincuencia”, “Si no votas por Y, la inseguridad crecerá”, “Coraje es que el secuestrador esté libre” y tantísimos otros ejemplos con que nos vemos inundados con demasiada frecuencia por radio, televisión e incluso anuncios espectaculares. Esto resulta en un crecimiento desmesurado del miedo, rayando en el pánico… que es precisamente lo que quieren, para así convencernos que “ellos” de verdad están dispuestos hacernos sentir mejor. Que de verdad toman en cuenta nuestra situación y quieren mejorarla. Que ellos sí conocen la solución y la van a implementar.&lt;br /&gt;Lo que no acaban de darse cuenta nuestros H. partidos políticos es que la población ya no cree lo que se les dice. Basta con hablar un poco con el taxista o con la marchanta para saber que a nadie convencen con sus slogans y falsas promesas. Así que, por cinismo, apatía o triste desilusión, el porcentaje de la población que se presentará a votar en los comicios del mes próximo será el más bajo de las últimas décadas. Habrá que esperar a ver si las tácticas atemorizantes partidistas darán resultado.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2045635635459388620-6035537583263976324?l=galicismos-suite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/feeds/6035537583263976324/comments/default' title='Enviar comentarios'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/2009/06/la-politica-y-el-miedo.html#comment-form' title='0 comentarios'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2045635635459388620/posts/default/6035537583263976324'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2045635635459388620/posts/default/6035537583263976324'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/2009/06/la-politica-y-el-miedo.html' title='La política y el miedo'/><author><name>galicismos</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2045635635459388620.post-1013998233602974678</id><published>2009-05-31T15:38:00.000-07:00</published><updated>2009-05-31T15:39:43.188-07:00</updated><title type='text'>Extraits du journal : mai</title><content type='html'>&lt;p align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;… &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;sans l’ordinateur, sans la radio, sans la musique, seulement le bruit que je ne peux pas contrôler : les voitures qui passent, les oiseux qui volent, les bruit des arbres caressés par le vent, quelques goutes d’eau qui coulent du robinet mal fermé. Pendant ce temps, je travaille……hier, on a fêté en France l’anniversaire de l’armistice……Il faudrait que je me procure de l’encre. Un peu cher……notre simple condition d’homme. On n’est jamais préparé à cela et on ne le sera jamais……je prends la vie avec du calme……c’est le jour de l’Ascension. Personnes travaille, en théorie……dans mon cahier il y a deux choses qui sont constantes : la couleur noir de l’encre et les réflexions sur la publication……notre vie moderne passe à travers la consommation. Nous sommes des chiffres. Hier justement, j’ai reçu la glorieuse visite d’une enquêteuse qui voulait savoir mes habitudes de consommateur. Je lui ai dit que je ne consommais pas trop, que je ne regardais pas la télé, que je ne fumais pas et que je n’avais pas de portable non plus. Je me suis excusé de ne pas être un consommateur model. L’enquêteuse a appelé aujourd’hui pour me remercier les informations offertes….…on consomme terriblement d’énergie électrique : pour allumer nos maisons, la télé, l’ordinateur, la radio et beaucoup d’autres appareils similaires. Peut-être, il aura un temps où on ne pourra pas se servir de toute cette technologie. Cela sera bénéfique pour l’environnement……les messages vraiment importants ne se disent pas vraiment à la télé ou au cinéma. Ils sont dits à l’oreille. Allons-y. On va prendre un café, ou thé, ou chocolat, ou fumer une cigarette pour parler un peu……je ne laisse pas de penser à la quantité de déchets que je génère tous les jours. Les épluchures ne me préoccupent pas trop car on a un composte et finalement, tous ces déchets deviendront de la terre très rapidement, comme moi-même un jour. Cependant, je me préoccupe de la quantité de plastique que je laisse derrière moi……j’ai étendu l’ordinateur pour ne pas dépenser autant d’électricité. Peut-être, je ne suis pas le seul qui pense comme cela……depuis que je suis en France, je vois que les gens n’arrêtent pas de protester. La lutte est toujours présent, les manifestations, les grèves, les débats, les conflits…… je pense que les Français essaient de pousser les limites toujours un peu plus loin……on écrit ce qu’on veut qui se passe, ce pour cela que je fais, au moins j’essaie de faire, attention à ce que j’écris. Tout peut arriver… &lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;»&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2045635635459388620-1013998233602974678?l=galicismos-suite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/feeds/1013998233602974678/comments/default' title='Enviar comentarios'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/2009/05/extraits-du-journal-mai.html#comment-form' title='0 comentarios'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2045635635459388620/posts/default/1013998233602974678'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2045635635459388620/posts/default/1013998233602974678'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/2009/05/extraits-du-journal-mai.html' title='Extraits du journal : mai'/><author><name>galicismos</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2045635635459388620.post-8916757075570617617</id><published>2009-05-31T14:29:00.000-07:00</published><updated>2009-05-31T14:32:59.030-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Katja Wolff'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='English'/><title type='text'>Elections in the Time of Crisis</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;Only one “trick” could stop this trend in Germany. Simultaneous with the European election, several states within Germany hold their own elections. The only problem: In the past, these kinds of elections did not tend to move the crowds on a Sunday from their homes, their cosy chairs and sofas, their gardens or the cities' open air pools if the day is sunny.&lt;br /&gt;This, of course, poses a problem to the EU officials and representatives. The fewer voters they have, the less legitimized their work is. But it also shows them how removed from everyday life they seem to be for the common man.&lt;br /&gt;This problem is evident everywhere. Personally, I have the experience that many people do not know much about the EU and hence their picture of it is distorted. For sure, where should – especially the older generation – really learn about the EU? I asked around, no who could tell me when the Europe Day (a word I cannot even find in an English dictionary!) is celebrated. No one. (The correct answer is May 9.) Who could explain to me the difference between the Council of Europe and the European Council? Difficult. (The European Council is part of the EU, whereas the Council of Europe is not. The latter institution was founded in 1949 and counts 47 member states, among them Russia. Its seat is in Strasbourg, France.)&lt;br /&gt;According to the latest studies of the Eurobarometer from fall 2008 (&lt;a href="http://ec.europa.eu/public_opinion/archives/eb/eb70/eb70_first_en.pdf" target="_blank"&gt;http://ec.europa.eu/public_opinion/archives/eb/eb70/eb70_first_en.pdf&lt;/a&gt;), the younger people are the more they tend to believe the EU is a good thing. Among students, who frequently enjoy the new liberties and opportunities of studying abroad through the famous Erasmus program, this rate is with 70 per cent by far the highest. The unemployed and retired approve of this the least. People from more educated professions and background also support the EU more than others. A possible conclusion from this is that the more education people receive about the EU – through school, news, or other sorts of everyday exposure – the more positive their view on it. This, of course, has important impacts not only on the curricula of schools and universities. But also professional journalists and media and will have to reconsider how to represent EU topics in the future in order to help Europe's citizens to understand EU related topics better.&lt;br /&gt;Especially in times of crisis, the EU has to prove its strength and validity. A strong voting turnout this week could be a signal to the in- and outside of the EU that its citizens really believe in it and support it. In the time of crisis, this could be a stabilizing factor. It is in our hands.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2045635635459388620-8916757075570617617?l=galicismos-suite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/feeds/8916757075570617617/comments/default' title='Enviar comentarios'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/2009/05/elections-in-time-of-crisis.html#comment-form' title='0 comentarios'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2045635635459388620/posts/default/8916757075570617617'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2045635635459388620/posts/default/8916757075570617617'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/2009/05/elections-in-time-of-crisis.html' title='Elections in the Time of Crisis'/><author><name>galicismos</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2045635635459388620.post-8006122508284469838</id><published>2009-05-31T05:17:00.000-07:00</published><updated>2009-05-31T05:35:39.520-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='teatro'/><title type='text'>Théâtre : à la fin il reste toujours l’espoir</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;Au théâtre, tout bouge lentement  à cause du poids du corps humain. Cette lenteur de mouvement permet à la raison s’entendre avec les sentiments. Au même temps, on pense et sens une pièce de théâtre.&lt;br /&gt;Malgré toutes les avances technologiques, il y a des caractéristiques chez l’homme qui n’ont pas changé depuis très longtemps. Par exemple son attachement au corps. Dans le théâtre on a besoin d’un corps pour exister. C’est la possibilité d’un corps qui nous permet de travailler avec tous ses autres parties : la voix et le mouvement sur scène.&lt;br /&gt;J’ai voulu travailler avec une partie de corps – la voix – et une partie du théâtre – des extraits de pièces. Pour cette première expérience on a travaillé avec la dernière scène de l’adaptation théâtrale de « La condition humaine » d’André Malraux. &lt;br /&gt;Est-ce que notre condition d’hommes et de femmes a changé depuis l’expulsion du paradis ou la découverte  du feu grâce à Prométhée ? En tous cas, il y a toujours l’espoir…&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2045635635459388620-8006122508284469838?l=galicismos-suite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/feeds/8006122508284469838/comments/default' title='Enviar comentarios'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/2009/05/theatre-la-fin-il-reste-toujours.html#comment-form' title='0 comentarios'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2045635635459388620/posts/default/8006122508284469838'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2045635635459388620/posts/default/8006122508284469838'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/2009/05/theatre-la-fin-il-reste-toujours.html' title='Théâtre : à la fin il reste toujours l’espoir'/><author><name>galicismos</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2045635635459388620.post-8457626434379797275</id><published>2009-05-30T11:58:00.000-07:00</published><updated>2009-06-04T15:10:42.670-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='en français'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Arlette Lezama'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='México'/><title type='text'>Être Zapoteca – Binni Zapoteca</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;Arlette Lezama &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;em&gt;“Yo vengo como todos los hombres, de muy lejos, de muy abajo; pertenezco a la despeinada, descalza y hambrienta multitud mexicana, y he peleado, desde que me acuerdo, por ser mañana distinto al de hoy y pasado al de antier; ser distinto cada día ha sido mi lucha, pero siempre con un horizonte y sin dejar de ser aquel que descalzo anduvo en su niñez" &lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Andrés Henestrosa. &lt;/span&gt;Nuestra Palabra. El Nacional, 10 de enero de 1990.&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Je m'appelle Arlette, et je sais que mon nom n’est pas originaire de ma terre, je suis un mélange de rencontres culturelles. Mon père est tabasqueño&lt;a title="" style="mso-footnote-id: ftn1" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=6849709006426045149#_ftn1" name="_ftnref1"&gt;[1]&lt;/a&gt;, et ma mére est née en Veracruz&lt;a title="" style="mso-footnote-id: ftn2" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=6849709006426045149#_ftn2" name="_ftnref2"&gt;[2]&lt;/a&gt; mais avec de racines de Juchitán, Oaxaca&lt;a title="" style="mso-footnote-id: ftn3" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=6849709006426045149#_ftn3" name="_ftnref3"&gt;[3]&lt;/a&gt;. Tous les deux m'ont élevé avec une seule identité culturelle, puisque avant d'être tabasqueña ou veracruzana, je suis Juchiteca. Depuis très jeune, quand j’avais à peine 8 mois, mes parents m'ont habillé avec le vêtement régional de Tehuana. Je mentirais si je vous disiez que je me souviens. Cependant ma mère conserve encore une photo de cette instant-là et chaque fois qu'elle la regarde elle dit toujours : " que tu étais chouette ma ba'du'dxapa huiini stine”&lt;a title="" style="mso-footnote-id: ftn4" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=6849709006426045149#_ftn4" name="_ftnref4"&gt;[4]&lt;/a&gt;. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;L’amour que ma famille a vers la culture zapoteca a été inspiré par mes grands-parents maternels. Tous les deux oaxaqueños indigènes, qui bien que l'on soit loin de sa terre et avec la meilleure espérance d'une vie á Veracruz, ils ont réussi à préserver les coutumes millénaires de cet ethnie dans l’éducation de leurs quatre fils. Ma grand-mère s'appelait Gabina García Blas et elle était la représentation vivante d’une typique femme zapoteca : elle avait un très fort caractère, une maîtresse de tout ce qu'elle déterminait qui lui appartenait. Elle était une femme travailleuse, infatigable et tenace, elle a été la matrone de la famille et transmetteur de sa culture zapoteca. Mon grand-père Sebastián Guzmán Cabrera était un professeur rural de profession, un leader né et avec une éloquence bilingue, dans l'espagnol et le zapoteco. Il serait un soutien pour nous aider à la conservation de nos coutumes à l'intérieur du noyau familier.&lt;br /&gt;Ils sont la racine par laquelle je peux dire que je suis zapoteca, mes grands-parents ont été ceux qui m'ont parlé de mes coutumes indigènes et ils me les ont inculquées, ils me racontaient sur ses mythes et les légendes, lesquelles prennent encore vie chaque fois que je marche pour les rues de Juchitán, ils m'ont appris à cuisiner sa nourriture typique, que chaque fois que je les prépare j´oublie toujours un ingrédient, et ils m'ont fait participant de leurs fêtes, pour qu'il eût toujours une Shunashu huiini&lt;a title="" style="mso-footnote-id: ftn1" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=2045635635459388620#_ftn1" name="_ftnref1"&gt;[5]&lt;/a&gt; à qui prier et qui prendrait soin de moi toujours. Je suis fier dont je suis et celui qui je suis, ils m'ont toujours dit que je n'avais pas honte de mon hérédité indigène et qui quand je portais un vêtement de Tehuana, le portera avec fierté, malgré le fait que je m'appelais Arlette et que ce n'est pas un nom originaire de ma terre.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;a title="" style="mso-footnote-id: ftn1" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=6849709006426045149#_ftnref1" name="_ftn1"&gt;[1]&lt;/a&gt; région au sud du pays. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;a title="" style="mso-footnote-id: ftn2" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=6849709006426045149#_ftnref2" name="_ftn2"&gt;[2]&lt;/a&gt; région au sud du pays. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;a title="" style="mso-footnote-id: ftn3" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=6849709006426045149#_ftnref3" name="_ftn3"&gt;[3]&lt;/a&gt; ville connue pour sa population zapoteca. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;a title="" style="mso-footnote-id: ftn4" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=6849709006426045149#_ftnref4" name="_ftn4"&gt;[4]&lt;/a&gt; langue Zapoteca et il veut dire "ma petite fille", (il est lu comme cela écrit).  &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;a title="" style="mso-footnote-id: ftn1" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=2045635635459388620#_ftnref1" name="_ftn1"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;[5]&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt; "Virgencita, petite vierge” dans zapoteco, il est d'un respect suprême et d´amour le fait d'appeler la vierge dans diminutif.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2045635635459388620-8457626434379797275?l=galicismos-suite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/feeds/8457626434379797275/comments/default' title='Enviar comentarios'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/2009/05/etre-zapoteca-binni-zapoteca.html#comment-form' title='0 comentarios'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2045635635459388620/posts/default/8457626434379797275'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2045635635459388620/posts/default/8457626434379797275'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/2009/05/etre-zapoteca-binni-zapoteca.html' title='Être Zapoteca – Binni Zapoteca'/><author><name>galicismos</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2045635635459388620.post-5782770160737777320</id><published>2009-05-30T11:23:00.000-07:00</published><updated>2009-05-30T11:24:37.749-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Michel Boyer'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='libros'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='en français'/><title type='text'>Critique / Reseña</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;Menés par le garagiste et manœuvrés para le pasteur de la ville vaudoise de Payerne, plusieurs villageois « bas du front » décident de tuer « un Juif par l’exemple ». Ce sera le marchand de bestiaux juif Arthur Bloch.&lt;br /&gt;Dans ce roman bref, lapidaire et implacable, Jacques Chessex décrit des abominations sans trembler.&lt;br /&gt;La référence au philosophe Jankélévitch termine le roman en l’ouvrant sur la notion d’imprescriptibilité et je me permets de citer cet extrait de la page 87 : « L’imprescriptible. Ce qui ne se pardonne pas. Ce qui ne sera jamais payé. Ni oublié. Ni prescrit. Aucun rachat d’aucune espèce. Le mal absolu, à jamais sans transaction. »&lt;br /&gt;Pour les lecteurs intéréssés par cette thématique, je signale le dernier roman d’Elie Wiesel « Le Cas Sonderberg » (Grasset -2008), l’œuvre de Primo Levi et des écrivains qui ont connu l’expérience des camps et de la déportation : Jean Cayrol et son poignant « Je vivrai l’amour des autres » (Seuil -1947), Georges Hyvernaud, Raymond Guérin…&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2045635635459388620-5782770160737777320?l=galicismos-suite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/feeds/5782770160737777320/comments/default' title='Enviar comentarios'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/2009/05/critique-resena_30.html#comment-form' title='0 comentarios'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2045635635459388620/posts/default/5782770160737777320'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2045635635459388620/posts/default/5782770160737777320'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/2009/05/critique-resena_30.html' title='Critique / Reseña'/><author><name>galicismos</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2045635635459388620.post-5801052669639764667</id><published>2009-05-30T10:49:00.001-07:00</published><updated>2009-05-30T11:35:41.957-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Arlette Lezama'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='en español'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='México'/><title type='text'>Ser  Zapoteca – Binni Zapoteca</title><content type='html'>&lt;p align="justify"&gt;Este amor que mi familia tiene hacia la cultura zapoteca tiene origen en mis abuelos maternos, ambos indígenas oaxaqueños, quienes a pesar de estar lejos de su tierra y con la esperanza de una vida mejor en Veracruz, lograron que sus 4 hijos preservaran las costumbres milenarias de esa etnia. Mi abuela que se llamaba Gabina García Blas y quien era la viva representación por la cual las mujeres zapotecas son conocidas&lt;a title="" style="mso-footnote-id: ftn1" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=2045635635459388620#_ftn1" name="_ftnref1"&gt;[1]&lt;/a&gt;, era de un carácter fuerte, dueña y ama de todo lo que ella determinaba que le pertenecía, mujer trabajadora, como toda buena “teca”, incansable y tenaz, fue la matriarca de la familia y transmisora de su cultura zapoteca. Mi abuelo Sebastián Guzmán Cabrera maestro rural de profesión, líder nato y con una elocuencia bilingüe, en el español y el zapoteco, sería él, el “respaldo”&lt;a title="" style="mso-footnote-id: ftn2" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=2045635635459388620#_ftn2" name="_ftnref2"&gt;[2]&lt;/a&gt; para que se perpetuaran nuestras costumbres dentro del núcleo familiar.&lt;br /&gt;Ellos son la raíz por la cual puedo decir que soy zapoteca, mis abuelos fueron los que me hablaron de mis costumbres indígenas y me las inculcaron, me relataban sobre sus mitos y leyendas, las cuales aun toman vida cada vez que camino por las calles de Juchitán, me enseñaron a cocinar sus comidas típicas, que cada vez que las preparo se me olvida un ingrediente, y me hicieron participe de sus festividades, para que siempre tuviera una Shunashu huiini&lt;a title="" style="mso-footnote-id: ftn3" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=2045635635459388620#_ftn3" name="_ftnref3"&gt;[3]&lt;/a&gt; a quien adorar y la cual cuidaría de mi siempre. Estoy orgullosa de lo que soy y quien soy, ellos siempre me dijeron que no me avergonzara de mi herencia indígena y que cuando portara un traje de Tehuana, lo llevara con orgullo, a pesar de que me llamase Arlette y que no es un nombre originario de mi tierra.&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;a title="" style="mso-footnote-id: ftn1" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=2045635635459388620#_ftnref1" name="_ftn1"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;[1]&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt; Las mujeres del Istmo de Tehuantepec (zapotecas) son conocidas por ser una etnia en donde se conserva un sistema social y cultural matrilineal, pues son ellas quienes transmiten la cultura y determinan el rol de importancia de los miembros dentro de su núcleo familiar.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;a title="" style="mso-footnote-id: ftn2" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=2045635635459388620#_ftnref2" name="_ftn2"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;[2]&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt; En la cultura zapoteca el esposo o compañero, toma decisiones siempre con consentimiento de su mujer.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;a title="" style="mso-footnote-id: ftn3" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=2045635635459388620#_ftnref3" name="_ftn3"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;[3]&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt; “Virgencita” en zapoteco, y es de sumo respeto y amor el llamar a la virgen en diminutivo. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2045635635459388620-5801052669639764667?l=galicismos-suite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/feeds/5801052669639764667/comments/default' title='Enviar comentarios'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/2009/05/ser-zapoteca-binni-zapoteca.html#comment-form' title='0 comentarios'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2045635635459388620/posts/default/5801052669639764667'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2045635635459388620/posts/default/5801052669639764667'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/2009/05/ser-zapoteca-binni-zapoteca.html' title='Ser  Zapoteca – Binni Zapoteca'/><author><name>galicismos</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2045635635459388620.post-2888004909517590650</id><published>2009-05-30T10:37:00.000-07:00</published><updated>2009-05-30T11:23:07.037-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='en français'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Céline Hervé-Bazin'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='teatro'/><title type='text'>"Le gigolo par amour" de Céline Hervé-Bazin (acte III)</title><content type='html'>Acte III&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Scène 1&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques s’est endormi sur le sofa. Il a un sommeil agité. Il parle en dormant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Non… Non. Laissez-moi… Ma Sœur. Non. Laissez-moi… Je vous en supplie… Je n’ai rien fait… Rien…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite entre en silence et l’observe avec un sourire sadique. Elle sort son pic et le pointe sur le torse de Jacques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Non. Je vous en prie…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite s’approche et appuie le pic sur Jacques qui se réveille brutalement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Qu’est-ce que c’est ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Salut chéri !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Oh ! Vous !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Laissez-moi. Je n’ai rien fait ! Je n’ai rien fait !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite enlève son pic&lt;br /&gt;Je sais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle s’éloigne en ricanant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques qui se relève&lt;br /&gt;Vous aimez me torturer, ma parole ! C’est une jouissance ou une vocation ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Ni l’un, ni l’autre. Une juste punition.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle s’assoit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Qu’ai-je donc fait, Sœur Marguerite ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Vous êtes un homme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Excusez-moi, il n’y a pas de fautes là-dedans. À peu près 49% de la population mondiale est du sexe masculin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Correction, vous êtes un mâle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Un mal ? Mauvais démon ou mâle, bête animal ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Vous êtes un prédateur, le nihilisme de l’homme même, le contraire de la raison, le contraire de la vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Merci.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;C’est gratuit. (Un temps) Mais je dois avouer que vous m’étonnez.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Pardon ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Oui. Convier toutes vos bonnes femmes dans ce même appartement, c’est renversant comme idée. Prêt pour un nouveau départ ? Vous vous rachetez une virginité, peut-être ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques se lève&lt;br /&gt;Pardon ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Ben quoi ? Ce n’est pas de vous l’idée d’un rendez-vous à 15 h ici, pour une grande réunion de famille ? Sens large, j’entends bien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques blêmit&lt;br /&gt;Pierre ? Astrid ? Pierre ? Non. Astrid ! Je vais l’étriper ! Quelle heure est-il ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite regarde sa montre&lt;br /&gt;14h58. Deux minutes pour sauver votre peau, prêt pour la mission impossible ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Je me tire oui !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il prend sa veste et sort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Scène 2&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre entre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Trop tard. (Elle embrasse Pierre) Mon grand garçon. Merci d’être en avance ou l’étalon serait partie avant la fête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Voyons ma Sœur, je suis dans le complot avec vous pour le coming out de Jacques…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Son coming back, plutôt. Il revient à la vie. Oui. ENFIN !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Il était temps, pas vrai Jacques ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Vrai. Même que je me tire. Je pars. Je me casse. Je VOUS QUITTE ! Bye bye la compagnie !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Héroïque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Tu me connais, la cape sous mon costume moulant, c’est tout moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;J’espérai une surprise de ta part.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Je suis un homme libre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Il radote ou c’est son credo ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Il radote.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Mes chers, merci de votre aimable compagnie, mais il est temps pour moi, de partir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Et vous comptez fuir tout votre vie, vous et votre courage ou tu songe à vivre un jour, Jacques-Henri ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Oh ! Je n'aurai pas aimé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;La ferme Pierre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Parlez correctement à votre plus fidèle ami, Jacques. Vous lui devez bien étant donné tout ce que vous lui infligez.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Je ne lui inflige plus rien du tout. Je le laisse vivre sa vie de cadre rangé et marié qui s’ennuie dans la vie, pas vrai Pierre ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Tais-toi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Ouh… J’appuie où ça fait mal, pas vrai vieux père ? Déjà casé, déjà l’ennui ? Déjà la routine, déjà la frustration du quotidien ? Entends-tu les sirènes de la normalité ami ? Elles sont à ta porte, elles crient que tu vas pourrir ta vie avec ton petit-déjeuner à 7 heures piles, ton déjeuner sans conversation avec les collègues…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Taisez-vous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Laissez-le parler. Laissez le se complaire dans ce qu’il croit la vérité. Il ne sait pas ce que c’est que de se lever auprès de celle à qui on a donné sa vie. Il ne sait pas ce que c’est que de la sentir suivre tous ces gestes automatiques avec son sourire rieur parce que c’est ce qu’elle vous reproche le plus mais qu’elle préfère en secret. Il ne sait pas qu’elle éclaire tous vos repas même quand elle n’est pas là. Il ne sait pas ce que c’est que de redécouvrir ces gestes automatiques que vous avez exécuté sans réfléchir pendant des années jusqu’à ce que vous découvriez qu’elle les égaye par sa simple présence. Il ne sait rien de tout ça. Alors oui, pour lui, le quotidien est ennuyeux, la routine est morbide… Oui, laissez lui croire que ma vie est terne car si je lui explique, il ne pourra qu’en être jaloux tant je suis heureux de ces petits riens qui font que je vis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Bien envoyé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Toi aussi tu radotes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Oui et j’en suis très heureux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Comment faites-vous ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques soupire&lt;br /&gt;Quoi encore ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Tous les deux, pour rester amis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Nous nous aimons.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Nous ne nous comprenons pas toujours.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Nous nous complétons.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Nous sommes différents.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Nous nous écartons l’un de l‘autre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Nous nous écoutons.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Je ne sais pas. C’est indicible. Nous sommes là l’un pour l’autre, qu’importe le reste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Nous nous jugeons trop souvent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Tu me fais tant de reproches.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Tu cherches toujours à me changer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;J’essaie de comprendre ton bonheur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Et je ne comprends pas toujours le tien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite s’assoit&lt;br /&gt;Vous êtes ennuyeux dans vos déclarations d’amour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques sourit&lt;br /&gt;Nous nous aimons comme un vieux couple alors.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Au contraire, comme un jeune couple.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Alors nous dirons que vous vous aimez tout simplement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Scène 3&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine entre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Jacques-Henri ! Jacques-Henri !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre à Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Ah, je crois qu’on va commencer à rire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite à Pierre&lt;br /&gt;Je vais chercher les pop-corn.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Où est…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite s’assoit sur un des tabourets du bar&lt;br /&gt;Marie-Christine, une toute petite minute s’il vous plaît !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre sort un saladier d’un placard et s’assoit à son tour&lt;br /&gt;On est prêts. Scène suivante. Marie-Christine c’est à vous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine à Sœur Marguerite et Pierre&lt;br /&gt;Ah. C’est quoi ma ligne ? Ah oui… Où est Jacques-Henri ? (Ils pointent ensemble le canapé) Jacques-Henri !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques-Henri se relève&lt;br /&gt;C’est évident, vous êtes d’un courage exemplaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite et Pierre&lt;br /&gt;On tient de toi, chéri.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils croquent dans leur pop-corn avec bruit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine s’avance&lt;br /&gt;Jacques-Henri, cela suffit, vous allez épouser une jeune fille. Maintenant !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Maintenant ? Comment ça maintenant ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;C’est très simple Jacques-Henri, des jeunes filles vont défiler et vous devez choisir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Mais c’est le COMPLOT de tout le gynécée !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Voyons mon grand, il est temps de vous confronter à vos responsabilités !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Mes responsabilités ! Quelles responsabilités ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine le gifle&lt;br /&gt;Ne fais pas l’innocent !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques s’écroule sur le canapé&lt;br /&gt;Vous m’avez cassé le nez !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Et dire qu’il s’agit de mon fils ! Je rêve ! Vous allez choisir une jeune fille, c’est compris !&lt;br /&gt;Jacques qui sanglote&lt;br /&gt;Je veux Eva !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Quoi Eva ? C’est qui Eva ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre et Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Eva ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Eva, c’est la dernière en date.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle regarde Pierre malicieusement&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre et Sœur Marguerite imitant les formes d’une femme&lt;br /&gt;Eva, elle est belle et intelligente.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Eva. Ça me fait penser à la Russe, comment qu’elle s’appelait déjà ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Anna. Comme Anna Kournikova, la championne de tennis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Forcément, suis-je bête. Anna Trachoukouna.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;C’est ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre et Sœur Marguerite imitant les formes d’une femme&lt;br /&gt;Mon Anna, elle est belle et intelligente.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Mon Anna, elle était blonde aux yeux bleus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre et Sœur Marguerite imitant les formes d’une femme&lt;br /&gt;Mon Anna, elle était belle et intelligente.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils rient.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques soupire et s’allonge sur le divan en mettant un coussin sur sa tête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Je suis partie. J’suis pas là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Bien. Le courage te caractérisera toujours, mon fils. Pas vrai ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Je suis partie. J’suis pas là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;C’est bien ce que je pensais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Notre héros voulait s’enfuir avant la grande réunion…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Peur de tes juges, fils indigne ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Je nie toute culpabilité, je n’ai rien fait. Je suis un homme libre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Tu n’as pas mieux à plaider devant ton jury, mon grand ? C’est un peu léger.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques lance le coussin sur Pierre&lt;br /&gt;Je suis un homme libre. Et tu es un homme marié.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;C’est un fait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Je n’ai jamais menti aux filles que j’ai aimées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Et pourtant, je ne suis pas partie en Tanzanie, ni mariée à Bora Bora, ni vécue en villa à Marrakech, pas vrai ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Il y a une église à Bora Bora ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Marie-Christine, n’en rajoutez pas !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques se remet sous un coussin&lt;br /&gt;Je veux Eva !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Un vrai homme qu’il disait. Idiotes qu’elles ont toutes été.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Sous le charme peut-être ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques éjecte le second oreiller&lt;br /&gt;Je ne vous permets pas ! Vous ne savez rien de moi !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine s’approche et l’embrasse sur la joue&lt;br /&gt;Mais oui, Jacques-Henri, nous ne connaissons rien de toi, nous sommes seulement ta famille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques boude&lt;br /&gt;Je veux mon Eva ! Au moins elle, elle me prendra dans ses bras !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite et Pierre imitent les formes d’une femme&lt;br /&gt;Mon Eva, elle est belle et intelligente !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine s’avance&lt;br /&gt;Jacques-Henri, cela suffit, vous allez épouser une jeune fille. Maintenant ! Mesdemoiselles, entrez s’il vous plaît.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle frappe dans ses mains.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques soupire.&lt;br /&gt;Scène 4&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Musique de Tom Jones, She’s a lady.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les 3 jeunes filles entrent. Elles sont habillées en maillot de miss avec un ruban entourant leur corps où est inscrit leur numéro. Elles rentrent avec excitation.&lt;br /&gt;Sœur Marguerite s’avance avec un micro. Pleine lumière sur elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Elles sont là. Elles sont belles. Elles sont venues du monde entier. Elles représentent leur pays et elles sont venues pour une seule raison, concourir pour le titre de Miss Tiley. Mesdames et Messieurs. Veuillez accueillir de vos applaudissements chaleureux, les jeunes filles à marier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite leur distribue un éventail.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les 3 jeunes filles défilent en faisant des effets avec leur éventail.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite s’approche de la jeune fille numéro 1, la jeune fille lui tend un carton. Sœur Marguerite prend une voix fluette.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Alors je fais du 87 – 64 – 89. Je viens du pays d’Auge et je mesure 1m72 pour 52 kilos. Je représente la mannequin anorexique qui fait rêver les hommes. Ça se voit, je n’ai pas de corps. (Elle pause en levant un bras et en souriant) Et dans la vie, je veux repasser les chemises de mon mari, travailler à la bibliothèque du collège et élever 4 enfants : Hippolyte, Colombain, Fantine et Marie-Océane.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite reprend sa voix normale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;On l’applaudit bien fort. (Elle la frappe gentiment sur la fesse pour qu’elle sorte) Bien, mon petit. À la suivante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les 2 jeunes filles restantes font un nouveau tour en faisant des effets avec leur éventail.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite s’approche de la jeune fille numéro 2 qui lui tend un carton. Sœur Marguerite prend un air naïf en plus de sa voix fluette.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Alors je fais des études de langues car je veux sauver la planète. Je pense que c’est intolérable ce qu’on fait subir aux escargots en Bretagne pour tester la résistance des mollusques aux essais nucléaires. Je suis anti-OGM, anti-mondialisation, anti-Mac Donald et vive Brigitte Bardot, qui protège nos amies à poil long, court et drus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite reprend sa voix normale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;La concurrence est rude. Mais qui va gagner le titre de Miss Tiley ? On l’applaudit bien fort. (Elle la frappe gentiment sur la fesse pour qu’elle sorte. Elle fait signe à la jeune fille 3) A vous, mon enfant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La jeune fille 3 fait un nouveau tour en faisant des effets avec son éventail.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La jeune fille 3 s’approche de Sœur Marguerite et lui tend un carton. Sœur Marguerite accompagne ses gestes de la main en plus de prendre l’air naïf et une voix fluette.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Alors moi j’aime les miss et je veux devenir une miss pour montrer à la planète qu’on peut avoir de l’intérêt et pas que des jambes. Je veux aussi sauver la planète car le trou dans le ciel, il va tous nous tuer et nous devons tous faire quelque chose. Et je suis pour la mobilisation pour les grenouilles du Sud de la Dordogne et l’enseignement des langues locales au primaire. (Elle pause en levant un bras et en souriant) Merci. Merci. (Elle commence à pleurer) Oh ! Vraiment ! Merci !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite reprend sa voix normale&lt;br /&gt;Elles sont belles, elles sont charmantes, applaudissez comme il convient… Mesdames, mesdemoiselles, messieurs : hommage aux jeunes filles. (Elle la frappe gentiment sur la fesse pour qu’elle sorte) Bien, mon petit, c’est fini maintenant. La sortie, c’est par ici.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La jeune fille 3 sort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre et Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Ouf.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;C’est un vrai poulailler, ici ! Ça pue le coq.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;C’est toi qui pues alors.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Toujours le mot pour rire vous !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Et quelle est la solution pour mon fils ? Je suis à cours de solution, voyez-vous. (Silence) Merci pour la solidarité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Marie-Christine, je vous en prie, une jeune fille innocente et belle n’est pas la solution pour votre fils. Elles méritent mieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Vous voyez Madame Tiley, votre fils n’est pas un mauvais bougre. Il sait aimer, il sait promettre de nouveaux horizons, de beaux voyages. (Sœur Marguerite éclate bruyamment en sanglots) Tu as de la chance, toi… Au moins, il t’a avoué qu’il t’avait menti. Moi, il ne me l’a jamais dis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Mais il n’aime pas. Il ne m’a jamais aimé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre se penche sur Sœur Marguerite qui se rembrunit comme si elle était une des jeunes filles&lt;br /&gt;Jacques ne sait pas aimer. Il ne faut pas lui en vouloir. Il s’emballe. Il murmure des mots, planifie une nouvelle vie… Puis il prend peur et il s’enfuit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite à Marie-Christine&lt;br /&gt;Jacques est un amour, Marie-Christine, oui... Mais c’est un amant de passage qui joue au mari. Un gigolo de luxe, en quelque sorte mais il est maladroit et sensible. Il ne faut pas lui en valoir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Il ne sait pas aimer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Tu sais ? (Un temps.) Sais-tu ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Il n’aime pas ? C’est vrai Jacques. (Silence. Jacques mets ses mains dans ses poches sans répondre) Qu’y a-t-il de plus dur à entendre pour une mère que ça ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Correction. Il n’aime pas celles qui l’entourent aujourd’hui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silence.&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Quelle est la différence ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Il ne n’en a jamais aimé qu’une… Qui vient étrangement de revenir dans sa vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il regarde Jacques. Silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine s’assoit sur le canapé&lt;br /&gt;Je n'ai rien compris. Je ne comprends rien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Votre fils est amoureux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Hein ? Amoureux ? Vous rigolez.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Suis-je du genre à plaisanter, Marie-Christine ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine regarde Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Non, pas vraiment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Jacques, des commentaires ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Allez vous faire foutre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il sort.&lt;br /&gt;Scène 5&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silence&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Est-ce qu’il l’a toujours aimé ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;J’en suis certaine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Moi qui ne voulais pas d’elle. Elle faisait du théâtre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Elle est devenue une femme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Je ne suis pas prête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;À quoi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Mon bébé va se marier ! (Elle éclate en sanglots)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Euh, vous allez un peu vite en besogne Marie-Christine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Je ne suis pas prête à devenir grand-mère. (Elle prend sa main avec énergie) Vous entendez, je ne suis pas prête à devenir grand-mère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Certes. Techniquement, je dois vous rappeler que vous l’êtes déjà !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Déjà ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Euh ? Théo ? Morgane ? Ces prénoms vous rappellent quelque chose ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Des bâtards.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Pas étonnant que votre fils ne sache pas aimer, Marie-Christine. Je dirai à Morgane et Théo comment les appelle leur « mamoune » quand ils ne sont pas là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre se lève et dirige vers la porte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Merci Pierre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Merci ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Merci de me rappeler à l’ordre. Merci de me soutenir malgré mes idées arrêtées. Merci d’aider Jacques, de lui donner votre amitié et confiance. Merci. (Un temps) Merci d’être là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;À plus tard, Marie-Christine. Réfléchissez aux conséquences de vos exigences et vous comprendrez pourquoi les enfants ont parfois besoin de s’éloigner de leurs parents même s’ils les aiment profondément.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Je sais. Et vous réfléchissez à la peur de le voir échouer et de vivre cette sensation que vous ne l’avez pas assez doté pour faire face aux pièges de la vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Je sais. Faites-vous confiance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Allez le chercher Pierre. Allez le chercher que nous terminions cette thérapie de groupe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre sort en soupirant contre Sœur Marguerite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Scène 6&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite commence à ranger l’appartement. Elle sert un whisky à Marie-Christine qui le boit d’une traite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite reprend le verre&lt;br /&gt;Un autre ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine acquiesce.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silence.&lt;br /&gt;Sœur Marguerite la sert à nouveau puis s’assoit à côté d’elle. Elles avalent d’un trait leur verre et le reposent conjointement sur la table.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Crève Charogne. Ah… Heureusement que t’as inventé la bibine pour passer l’ennui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Pendant tout ce temps, il aimait Claire Deleau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Ça montre qu’il avait un cœur, accordons-lui au moins ça, au diable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Mais Claire Deleau !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite sort son pic brutalement&lt;br /&gt;Quelque chose contre ma Clairon peut-être ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Non, non. Elle est très bien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite range son pic&lt;br /&gt;Bien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Avouons qu’elle est un peu… Trop ordinaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Ordinaire ? Claire ? Vous rigolez. C’est un morceau de dynamite ma Clairon. Juste qu’elle sait se tenir, elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Elle ne correspond pas à notre classe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Et Jacques, il correspond à la vôtre de classe, peut-être ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Jacques-Henri, je vous en prie. Et je ne vous permets pas de parler de mon fils de la sorte, Sœur Marguerite. Il s’agit de l’unique héritier de la dynastie Tiley de la Volière, tout de même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Il serait peut-être temps de passer au string, Marie-Christine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Pardon ? Qu’avez-vous dit ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Je dis qu’il faut évoluer avec le temps, M.-C. ! Votre fils est amoureux d’une belle et gentille jeune fille. Certes, elle ne porte pas de chevalière, mais on entend « de » dans son nom de famille. Puis, elle est bien cette petite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Depuis quand prenez-vous la défense de Jacques-Henri, vous ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Je ne prends pas la défense de Jacques-Henri. Jacques-Henri reste un homme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Vous me rassurez.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Mais avouez qu’il… (Marie-Christine le regarde perplexe) Ben, qu’il a peut-être un bon fond, ce petit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Sœur Marguerite, vous parlez de Jacques-Henri ! Mon fils ! Le diable incarné !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Ah, la fierté d’être mère. Je savais bien que ça me manquerait un jour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Mon fils est un homme, un mâle. Dois-je vous le rappeler ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Il se trouve que ce mâle a un cœur. Il le cachait, mais il est là. De l’invisible, il est devenu visible et ma foi… Cela me redonne l’envie d’être chrétienne. (Marie-Christine la regarde sceptique) Mais oui, Marie-Christine, CHRETIENNE ! Et lui pardonner ! C’est bien ce que les Chrétiens font de mieux, non ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Oui. Enfin, d’ici que j’accorde le pardon à Jacques-Henri, il y a une trotte tout de même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Scène 7&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre entre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Salut la compagnie !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Mais qu’est-ce que vous faites là ? Où est Jacques ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Jacques m’a envoyé un message pour me dire que tout était arrangé. Il m’a demandé de le retrouver ici. Il est là ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Si vous voyez ce bâtard entre ces 4 murs, dites-le moi que je l’enfourne avec le pic de Sœur Marguerite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Oh ! Je ne vous permets pas de toucher à mon pic. C’est mon jouet personnel. Pas touche, d’abord !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Tu vas me donner ton jouet, vieille morue, c’est plus de ton âge d’avoir des jouets.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Mais c’est mon jouet. C’est le père qui me l’a donné ! Pierre, Marie-Christine veut me prendre mon jouet !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine se jette sur Sœur Marguerite. Pierre intervient. Il prend le pic.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Ça suffit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;C’est elle qui a commencé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Même pas vrai. C’est elle…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Je ne veux rien savoir. Vous êtes toutes les deux punies. Plus de jouets pendant une semaine, c’est bien compris ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine et Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Oui, papa Pierre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Bien. Et où est Jacques-Henri, s’il vous plaît ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Jacques-Henri n’est pas ici. Il est amoureux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Ah. Voilà qui est intéressant. Vous devez être contente, il va peut-être se marier…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine éclate en sanglots&lt;br /&gt;Mon bébé va se marier !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Mais c’est ce que vous vouliez que…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Je ne suis pas prête à le voir convoler. Pourquoi a-t-il grandi si vite ? (Elle prend sa main et la serre avec énergie) Pourquoi as-tu grandi si vite toi aussi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre à Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Où est l’heureuse élue ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Sais pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Et dire qu’il nous a caché ses sentiments pendant tant d’années.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Et qu’il a eu une vingtaine de femmes par an. Que dis-je ? Par mois serait plus juste. (Elle rit) Et qu’il a eu deux enfants. (Attendrie) Théo et Morgane… Les petits diables.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Deux accidents.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite &lt;br /&gt;Marie-Christine !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Deux merveilleux accidents. Mon Théo et ma Momo. (Un temps) Qu’ils sont mignons, surtout quand ils crient… On dirait leur père. (Elle soupire. À Pierre) Tu as remarqué quand Théo sourit, il a le regard de Jacques-Henri quand il était petit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;C’est lui qui vous a dit tout ça ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine et Sœur Marguerite se regardent puis haussent les épaules.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Disons que c’est ce que nous avons compris après… Après… (À Sœur Marguerite) Aidez-moi vous, enfin !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Une série d’épisodes aux preuves concluantes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Tout à fait. (À Pierre) Ce qui me donne envie de l’étriper.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Marie-Christine !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Je ne suis pas prête à le voir aimer !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Marie-Christine, que vous ai-je dis sur le pardon chrétien ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine croise ses bras en boudant. Pierre reçoit un message sur son portable. Silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Et où est Jacques maintenant ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Je ne sais pas. C’est vous qui nous disiez qu’il venait ici… Pourquoi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Claire est partie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine se lève&lt;br /&gt;Comment ça partie ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Elle est partie. Enfin, elle part en mission au Kenya. Pour deux ans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Mais il faut l’en empêcher. Elle doit épouser mon fils !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Disons que votre fils ne lui a pas vraiment montré qu’il l’aimait jusqu’à présent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Mais il l’aime ! Il l’aime ! C’est écrit sur son visage ! Ne l’avez-vous pas vu ? (Ils restent silencieux) Il faut le sauver ! Il faut lui dire d’aller la chercher ! De la rattraper ! Ils font tous ça dans les films !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Dans les films, Marie-Christine. Dans les films. Ici, on n’est pas dans un film, Marie-Christine. Vous vous êtes trompée de catégorie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Mais je ne fais pas dans la tragédie moi ! Mon fils doit l’épouser ou il sera malheureux ! Si malheureux !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle s’assoit sur le canapé. On voit Jacques près de la porte. Il attend sans rien dire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite s’approche et entoure les épaules de Marie-Christine de son bras.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Calmez-vous. Jacques sait très bien être heureux…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;En passant d’une femme à une autre parce que celle qui est dans son cœur l’a refusé ? Est-ce cela le bonheur Sœur Marguerite ? Vous savez bien que non. Il mérite mieux, mon Jacques-Henri.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Il n’y a que lui pour vous le prouver.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Scène 8&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;C’est moi qui l’ai refusé maman. C’est moi qui ai tout gâché.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine se lève&lt;br /&gt;Mon fils (Elle lève ses bras et le serre contre elle) Et pendant tout ce temps, tu étais amoureux et tu ne me l’as même pas dit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;C’est que je n’avais pas bien compris moi-même, mère. (Silence) Où est Claire maintenant maman ? Où est-elle ? Derrière chacune des femmes que j’ai cru aimer, dans chacun des corps que j’ai serrés contre moi. Je ne l’ai jamais oublié. On dit que le premier amour est le plus difficile à oublier car il vous ramène aux douceurs de l’enfance. Claire était peut-être le premier amour que j’aurai dû oublier pour grandir mais j’ai grandi depuis. J’ai aimé aussi… Et je sais qu’il n’y a qu’elle qui me correspond. C’est dur de rencontrer l’amour jeune. C’est injuste en vérité car on n’est pas prêt et on le gâche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Tu ne t’es pas battu pour elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Car elle m’a quitté. (Silence) Elle voulait que je grandisse, que je vois par moi-même, que je comprenne par moi-même qu’il n’y avait qu’elle… Et idiot que je suis, je suis resté aveuglé par ma peine, par ma souffrance, par la jalousie envers Pierre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Pierre est ton ami, pourquoi serai-tu jaloux de lui ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Pierre est le fils que vous auriez dû avoir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;(À Marie-Christine) Pierre est le fils que vous auriez voulu avoir. (À Jacques) Correction Jacques. Et je dirai même plus, qu’elle aurait voulu avoir depuis le mariage de Pierre… Depuis, je crois qu’elle a compris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Je ne crois…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Compris que tu étais heureux à ta manière. Malheureux à cause de moi, de ton père et de nos attentes. Ces mariages arrangés effaçaient ce que nous ne voulions pas voir… Nous n’avons pas toujours soutenu tes choix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Et Pierre était le fils idéal qui embrassait la carrière de directeur financier et mariait une jeune fille de bonne famille. Moi, je suis sortie avec la fille qui faisait du théâtre et qui marchait pieds nus dans les parcs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Je sais. (Un temps) Je sais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques à Pierre&lt;br /&gt;Où est Claire ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques et Marie-Christine&lt;br /&gt;Je lui dois des excuses…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Elle est partie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Partie ? Encore ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Elle quitte la France pour le Kenya.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Cours. Va la rattraper.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques sourit faiblement&lt;br /&gt;Le destin a parlé, mère. Je suis trop épuisé pour courir. J’ai déjà couru beaucoup de femmes, je ne me sens plus la force de courir après celle qui me fait le plus peur au monde. Je ne saurai pas me montrer nu face à elle et prendre le risque qu’elle me rejette encore. Comment vais-je survivre à ça, mère ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Mais tu l’aimes, Jacques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Je sais. Et je suis très heureux comme ça. Je sais qu’elle est là. En vie. Cela me suffit. Et j’ai ma vie ici.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Mais mon fils…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;S’il vous plait. N’insistez pas. Je ne me marierai pas ce soir, ni demain, ni après-demain… Ni jamais mère. Je resterai tel que je suis, un gigolo de luxe à collectionner des aventures sans lendemain. Peut-être aurai-je d’autres enfants qui m’apprendront à sourire, mais je suis trop écorché… Trop écorché pour redonner mon cœur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Je comprends. Je comprends. Mon petit gigolo. Mon petit gigolo d’amour. (Elle le prend dans ses bras)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Pas d’amour, mais par amour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Pardon ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Jacques, vous êtes gigolo par amour… (Elle serre fébrilement la main de Jacques) Félicitations.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle sort. Ils se regardent sans comprendre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le rideau se baisse.&lt;br /&gt;Scène 9&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Charles Aznavour, Comme ils disent.&lt;br /&gt;Le rideau se lève.&lt;br /&gt;On voit Jacques faire des gestes du quotidien. Ranger sa vaisselle.&lt;br /&gt;Il change de musique. M.C. Solar, Caroline.&lt;br /&gt;Il sort son lit de son canapé. Agacé, il change de musique.&lt;br /&gt;Musique de Claude François, Comme d’habitude.&lt;br /&gt;Il sort dans la salle de bain et revient habillé en pyjama.&lt;br /&gt;Il s’allonge. La musique et la lumière s’éteignent&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Scène 10&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La lumière revient. Bruit des oiseaux. Le réveil radio se met en marche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Commentateur&lt;br /&gt;Il fera beau aujourd’hui sur Paris. Du soleil sans nuage avec une température de 14° le matin et de 26 l’après-midi. Une belle journée en perspective idéal pour des balades en amoureux ou en famille pour profiter des couleurs de la capitale. Et comme la vie est belle, on passe tout de suite du soleil en musique, avec le grand, l’unique, Louis Armstrong, What a wonderful world. Bonne matinée à tous, il est 7 heures.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La musique commence et joue pendant 30 secondes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques se lève brutalement de ses draps&lt;br /&gt;Shut up ! Shut up ! (Il éteint la radio en sortant de son lit) Le monde, il n’est pas wonderful du tout ! Mais alors pas du tout ! (On sonne) La preuve, c’est qu’on vient m’emmerder à 7 heures du matin ! Si c’est pour me faire passer la même journée qu’hier (il crie) NON MERCI.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire derrière la porte&lt;br /&gt;Jacques, c’est moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques se lève et fait quelques pas nerveux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il ouvre la porte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire montre son paquet blanc et deux gobelets en carton qu’elle tient dans ses mains&lt;br /&gt;Croissants au beurre et thé au lait, comme d’habitude ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il prend ses affaires des mains les pose sur le bar.&lt;br /&gt;Jacques sourit. Ferme la porte et serre Claire dans ses bras. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Oui. Comme d’habitude.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il l’embrasse sur la joue en riant puis la porte dans ses bras en la faisant tourner&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La musique reprend et ils dansent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le rideau tombe.&lt;br /&gt;Fin&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Céline Hervé-Bazin&lt;br /&gt;Email : celinehervebazin@yahoo.fr&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2045635635459388620-2888004909517590650?l=galicismos-suite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/feeds/2888004909517590650/comments/default' title='Enviar comentarios'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/2009/05/le-gigolo-par-amour-de-celine-herve_3199.html#comment-form' title='0 comentarios'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2045635635459388620/posts/default/2888004909517590650'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2045635635459388620/posts/default/2888004909517590650'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/2009/05/le-gigolo-par-amour-de-celine-herve_3199.html' title='&quot;Le gigolo par amour&quot; de Céline Hervé-Bazin (acte III)'/><author><name>galicismos</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2045635635459388620.post-8106571404813895855</id><published>2009-05-30T10:33:00.000-07:00</published><updated>2009-05-30T11:23:07.037-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='en français'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Céline Hervé-Bazin'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='teatro'/><title type='text'>"Le gigolo par amour" de Céline Hervé-Bazin (acte II)</title><content type='html'>Acte II&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Scène 1&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques et Claire sont assis sur le canapé. Ils déjeunent. Jacques a un énorme bandage autour de la tête et un œil au beurre noir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques rit&lt;br /&gt;La tête des profs, si t’avait vu ! Tous en carpes ! (Il imite) Tous à avaler de l’air avec un parapluie dans le cul.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire rit. Un temps.&lt;br /&gt;J’étais tellement mal à l’aise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Ça ne s’est pas vu, et tu le sais bien. (Il lui fait un clin d’œil) Nous, on ne voyait que ton corps onduler contre le prof de maths. (Il se lève et imite les mouvements) Tu l’aguichais comme une pro, c’était incroyable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;C’était pour la bonne cause.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;La bonne cause, dans ces cas-là, j’achète. (Il s’assoit) Qui aurait pu imaginer voir Claire, madame première de la classe, improviser la pute avec le prof de maths !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;C’était du théâtre Jacques !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Du bon théâtre comme on n’en voit plus. (Il se lève à nouveau) Avec un déhanché (Il recommence ses mouvements de balance) Le feu et la glace, baby. De la danse aguicheuse. Hm. Baby, come on. I want your sex.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Jacques, assis-toi. Tu sais bien que ce souvenir me fait rougir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques rit&lt;br /&gt;Madame joues roses (Il pince sa joue et la regarde avec un sourire. Ils se regardent. Claire se lève gênée)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Tu veux de la glace ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques s’assoit&lt;br /&gt;Personne n’y croyait ! Claire Deleau aguichant le prof de maths.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Tu l’as déjà dis. C’est un vieux souvenir de lycée. Une gloire passagère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Tout le monde n’en revenait pas.Toi, la frigide draguant Monsieur Steffan (Prononcer « Stéphane »).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Bon, ça va. On a compris. On peut changer de sujet, ok ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Tu étais la première de la classe, rien de moins sexy chez une fille. Tu te cachais derrière tes pantalons larges et tes pulls longs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;J’ai eu une adolescence difficile.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Te voir en jupe moulante, c’était… Waouh. (Il s’arrête rêveur)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire s’assoit et lui tend le pot de glace&lt;br /&gt;Impensable ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques refuse le pot de glace, mais prend une cuillère pour se servir dans le pot&lt;br /&gt;Inédit en tous les cas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Paroxysme idéalisé du macho : la bimbo blonde idiote qu’il peut sauter à tout va contre le paroxysme de l’impossible chez le macho : la bimbo sexy et intelligente qui le refuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Hé ! Je t’en prie, ça n’existe pas la bimbo intelligente !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Pardon ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Comprends bien, le rôle de la bimbo, c’est de se faire sauter à tout va car elle n’a pas de cerveau. Si elle avait un cerveau, elle s’achèterait des bouquins au lieu de seins en silicone. (Il avale de la glace) Et encore moins des jupes mini, mini… Mais alors MINI ! (Il soupire) La jupe rose d’Eva. Si MINI !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Je vois. Le guerrier revient au galop. Nous avons réussi à avoir… (Elle regarde sa montre) Waouh, une conversation civilisée pendant plus de trente minutes. Tu n’as pas mal à la tête ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Si mais ça c’est parce que tu m’as foutu à terre tout à l’heure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire inquiète&lt;br /&gt;Tu as toujours mal ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Non. (Il prend une bouchée de glace) Et je ne couche pas qu’avec des bimbos.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Des filles intelligentes peut-être ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Je suis sortie avec toi pendant trois ans, je te rappelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Vu le résultat, je dirai que les intelligentes ne sont pas en vogue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Hé normal. Le macho, ça n’aime pas qu’on lui prenne la tête. Lui y veut baiser, pas parler. Puis c’est chiant les filles intelligentes, ça vaut cause que des problèmes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Merci.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Pas toi. Les autres surtout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Attention, ta réputation de Don Juan va en prendre un coup si on entend ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Juste. Alors tu es gentille, chérie tu oublies ce que je viens de te dire, ok ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;C’est ce que tu dis aux filles quand tu les renvoies chez elles le matin ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques mange de la glace&lt;br /&gt;À quelques mots près, oui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Tu n’es qu’un salop.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle se lève pour prendre un verre d’eau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Exactement. Fier de l’être.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Les bimbos à sauter, les intelligentes à insulter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Hé, ne caricature pas tout comme même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;C’est quoi ton problème Jacques ? Elles contrarient ton ego, les filles qui ont du plomb dans la cervelle ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Si ça peut te faire plaisir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Quoi donc ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques se lève&lt;br /&gt;Oui, les mecs ne veulent pas que des filles sans cervelle ! Là ! Tu es contente ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;J’ai toujours su que tu m’avais laissé tomber parce que j’étais trop intelligente pour toi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Hé ! Hé ! Pas si vite. Je te rappelle que c’est toi qui m’a plaqué !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Ah non, c’est toi. Toi qui a reculé ! Tu disais que ça allait trop loin entre nous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Et c’est qui qui est partie aux Etats-Unis ? C’est Jacques peut-être ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;C’est qui qui ! C’est toi qui as pris ce prétexte pour rompre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Ah, parce que t’expatrier aux US, ce n’était pas une excuse peut-être ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Je te signale que (le téléphone sonne) c’est toi qui a voulu (le téléphone sonne à nouveau) qui a voulu me pousser… (Le téléphone sonne) Bon, tu réponds parce que ça m’énerve déjà d’en parler.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Lâche !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Décroche, macho man, ta bimba attend ton sex « ap-pâle ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques imite le lion qui ferme sa mâchoire avec colère. Il décroche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Scène 2&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire se met à ranger la table puis fait la vaisselle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Allo ? Oui, ma Véro. Non, tu ne me déranges PAS DU TOUT, mon AmOOUUR. Que puis-je faire pour toi MON PETIT CŒUR D’AMOUR ? Ah. Tu sais. Écoute, tu connais ma mère. Tu sais comment elle est. Ce n’est pas la première fois qu’elle veut me marier. Mais non, ça va se terminer comme toujours. Je promettrai de lui présenter ma fiancée dans quinze jours et je lui paierai un séjour en vacances. Elle reviendra, elle aura tout oublié pour les 6 prochains mois. Écoute, mon cœur d’amour que j’aime tendrement, tu sais bien comment elle est. Comment ça Sœur Marguerite veut te rencontrer ? (Il rit) Ben, que veux-tu que je te dise ? Va la voir. Tu comprendras pourquoi ma mère est une folle à lier !!! Oui, je t’aime. Il faut que j’y aille mon trésor. Je t’embrasse sweety. Oui. À tout à l’heure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il raccroche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(À Claire. Il compose un numéro de téléphone en même temps) Ma mère a appelé Véro. Pour lui dire que je t’épousais ce soir. Quelle conne ! Allo Caro ? Oui, bonjour mon petit cœur d’amour. Tu as eu maman par hasard ? Si ? Quelle surprise ! Mais non, tu connais ma mère. Tu sais comment elle est. Ce n’est pas la première fois qu’elle veut me marier. Mais non, ça va se terminer comme toujours. Je promettrai de lui présenter ma fiancée dans quinze jours et je lui paierai un séjour en vacances. Elle reviendra, elle aura tout oublié pour les 6 prochains mois. Écoute, mon cœur d’amour que j’aime tendrement, tu sais bien comment elle est. Elle t’a demandé de rencontrer Sœur Marguerite pas vrai ? C’est sa nouvelle lubie. Elle veut évangéliser la famille. Non. Je refuse que tu ailles la voir, tu ne vas pas céder à mère. Et puis quoi encore. Y’en a marre, elle nous pourrit assez la vie, pas vrai ma sweety ? Bon. C’est bien. Je viendrai demain, tu sais bien que j’adore les jeudi soir avec toi. Oui, oui, je t’aime. Il faut que j’y aille mon trésor. Je t’embrasse sweety. Oui. À tout à l’heure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il raccroche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(À Claire) Ouf. (Il compose un numéro de téléphone en même temps) Et un impair d’éviter. Plus qu’Eva. Ma mère n’a pas pu l’appeler… Elle ne la connaît pas, mais il faut que je l’annule ce soir. Allo, Eva ? Oui, bonjour mon petit cœur d’amour. Je ne pourrais pas venir te voir ce soir. Comment ça tu as eu maman ? Quoi, elle veut que tu ailles voir Sœur Marguerite ? ? ? Écoute Eva, si tu veux te faire cuisiner pendant une heure sur la longueur de ta jupe, je t’en prie vas-y, mais si tu reviens en nonne, je te préviens, c’est fini les câlins le matin. Et les câlins dans le bain ! Bien. C’est mieux. Écoute mon amour, j’ai envie de t’étendre sur la table, de rependre du riz sur tes seins et te dévorer ce soir, mais je ne peux pas. Ma mère fait ça tous les ans. Ma tactique habituelle – qui fonctionne TRES BIEN – est de lui présenter ma fiancée dans quinze jours et je lui paierai un séjour en vacances. Elle reviendra, elle aura tout oublié pour les 6 prochains mois. Écoute, mon cœur d’amour que j’aime tendrement, que dirais-tu d’un vendredi sauvage avec ton guerrier ? Non, demain, je vais voir Morgane, c’est jeudi. Mais oui, je t’aime. Il faut que j’y aille mon trésor. Je t’embrasse sweety. Oui. À tout à l’heure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il raccroche et lance le portable sur le canapé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et voilà le travail. Je crois que je mérite un round d’applaudissements. Trois femmes folles de moi vont pleurer mon absence ce soir. RESPECT.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silence. Claire le mitraille des yeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quoi ? Tu veux être la quatrième, bébé ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Scène 3&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Tu me dégoûtes. (Elle jette son torchon et se dirige vers la salle de bain)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Hé ! Où tu vas ? Tu ne peux pas t’enfuir tu sais ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Je vais dans la seule salle où je n’aurai pas à supporter ta présence, au moins visuellement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Allez Claire. Reste. (Il prend la télécommande et met un CD en marche) Danse avec moi. En souvenir de notre histoire. (Il la prend dans ses bras avec force) Pas de mal à ça ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire se débat&lt;br /&gt;Après tout ce que je viens d’entendre, tu crois… (Premières notes de Jean Sablon. Elle s’arrête)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;C’est toi qui m’avais envoyé cette chanson, tu te souviens ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Tu te rends compte que tu es avec trois femmes en même temps ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Quatre. Il y a Bonnie aussi. Avec toi, ça fait cinq. (Il la prend fortement et l’emprisonne entre ses bras) J’aime bien cinq.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques reprend les paroles&lt;br /&gt;Et toi tu m’aimes ?&lt;br /&gt;Alors…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si tu m’aimes, si tu m’aimes,&lt;br /&gt;Ne fais pas ce que tu fais étourdiment,&lt;br /&gt;Car tu ne sais pas, toi-même,&lt;br /&gt;(Claire reprend avec lui)&lt;br /&gt;Les dangers d’un amour insouciant,&lt;br /&gt;(Elle s’arrête)&lt;br /&gt;Une phrase, une phrase,&lt;br /&gt;Un regard qui vous attire inconsciemment&lt;br /&gt;Un regard qui vous embrase&lt;br /&gt;(Claire reprend avec lui)&lt;br /&gt;Te perdrait pour la joie d’un moment&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(Jacques s’arrête)&lt;br /&gt;Mais malgré mon indulgence,&lt;br /&gt;Tu pourrais regretter un beau jour,&lt;br /&gt;D’avoir voulu ma souffrance,&lt;br /&gt;(Jacques reprend avec elle)&lt;br /&gt;En perdant à jamais, notre amour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Car je t’aime. Oui je t’aime.&lt;br /&gt;Souviens-toi que je t’adore éperdument,&lt;br /&gt;Et que le bonheur suprême est fragile&lt;br /&gt;Aux mains des imprudents.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(Ils dansent sans parler)&lt;br /&gt;Mais malgré mon indulgence,&lt;br /&gt;Tu pourrais regretter un beau jour,&lt;br /&gt;D’avoir voulu ma souffrance,&lt;br /&gt;En perdant à jamais, notre amour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Car je t’aime. Oui je t’aime.&lt;br /&gt;Souviens-toi que je t’adore éperdument,&lt;br /&gt;Et que le bonheur suprême est fragile&lt;br /&gt;Aux mains des imprudents.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire se détache&lt;br /&gt;Tu sais que l’on appelle ça de la polygamie et que c’est illégal en France ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Je ne suis pas marié.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Cela fait-il de toi, un innocent ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Je ne fais de mal à personne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Hum. C’est évident. Ni Véronique ou Caroline n’ont jamais souffert peut-être ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;C’est la rançon de l’amour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;C’est la rançon de la lâcheté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Tu sais que j’écoute cette chanson tous les jours. Elle me drogue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Comment peux-tu aimer quatre femmes en même temps ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Je suis un homme libre. Je n’appartiens à personne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Ce n’est pas la question.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Je ne sais pas être là. Je ne fais que passer. Cette vie ne m’appartient pas, je la subis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Tu es lâche si tu la subis. Tu la subis car tu es lâche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;J’ai deux enfants de deux femmes différentes, que veux-tu que je fasse avec ma vie désormais ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;L’aimer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Mais je l’aime. Je suis heureux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Est-ce là le bonheur ? Être enfermé entre des femmes qui t’ont aimé et qui t’ont délaissé car tu leur as été infidèle ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Je les avais prévenues. Je ne suis pas un mari. Et je suis très heureux comme je suis, alors passe-moi tes questions sur la formule du bonheur, tu ne sais rien de ma vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Je vois un gigolo. De luxe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Et toi Claire, qui va de pays en pays sans attache et sans contraintes ? Combien d’hommes as-tu eu dans ton lit ? Un dans chaque ville ou changes-tu d’hôtel tous les soirs, pour briser des cœurs chaque nuit ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Tu es dégueulasse. Tu sais que je suis incapable de coucher sans amour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Et au bureau, les collègues, comment t’appellent-ils, la salope internationale ou le rat de bibliothèque ? Encore planquée derrière tes bouquins, pas vrai, catin de papier ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle le gifle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Excuse-toi Jacques Tiley. Maintenant !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Tu t’énerves, tu sais que ça m’excite ça, cochonne. (Il la plaque contre le mur) Et je t’interdis de me juger, Claire Deleau. Tu ne sais pas ce que c’est que d’avoir aimé et de s’être fait trahir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Est-ce une raison pour faire souffrir toutes les femmes de l’univers ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;J’aurais préféré que tu me répondes que moi aussi, je t’avais fait souffrir. (Il prend son visage dans sa main) Laisse-moi maintenant. (Il l’embrasse)&lt;br /&gt;Scène 4&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite entre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire se détache&lt;br /&gt;Mais tu es fou. (Elle le gifle)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Sainte Marie Joseph. (Elle se précipite, écarte Jacques de Claire et le met à terre en criant comme un karatéka. Jacques s’écroule.) Bien. (Elle pose son pied sur le torse de Jacques. Elle se tourne vers Claire) Vous allez bien mon enfant ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Oui, Sœur Marguerite mais…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Pas de mais. (Elle fait craquer ses doigts) Action, réaction qu’ils disent. Moi, c’est action, destruction du mâle bestial et primaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Certes, Sœur Marguerite. Il faut savoir punir… Prévenir. Mais…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Vous le défendez mon Petit ? (Elle appuie plus fortement sur le torse)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Je vous rappelle que c’est vous qui nous avez laissé seuls ici ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Doit-il pour autant vous violer ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Ma Sœur, Jacques ne tentait pas de me violer…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Il vous embrassait !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;C’est ce que vous vouliez non ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Je veux de l’amour, pas ton sexe insatisfait et prédateur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Sœur Marguerite, calmez-vous et écoutez-moi !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite à Jacques&lt;br /&gt;Tu ne perds rien pour attendre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Nous répétions une scène de théâtre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Une scène de théâtre ? Quelle scène de théâtre ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire qui remet ses cheveux en ordre&lt;br /&gt;Celle que je joue vendredi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Vous jouez une pièce vendredi ?&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Oui. En faveur d’une association qui éduque à l’eau en Somalie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;En Somalie ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques se tort de douleurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;S’il vous plaît, Sœur Marguerite, laissez-le se relever.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite appuie sur le torse de Jacques&lt;br /&gt;Hors de questions, expliquez-vous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Vous savez que je travaille pour une entreprise de coopération internationale. En ce moment, j’organise, entre autres, des spectacles en faveur d’associations locales basées dans le monde entier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Et cela explique pourquoi le fils Tiley vous plottait les seins en vous embrassant ardemment contre un mur prêt à vous faire l’amour comme un cochon ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Oui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;C’est vrai, infâme vermine mâle et vicieuse ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire fait les yeux à Jacques&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Oui, Sœur Marguerite. Je faisais répéter sa scène à Claire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite qui garde son appui sur Jacques&lt;br /&gt;Mon enfant, êtes-vous insensée ou complètement idiote mon enfant ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;À propos de quoi, ma sœur ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite enlève sa jambe&lt;br /&gt;Répéter avec cet obsédé sexuel, une scène d’amour torride, vous aimez prendre des risques ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire tend sa main à Jacques&lt;br /&gt;Disons que je savais que j’aurai un bon partenaire pour tenir le rôle. (Elle aide Jacques à se relever)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Ça c’est sûr. (Elle pointe son doigt, menaçante) Et que je ne vous vois plus tourner autour d’elle. Elle est bien cette petite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Oui, ma sœur. Je sais ma sœur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Trop bien pour vous, bougre excréments d’homme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques va s’asseoir sur le sofa&lt;br /&gt;Oh ma tête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire s’approche et se penche sur lui. Sœur Marguerite soupire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Regarde-moi. Bouge tes yeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Et dire qu’elle tombe encore dans le panneau !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Je vais te mettre de la glace, tu as une vilaine bosse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques crisse des dents de douleurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Bon, ce n’est pas fini, votre cinéma ? Vous ne voyez pas qu’elle est trop intelligente pour s’égarer dans vos draps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Sœur Marguerite, c’est le second K.O. que Jacques reçoit en moins d’une heure, je vous assure qu’il a de quoi être sonné !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite sort brutalement son pic&lt;br /&gt;Second K.O., dites- vous ? A-t-il essayé de vous violer ? Vous embrasser ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Oh non, pas encore !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Tais-toi charogne, ou je t’éborgne que tu feras plus tes jolis yeux à ma Claire. Tu crois que je ne l’ai pas vu ton manège ? Tu n'as suffisamment pas gâché la vie de Véronique, Caroline et les autres peut-être ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Oui, je sais ma sœur. Je suis un raté, un salop sans morale, embrochez-moi et qu’on en parle plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Défaitiste en plus ! Un vrai condensé d’homme qu’on a là !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Clair s’approche. Elle prend le pic de Sœur Marguerite.&lt;br /&gt;Sœur Marguerite, je vous en prie. Il ne va pas s’évader. Sa mère a encore besoin de lui pour avoir un héritier digne de son nom, hum ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle pose le pic contre le mur et s’approche de Jacques. Sœur Marguerite s’éloigne et croise les bras en boudant. Claire applique les glaçons qu’elle a mis dans un torchon sur le front de Jacques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Tiens. Laisse-le quelques minutes, ça ira mieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Merci.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire lui sourit. À Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Alors, Sœur Marguerite, déjà de retour ? Les deux heures sont déjà passées…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle va à la cuisine pour prendre un verre d’eau. Sœur Marguerite s’approche du mur et reprend son pic qu’elle enfourne dans son vêtement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Je venais voir comment cela se passait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Mais ça se passe très bien. Vous voyez bien ?&lt;br /&gt;Elle tend le verre d’eau à Jacques&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Je vois ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Je vous assure, Jacques se conduit comme un gentleman.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques s’étouffe avec l’eau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Vous voyez ! Il n’arrive même pas à croire vos mensonges. Vous croyez que je suis idiote ? (Elle sort à nouveau son pic. Jacques fait un mouvement de recul, mais Claire s’interpose)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Sœur Marguerite, pensez-vous qu’un marié coupé en deux plairait à Monseigneur Devoise ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite qui baisse son pic&lt;br /&gt;Ne tombez pas amoureuse de lui, il ne vous mérite pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire s’esclaffe&lt;br /&gt;Amoureuse ? De Jacques ? Pour cela, il faudrait qu’il soit célibataire pour commencer. Ensuite, qu’il ait une vie moins compliquée. Ah et j’oubliais… Il faudrait aussi qu’il ait un cœur et des tripes. Qu’il ait des attentions gentilles et qu’il ne soit plus le lâche qui m’a plaqué, il y a cinq ans… Et étant donné sa vie actuelle, j’en doute. (Elle sourit) Vous êtes rassurée Sœur Marguerite ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle range son pic dans sa tunique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Non. Mais je vais vous laisser une chance… Laisser l’Homme et la Femme réfléchir, vous avez 30 minutes aussi non…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Mais…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Pas de mais ! Une demi-heure. À toute à l’heure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle sort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Scène 5&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire s’assoit sur le sofa. Jacques s’écarte d’elle. Il remet son torchon sur la tête pour cacher son visage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils restent en silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Bien. Tu pourrais être un minimum reconnaissant tu sais ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Merci.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Quelque chose ne va pas ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Le salop et gigolo de luxe sans cœur aimeraient beaucoup que vous vous cassiez de chez lui qu’il puisse dormir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Je vois. Susceptible en plus de ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques enlève son torchon&lt;br /&gt;Tout à fait. Susceptible, infidèle, grognard, soûlard, fumeur, sale, salop, menteur, aguicheur, macho, misogyne, polygame…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Oui, Oui, bon... Ça va. Je m’en vais. (Elle se lève)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques pose sa main sur sa jambe&lt;br /&gt;Non. Ne me laisse pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Tu viens de me demander de partir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Je n’ai pas envie de rester seul.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Oh, il n’a pas envie de rester seul, le petit garçon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Arrête. Imagine si l’autre folle débarque. C’est un hall de gare ici. Et je n’ai pas envie de finir en brochette pour son feu de joie de féministes attardées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Bien. Les féministes attardées te remercient et te passent bien le bonjour. (Elle se lève)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Toujours féministe dans l’âme, hum ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Un peu. Il y a encore trop d’inégalités pour ne pas l’être.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Et tu fais de l’humanitaire pour les petits noirs d’Afrique. Tu te bats sur tous les fronts, pas vrai Claire ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Au moins je me bats pour quelque chose.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle prend la poignée de porte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Ne pars pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Donne-moi une seule bonne raison de rester ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Je n’ai pas envie de rester seul.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Tu aurais dû ajouter gamin pré adolescent à ta liste. Tu as toujours peur du noir, pas vrai Jacques ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques la regarde en silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Je te souhaite bien de la chance avec ta mère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Reste. (Silence) J’ai… J’ai… J’ai envie que tu restes. J’aimerais que tu restes discuter avec moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire le regarde&lt;br /&gt;En toute amitié ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;De quoi as-tu peur, je sais me tenir !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Tu savais. Je crois que tu ne sais plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Tout bien réfléchi… Il vaudrait mieux que tu partes. Je vais appeler Eva.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Bien sûr.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle ouvre la porte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Je suis si immonde que ça ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;On n’est que ce qu’on devient, que ce qu’on a envie d’être.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Tu m’ennuies.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;J’aurais préféré que tu me dises merci. (Elle ferme la porte) J’aurais préféré que tu aies le courage de  me dire que tu avais eu peur. J’aurais préféré que tu me dises « je t’aime » au lieu de « dégages de ma vie, va chez les Yankees ». J’aurais préféré que tu sois assez courageux pour venir avec moi. J’aurais préféré…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;J’aurais préféré que tu restes. (Un temps) J’aurais préféré que tu restes. J’aurais préféré que tu restes. J’aurais préféré que tu restes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Je devais partir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Je devais rester.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Scène 6&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre entre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Salut la compagnie !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silence. Pierre ferme la porte alors que Claire se détache et va s’asseoir sur un fauteuil dans le coin de l’appartement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Bien. Je vois que ça s’arrange toujours autant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques se lève et se met face à Pierre&lt;br /&gt;Tais-toi, toi, vous et vos idées idiotes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Merci.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;C’est l’autre folle qui nous a enfermés dans cet appartement. Je ne peux pas la supporter cette fille, tu ne trouves pas ça normal que l’on finisse par s’entre-tuer ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;J’essaie de te débarrasser de ta mère. Avec deux enfants de deux mères différentes, quatre copines différentes par semaine, un boulot trendy, je me disais qu’un mariage bidon irait bien dans ton décor.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Ah ? Parce que je me mêle de ta vie moi ? Ta vie de couple bien rangée et ennuyeuse, je m’assois dessus, Pierre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Chacun ses choix, Jacques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Alors respecte le mien ou je me mets dans la tête de te présenter ta future maîtresse. Est-ce que je me suis jamais mêlé de ta vie amoureuse ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;J’essaie de parer à l’urgence. Ta mère a des arguments.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Et ta solution, c’est de me faire enfermer avec la frigide du lycée, merci.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;La frigide, elle te rappelle que la première fois que tu as fait l’amour, tu as vomi. Sans parler de tes érections rapides.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;C’est sûre que madame était une experte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Tu n’as jamais supporté que j’aie eu un copain avant toi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Tu sais ce qu’on dit : sage en apparence, pute au lit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre gifle Jacques&lt;br /&gt;Assez. Tais-toi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Laisse-le dire. Il n’est jamais fatigué.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;J’aurai dû dire « taisez-vous » car cela vaut pour tous les deux. Vous êtes bien assortis, aigris avant 30 ans, vous faites peine à voir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Bien. Merci pour l’invitation. Je peux partir maintenant ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Claire, il faut penser à Madame Tiley.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Pourquoi tiens-tu tant à la protéger Pierre ? Jacques est assez grand pour gérer sa mère comme même !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Madame Tiley est cardiaque. Elle m’a élevé à la place de ma mère. Je suis fatigué de la voir souffrir à cause de son fils.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Ce n’est pas à toi de fixer le problème.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Fais un effort Claire. Un mariage en blanc. Vous n’aurez rien à faire ensemble. Tu n’auras même pas à porter son nom.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Je ne crois pas que ce soit ce que veuille Madame Tiley pour son fils. Elle veut une famille, un amour pour Jacques-Henri. Mais ton copain, il n’est pas décidé à changer quoi que ce soit de sa vie. C’est à Madame Tiley de l’accepter ou de trouver un moyen de changer son fils… Un faux mariage ne changera rien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;J’ai envie d’essayer encore.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Mets de la musique. Tu verras comment il danse. Tu verras qu’un feu brûle en lui. Il veut consommer. Tu ne peux rien faire contre ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre acquiesce&lt;br /&gt;Merci Claire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Pas vrai Jacques ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Tais-toi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Que dois-je choisir Jacques ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Laisse ma chaîne tranquille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;What a wonderful world peut-être ? Car Jacques est très heureux. Très heureux à tromper quatre femmes en même temps. Ils les appellent toutes « mon petit cœur d’amour ». Je me demande s’il a jamais aimé l’une d’entre elles ?&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Mais voyons, je n’aime que toi, mon petit cœur d’amour. Tu sais bien que je suis fidèle. Enfin, à moi-même, uniquement. Mon petit cœur, voyons, c’est vous que mon cœur aime.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Ne t’avise pas de m’appeler comme ça !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Quoi tu préfères mon amour ? Sweety ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Oui, tu es immonde Jacques Tiley. Repoussant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Comment je t’appelais avant ? Le nom que tu aimais tant ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Avant, je t’aurais souhaité tout le malheur du monde, j’aurais voulu que tu sois punis sur les cinq prochaines générations. Mais ce serait perdre mon temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Sérieusement, Claire, comment je t’appelais quand on était ensemble ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Tu ne me dégoûtes même plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Comment je t’appelais déjà ? Le nom d’une fleur que tu adores.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Je ne te hais pas non plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Tiaré ! C’est ça ! Tiaré !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il la regarde avec un sourire tendre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Tu m’indiffères.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Tu as tout gâché.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;C’est toi qui a tout gâché.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Je suis un lâche hein ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Pas besoin de te maudire, la vie t’empoisonne et t’emprisonne déjà.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Et voilà, il fallait bien qu’une intellectuelle fasse la leçon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Une leçon qui n’a servi à rien pas vrai ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Parce que je jouis, chérie. Je jouis de la vie et tout le monde m’envie car j’outrepasse les limites qu’ils n’osent pas dépasser. Regarde-les (il désigne le public) Ils voudraient être comme moi. Vivre libre. Vivre dans la transgression. Vivre comme moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Je t’envie Jacques. Oui, j’envie ta vie… C’est évident. À chercher encore. À souffrir encore. À te mentir encore. À tromper… Encore et encore.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Oh oui, encore et encore.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Pas de mariage arrangé, alors ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Je n’aimerai que toi, mon petit cœur d’amour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Je n’aimerai que toi, joli cœur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Je détestais quand tu m’appelais comme ça. Je le déteste toujours autant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Pourtant, à l’époque, ça n’était pas encore vrai… Joli cœur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Je t’interdis de m’appeler comme ça !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Il est interdit d’interdire, Jacques ? Aurais-tu oublié, Don Juan ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Casse-toi, Claire Deleau. Casse-toi vivre ta vie de nonne, tu termineras comme Sœur Marguerite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Et tu peux être certaine que j’enfoncerai mon pic profondément, avec violence et jouissance, quand tu viendras sur notre « feu » de joie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Oh, oui fais-moi mal mon cœur. Là sweety, tu me transperces le cœur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Je ne pensais pas à ton cœur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle lui donne un coup dans le bas du ventre et s’en va.&lt;br /&gt;Scène 7&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Rattrape-la.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques qui s’est assis&lt;br /&gt;Pardon ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Tu m’as entendu. Va lui présenter tes excuses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Mais ça ne va pas. La fille veut m’émasculer et tu veux que je lui présente mes excuses ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Tu es pathétique. Quand vas-tu grandir ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques se lève&lt;br /&gt;Mais qui parle de grandir ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Tu es fatigant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;« T’es fou petit, on a tout le temps de grandir ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;T’es fou petit, y'a rien de mieux que de grandir. Grandir c’est vivre avec les yeux d’un enfant, la vie d’adulte. C’est apprendre en s’émerveillant. Regarde-toi, tu n’apprends plus. Tu te plains. Tu te plains toujours. Que t’a-t-elle fait la vie ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Sortez. Je ne vous ai rien demandé. Claire a raison. Il n’y a que moi pour régler le problème avec ma mère. Sors Pierre. Va rejoindre ma mère comme le fils qu’elle aurait du avoir… Je m’en vais jouer avec mes poupées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Ta pauvre mère…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Sors !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Elle essaie de te montrer le chemin du bonheur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Le chemin du bonheur ? Celui de l’amour, c’est ça ? Tu sais ce que je lui dis à ton amour ? À ta vie d’homme rangé ? Que j’aie eu deux enfants avec deux femmes qui ne m’ont jamais aimé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Parce que tu ne les as jamais laissé t’aimer Jacques !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Oh si je les ai aimées !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Avec quoi ? Tes caresses, ton corps, tes regards, tes mots, c’est ça ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Je suis très aimant.&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Tu n’es qu’un vulgaire amant. Tu voles car tu t’es fait éjecter une fois et tu n’as même pas eu le courage de te relever.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre prend la télécommande et mets la musique. J’aime les filles de Jacques Dutronc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;La vraie vie, c’est de se relever et de rester debout… Avec une femme à tes côtés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il sort.&lt;br /&gt;Scène 8&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Allez, démon oublie tout ça. (Il enclenche la musique)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques sourit et commence à chanter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« J'aime les filles de chez Castel&lt;br /&gt;J'aime les filles de chez Régine&lt;br /&gt;J'aime les filles qu'on voit dans "Elle"&lt;br /&gt;J'aime les filles des magazines »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques (Au public)&lt;br /&gt;Je n’ai pas envie d’être malheureux. (Un temps) Vous non plus, j’en suis sûr. Oui mais voilà ce que c’est que d’avoir trahi une première fois, d’avoir été infidèle une seule fois… C’est une spirale impossible. Oui… Tu commences à aimer quelqu’un d’autre, la belle histoire… Jusqu’à ce que vous vous quittiez et que tu t’en retournes auprès de celui qui est ton compagnon de vie. Tu t’ennuies, tu cherches un autre. À chaque fois, tu reviens, mais tes désirs sont frustrés. Seul l’âge fait que tu deviens las… Fatigué. Blessé. Et moins séduisant aussi. Du coup, tu te calmes. Mais tu as trompé, souffert et tu te trouves, là… Frustré. Insatisfait à mon avis.  Insatisfait d’avoir cherché une image qui t’a fait souffrir au lieu de vivre. (Un temps) Je n’ai pas envie de devenir comme ça. Je ne voulais pas être pris au piège… Mais tu es partie. Tu m’as laissé seul. Tu m’as trahi puis oublié. Et cela te donne tant de rancœur, de souffrance… De vengeance dans la peau. (Un temps) C’est une spirale impossible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques reprend&lt;br /&gt;« J'aime les filles qui font vieille France&lt;br /&gt;J'aime les filles de Cinéma&lt;br /&gt;J'aime les filles de l'Assistance&lt;br /&gt;J'aime les filles dans l'embarras&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si vous êtes comme ça, téléphonez-moi&lt;br /&gt;Si vous êtes comme ci, téléphonez-me... »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il hausse les épaules et s’assoit. Il éteint la lumière et change la musique.&lt;br /&gt;Jacques commence une chorégraphie.&lt;br /&gt;La lumière revient progressivement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;'Cause I ain’t got nobody&lt;br /&gt;nobody nobody cares for me&lt;br /&gt;I'm so sad and lonely sad&lt;br /&gt;and lonely sad and lonely&lt;br /&gt;Won't some sweet mama&lt;br /&gt;come and take a chance with me&lt;br /&gt;cause I ain’t so bad.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La musique s’arrête.  Jacques commence à chanter.&lt;br /&gt;‘I ain't got nobody, nobody,&lt;br /&gt;nobody cares for me&lt;br /&gt;Nobody, nobody&lt;br /&gt;I'm so sad and lonely,&lt;br /&gt;sad and lonely,&lt;br /&gt;sad and lonely.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Nobody cares for me. C’est qu’elle m’a eu la gueuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La lumière s’éteint. Jacques sort. Au moment où il claque la porte, la musique reprend où elle s’est arrêtée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fin de l’acte II&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2045635635459388620-8106571404813895855?l=galicismos-suite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/feeds/8106571404813895855/comments/default' title='Enviar comentarios'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/2009/05/le-gigolo-par-amour-de-celine-herve_30.html#comment-form' title='0 comentarios'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2045635635459388620/posts/default/8106571404813895855'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2045635635459388620/posts/default/8106571404813895855'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/2009/05/le-gigolo-par-amour-de-celine-herve_30.html' title='&quot;Le gigolo par amour&quot; de Céline Hervé-Bazin (acte II)'/><author><name>galicismos</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2045635635459388620.post-8935239031230375156</id><published>2009-05-30T10:29:00.000-07:00</published><updated>2009-05-30T11:23:07.037-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='en français'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Céline Hervé-Bazin'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='teatro'/><title type='text'>"Le gigolo par amour" de Céline Hervé-Bazin (acte I)</title><content type='html'>Acte I&lt;br /&gt;Appartement avec un grand salon cuisine (bar avec deux tabourets) et un canapé-lit. Des affaires en désordre, de la vaisselle ainsi que de la nourriture, jonchent le sol.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Scène 1&lt;br /&gt;On entend des clés tourner. La porte s’ouvre brutalement. Entre Jacques décoiffé, la chemise hors de son pantalon, une trace de rouge sur sa joue, une bouteille à la main.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;You can ring my bell… Ring my bell. (Il danse) Yes, yes… Danse contre moi, baby, I’m gonna be yours tonight. (Il lèche un visage imaginaire) Oh, I like your skin, Tiger. (Il danse) I’m the man here… Yeah. (Il claque la porte et pose la bouteille à terre. Il allume sa chaîne.) Come baby (Musique de Sex Bomb. Jacques commence un strip-tease en rythme avec la musique. Il chante en même temps que Tom Jones. Il termine en caleçon. La musique diminue.) Yeah you’re me sex bomb (Il dessine les courbes d’une femme imaginaire) Mmmm. You’re my sex bomb. Sex is my religion. (Il s’étale sur son canapé)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La sonnette retentit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques crie&lt;br /&gt;Mais qui ose me déranger à cette heure de la nuit ? (Il regarde sa montre) Ah, il est 10h.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Jacques-Henri, ouvrez, c’est moi, votre mère. Et je vous interdis de ne pas m’ouvrir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Ma mère. C’est ça. Je dois cauchemarder.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il se rendort. Marie-Christine frappe énergiquement contre la porte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Jacques-Henri Tiley de la Volière, Chevalier des écuries de St Gervain, réveillez-vous où je vous fais avaler trois cuillérées d’huile de foie, vous m’en direz des nouvelles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques se lève précipitamment&lt;br /&gt;Mais c’est qu’elle est vraiment là, la morue. (Il ramasse son pantalon et s’habille en avançant vers la porte) Ca va, calmez-vous. J’arrive. Vous n’allez pas réveiller tout l’immeuble, surveillez vos manières.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Il est 10h passé Jacques-Henri, toute personne qui se respecte est réveillée depuis longtemps ou n’est pas digne de ma compagnie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques continuant de s’habiller et rangeant l’appartement en même temps&lt;br /&gt;(À lui-même) C’est ça. Cause toujours, tu m’intéresses. (À Marie-Christine) Et arrêtez de m’appeler Jacques-Henri ! Plus personne ne m’appelle plus comme ça depuis des années.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Jacques-Henri, je suis votre mère, celle qui vous a mise au monde et qui a choisi ce magnifique prénom pour vous. Je n’ai pas l’intention de le tronquer grossièrement comme vous le faites.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Comme vous voudrez. Mais au moins ne le criez pas sur les toits, j’ai ma réputation à tenir ici.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine crie&lt;br /&gt;Bonjour à tous. Je vous signale que mon fils, votre voisin, ne s’appelle pas Jacques Tiley mais Jacques-Henri Tiley de la Volière. Et il laisse sa pauvre mère attendre sur le palier de la porte en râlant. Jacques-Henri, oui. Jacques comme son grand-père et Henri comme Henri IV, le Roi qui a fait de nous, une des plus prestigieuses noblesses de son époque. Vous avez bien entendu ? Jacques-Henri (Jacques ouvre la porte. Marie-Christine est en train de crier dans le couloir) Hm. Bien. Bonjour mon fils. (Elle se tourne vers le couloir) Jacques-Henri !&lt;br /&gt;Jacques soupire et laisse sa mère entrer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Ça va mieux ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Oui. (Elle réajuste sa veste) Je crois qu’ils ont compris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;En tout cas, s’ils ne vous accusent pas de tapages diurnes, c’est que Dieu est avec vous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Dieu est toujours avec moi, je suis une bonne Chrétienne. Contrairement à l’âme pécheresse qui gravite ici. (Elle tape dans la bouteille. Elle soupire et ramasse la bouteille qu’elle tend à son fils) C’est à vous peut-être ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;C’est à la pécheresse qui habite à côté de chez moi et qui l’a caché ici car elle a une visite surprise de sa gonflante de mère à 6h du matin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Vous n’êtes pas le plus à plaindre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Je mettrai ma main à couper que vous étiez ici à 6h du mat que vous m’avez attendu dans le café en face.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Et je vous ai vu rentrer dans vos guenilles qui vous servent de vêtements, j’avais honte d’être votre mère. (Un temps) Et on dit à 6h du matin, l’heure à laquelle toute personne normalement constituée devrait se lever pour pleinement construire l’œuvre de Dieu et de ses anges sur Terre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Vous voulez un café ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Non merci, j’en ai déjà eu 4 en vous attendant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Droguée en plus. Faites attention, c’est mauvais pour votre tension.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Je n’ai pas d’ordre à recevoir d’un jeune homme qui rentre à moitié nu à 10 heures du matin d’on ne sait quel night-club dégradant et mal fréquenté… Avez-vous conscience que vous me déshonorez tous les jours que Dieu fait avec cette conduite indigne du rang de notre famille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Et c’est reparti pour le complexe de la mère juive.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Ne me compare pas avec cette race-là. Vous savez combien je déteste ça !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Quoi ? Les juifs ou la comparaison ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Oh ! Vous êtes vraiment un rustre. Je me demande parfois si vous êtes bien mon fils.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Plus de Jacques-Henri de la Volière qui tienne, pas vrai ?&lt;br /&gt;Marie-Christine s’assoit sur le divan et éclate en sanglots&lt;br /&gt;Mais qu’ai-je fait, mon Dieu ? Qu’ai-je fait pour mériter ça Seigneur ? (Elle s’agenouille implorante) Dis-moi quel est mon pêché Seigneur et j’avouerai tout ! Je ne mérite pas ça ! Seigneur ! Entends ma prière, je t’en supplie. (Elle regarde Jacques en biais qui ne réagit pas) Regarde-le ! Regarde-le se conduire avec moi ! Seigneur, je t’en prie. Écoute ma prière. Purifie son âme maléfique qui est tombée dans les mains du démon. C’est une brebis égarée qui a besoin de répondre à ton appel. Je t’en prie, Seigneur, je donnerai tout pour retrouver un fils digne qui me rende fière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle s’étale contre le sol en position de prosternation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Arrêtez, on va croire que vous êtes musulmane.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine se relève&lt;br /&gt;Tu es vraiment infâme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Tiens, finis le gros chagrin. Ça s’en va et ça revient, c’est fait de tout petit rien, ça se danse et ça se chante comme une chanson populaire… L’appel de misère de ma pauvre lunatique et complètement folle de MERE !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Jacques-Henri, je vous interdis de me parler comme ça ! Si votre père était là, il vous apprendrait à respecter votre mère !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Il se marrait encore de vos facéties qu’il connaît trop bien. Depuis le temps qu’il vous supporte, c’est lui le Saint homme !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Jacques-Henri ! Je ne vous permets pas de douter de l’amour que votre père me porte. Vous n’avez pas à être jaloux, c’est votre père.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Mais c’est pas vrai ! Voilà qu’elle me ressort le complexe d’Œdipe. Ne vous en faites maman, j’ai dépassé depuis longtemps le stade de l’enfant amoureux de sa mère… Je me demande si je l’ai jamais été étant donné l’amour qu’inspire votre corps et votre personnalité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine s’avance et gifle Jacques&lt;br /&gt;Petit impertinent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Hé ! Je vous interdis de me gifler.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Je suis votre mère, il est de mon devoir de vous corriger. (Elle le gifle une seconde fois) Tiens pour toi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Marie-Christine de la Volière qui fait son cirque et qui nous ennuie avec ses principes de coincée en Cyrillus, j’ai 30 ans ! Tes leçons de vie, je m’assois dessus !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Oh ! Outrage. Infamie. Oh ! Mais qu’ai-je fait…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On sonne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Je vous préviens, si c’est les flics, je leur demande de vous faire enfermer ! Et très vite, vous êtes un danger pour l’humanité ! Parole !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Hm. Ouvrez, vous verrez ! Vous allez voir qui va se FAIRE enfermer !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;C’est qui ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Ouvrez et soyez respectueux, pour une fois dans votre vie… Peut-être que Dieu vous accordera le pardon et vous aurez la rédemption. (Elle ouvre ses bras) Dieu est grand, il peut encore exaucer ce vœu pieux que je prononce.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Elle est folle. Je mérite vraiment pas ça, NON PLUS !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Au moins, nous sommes d’accord sur ce point-là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques soupire et ouvre la porte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Scène 2&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite se tient sur le pas de la porte. Elle montre une croix et entre. Elle l’avance sur le visage de Jacques qui recule. Elle ferme la porte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Notre père qui est aux cieux. Bénis cet enfant. Pardonne-lui ses pêchés. Accordes-lui ton pardon, cette brebis égarée a besoin de ton amour. Pardonne-lui mon père, son âme s’est égarée. Prends pitié de lui. Prends pitié et bénis cette âme qui t’attend. Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. (Elle termine un signe de croix) Amen. (Elle se tourne vers Marie-Christine) Marie-Christine, mon enfant, vous voilà.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Sœur Marguerite. Bonjour. (Elles s’embrassent) Cela me fait tellement plaisir de vous voir. Vous arrivez à point nommé en réalité ; il commençait à devenir violent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite et Jacques&lt;br /&gt;Violent ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Même pas vrai, ma sœur, c’est elle qui m’a giflé la première.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;On ne dit pas « elle » en parlant de sa mère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Mais c’est elle qui a commencé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Et on ne discute pas son tort quand on est aussi effronté que vous !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Mais…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Il n’y a pas de « mais » qui tiennent Jacques-Henri.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Ah non… Vous n’allez pas vous y mettre aussi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite (pointe sa croix)&lt;br /&gt;Jacques-Henri, repentissez-vous et vous serez pardonné. Il est encore temps mon garçon, demandez pardon à votre mère et nous oublierons votre infâme conduite avant de vous mener à l’autel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;À l’hôtel ? Ma sœur, je vous croyais mariée au Seigneur Jésus. Je ne suis pas un peu jeune pour vous ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Honte sur moi. (Elle s’agenouille devant Sœur Marguerite) Pardonnez-lui Sœur Marguerite, il n’a pas toute sa tête, il a dû boire hier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Je vois. Il est temps d’avoir recours aux grands moyens. (Elle sort un bâton de fer de son habit avec un trident au bout et le place sous le cou de Jacques) Demande pardon pécheur, je t’écoute. Il est encore temps. (Elle fait signe à Marie-Christine de se relever. Cette dernière s’exécute et s’approche de Jacques) Confesse-toi devant ta mère et la sœur qui t’ont élevé et nous pourrons te marier avec l’once de dignité que ton sang fou n’a pas encore pourri.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques recule&lt;br /&gt;Oh non… Vous ne me refaites pas le coup de mariage avant la fin de la journée ? (À Marie-Christine) Je croyais qu’on avait dit plus de sujet de mariage ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;C’était avant que la mère de Jean-Eudes de Motemorancy vienne me narguer avec le mariage de son fils.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;En quoi cela me concerne-t-il ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Tais-toi vilain !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;C’était avant que vous déshonoriez Claire Eugénie de Victoire Sainte-Beuve.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Déshonorer ? Mais on est plus au Moyen-Âge…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Tu avoues manant !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;C’était avant que je ne prenne le pari de te marier avant dimanche !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Vous déconnez ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Surveille ton langage, excrément !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine le poing levé&lt;br /&gt;Et foi de Marie-Christine Tiley de la Volière née Joysian de Trémouillère, sainte mère du Chevalier des écuries de St Gervain, je gagnerai mon pari.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite à Jacques&lt;br /&gt;Il y a une bouteille de Chanel n°5 à gagner, une trousse de maquillage Dior avec le dernier lait contre la cellulite et un kit vital jeune de chez Esthée Lauder.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine triomphante&lt;br /&gt;Et le dernier foulard Hermès !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Mais vous êtes malade !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite s’avance la croix sur le visage de Jacques&lt;br /&gt;Il avoue !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques qui recule&lt;br /&gt;Hé ! Mollo, je n’avoue rien du tout. Claire Eugénie de je roule mon cul comme une aguicheuse du 16ème arrondissement, elle est même pas baisable avec ses pois chiches à la place des seins !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Oh ! Mais ne dites pas que c’est mon fils qui vient de prononcer ces mots outrageux et vulgaires. Devant moi en plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;C’est bien lui, j’en ai bien peur. (Elle pointe le trident sous le menton et sort un pic qu’elle pointe sur le ventre de Jacques) Qui es-tu, démon, pour oser parler de la sorte de la gent féminine devant ta mère et devant moi, la Sainte sœur qui t’a élevé ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques recule et s’arrête contre le mur. Il lève les bras.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Calmez-vous ma sœur. Je vous promets que je n’ai pas touché un cheveu de Claire Eugénie. Pas un seul. C’est Gustave qui a conclu avec elle, moi je n’ai rien fait. Je ne sais pas d’où vous tenez cette information…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Mettrais-tu en doute notre source d’information ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Je ne mets rien en doute… Je vous rappelle juste que Claire Eugénie est issue d’une famille qui est en faillite et que notre richesse l’attire avant tout. (Sœur Marguerite relâche son insistance) N’oubliez pas qu’elle veut se faire épouser par le premier célibataire aisé qui passe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite baisse ses armes. Jacques soupire et baisse les bras.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Il a raison. Je l’ai vu à l’œuvre, la Claire Eugénie. Elle a essayé avec Paul-Edouard le mois dernier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Vous voyez… Une vraie pute.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite reprend ses armes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Cela ne vous exempt pas de votre faute. Et je vous interdis de parler d’une femme de cette façon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine s’assoit sur le divan&lt;br /&gt;Qui pourrait convenir ? Il faut absolument le marier avant ce soir…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Avant ce soir ? Mais vous êtes folle ma parole ! (Sœur Marguerite le menace) Ah Merde… (Il lève les bras) Je n’ai rien dis. Je n’ai rien dis. Je rigolais… Tout ce que vous voudrez ma mère, ma sœur et mon Père là-haut qui me regarde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Le voilà qui retrouve le chemin de la raison… Le bon garçon. (Elle range ses armes dans son habit) Il faut dire qu’il serait temps ou vous deux enfants illégitimes ne connaîtront jamais le paradis. Il serait temps de devenir un père digne pour eux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Sœur Marguerite, laissez Théo et Morgane hors de ça. Leurs mères s’occupent très bien de leur rédemption.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Mais qu’ai-je fait ? Qu’ai-je fait pour mériter ça Seigneur ? Ces deux enfants qui portent des prénoms de foire tout droit sortis des séries américaines… Mon Dieu, pardonnez-lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Ce sont leurs mères qui ont choisi et il s’agit de vos petits-enfants, ils portent VOTRE nom de famille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Théo Tiley-Leclerc et Morgane Tiley-Masterni… Je n’entends pas là, mon nom de famille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;La discussion est close. Laissez-les hors de cette conversation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Soit. Qu’il en soit ainsi. (Elle se lève) Maintenant mon fils, tu vas parler.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite sort brusquement ses armes et le plaque en le menaçant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Expie tes offenses et tu connaîtras le nom de ta promise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Le nom de ma promise ? Mais quelle promise ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine s’approche&lt;br /&gt;Celle qui vous épouserez ce soir. Mais avant la cérémonie, vous devez demander pardon, Sœur Marguerite est là pour vous écouter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Mais vous êtes folle ! (Sœur Marguerite porte les deux armes sur son cou) Je retire. Je retire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Il fait des progrès. Vous pouvez partir. Je vais le cuisiner à ma façon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Quoi vous partez ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Oui. Je dois terminer les préparatifs. (Elle prend son sac) Sœur Marguerite s’assurera de votre repenti.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Et vous allez laisser votre fils unique que vous chérissez tant, avec cette folle ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite rugit&lt;br /&gt;Assez, manant, repentis-toi !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques se détache et arrive à s’enfuir. Il est coursé par Sœur Marguerite. Marie-Christine s’approche de la porte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Je vous attends à 20h. Ayez le bon sens de ne pas être en retard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Mère, si vous me laissez avec cette folle, je vous promets de la découper en petite rondelle pour vous l’apporter en salade.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Restez correct Jacques-Henri, je… (On sonne) J’espère qu’il ne s’agit pas d’une de vos nouvelles petites copines ou c’est elle qui va terminer en rondelles, je vous le jure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques se fait prendre par Sœur Marguerite qui le coince contre le mur avec son bâton de fer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Au secours ! À l’aide ! Qui que vous soyez ! Défoncez la porte !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Ecoutez-le crier comme un homosexuel ! Si tu n’avais pas eu deux enfants, j’aurai au moins pu avoir le bénéfice de croire que tu étais un vrai raté !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Mais oui, je suis un raté ! J’assume ! J’avoue ! Je suis une erreur ! Un ravisé ! Un accident ! Je n’aurai jamais dû naître mais, bon sang ! Ouvrez cette porte que l’on voit cette torture que vous imposez à votre propre fils !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Mon propre fils qui m’insulte et me déshonore ! Le Seigneur me pardonnera la guerre juste menée contre le Mal qui court en vous !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques gesticulant&lt;br /&gt;À l’aide ! SOS !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On entend des clés ouvrir. Pierre pousse la porte en grand.&lt;br /&gt;Scène 3&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine tend sa main&lt;br /&gt;Bonjour Pierre, je suis contente de vous voir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre serre la main de Marie-Christine en découvrant Sœur Marguerite tenant Jacques contre le mur&lt;br /&gt;Bonjour Madame, quel plaisir de vous revoir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine ferme la porte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite lâche sa pression sur Jacques qui tombe à terre&lt;br /&gt;Bonjour Pierre. (Elle lève les bras et serre Pierre chaleureusement dans ses bras) Alors, Pierre Junior est en route ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Euh… On y arrive.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Quoi ? Pas encore enfourné ? Il faut y aller mon grand ! Repeupler la race catholique de France et plus vite que ça ! Je ne vais pas te montrer le mode d’emploi comme même ! Faut faire crier dans la chaumière et que ça roule !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Oh ! Sœur Marguerite, vos images me feront toujours rougir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;C’est qu’il faut y aller. Un an de mariage, vous prenez du retard pour les 11 suivants…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Évidemment ma sœur… Je suis assez surpris de vous voir ici en vérité. Quel bon vent vous amène chez Jacques ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques s’est relevé péniblement et passe pour s’asseoir sur le canapé. Il salue Pierre, courbé de douleurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Nous venions nous assurer que le marié serait présent ce soir. Vous imaginez une soirée sans l’heureux élu ? On aurait l’air un peu ridicule.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Évidemment… Cela ne serait pas très approprié.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Quoi que cela m’est arrivé en 1978. Le marié, qui était un garçon de très bonne famille, je peux vous l’assurer…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Et comment s’appelle l’heureuse élue, j’ai dû perdre le faire-part ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;C’était Claire Eugénie de Victoire Sainte-Beuve… Enfin, jusqu’à ce que Jacques soumette à mon attention, l’attitude un peu volage de cette jeune fille et…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Et ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Nous sommes à court de fiancée pour ce soir. (Elle soupire)&lt;br /&gt;Un temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;La petite Anne-Caroline peut-être ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Non, sa mère m’a confié qu’elle allait la fiancer à Jean-Emile Motte de la Pique dans deux semaines.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Ah… Ennuyeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Écoutez Mesdames. Puisqu’il semble que vous soyez à court de jeunes filles pour ce soir, laissez-moi m’occuper de trouver la mariée et, en prime, de vous amener le marié à l’heure pour votre dîner de ce soir. C’est entendu ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Oh ! Vous feriez ça ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Ce Pierre, quel homme !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Vous m’enlèveriez une belle épine du pied en vérité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Je m’occupe de tout. Je vous assure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Vraiment ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Oui, tout. Vous préparez la salle, les petits-fours et ce soufflé au citron que vous savez si bien faire. Et vous, Sœur Marguerite, vous nous préparez un livret de chants pour donner un peu de spiritualité au dîner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite qui trépigne&lt;br /&gt;Je peux intégrer un Salve Regina en latin ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Bien sûr. Tout ce que vous voudrez.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Oh ! Pierre, vous êtes un ange. Si Astrid ne vous avait pas épousé, je vous aurai bien croqué au fond du jardin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Sœur Marguerite !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;J’ai dit « si »… C’est bien connu qu’avec des « si », on aurait mis Paris en bouteille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Oui. Certes. Mais tout de même, vous êtes une servante du Seigneur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre qui ouvre la porte&lt;br /&gt;J’avais compris la plaisanterie de Sœur Marguerite. Madame Tiley de la Volière, ne vous en faites pas, je m’occupe de tout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine (A Jacques)&lt;br /&gt;Vous entendez, lui au moins, il m’appelle par mon nom !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Oubliez-le ! Il est déjà en train de choisir sa fiancée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine prend les mains de Pierre&lt;br /&gt;Pierre, je ne sais pas comment vous remercier...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;En nous préparant une belle fête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il les pousse discrètement hors de la porte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;À 20 heures pile ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Pas une seconde de plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;À tout à l’heure, bel enfant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Oui, à tout à l’heure ma sœur. Marie-Christine, j’attends votre soufflé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Christine&lt;br /&gt;Oh ! Pierre ! Vous êtes… Oh ! Oui. À tout à l’heure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre ferme la porte.&lt;br /&gt;Scène 4&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques est allongé sur le canapé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Hé Jacques ? Ça va ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Hm. Je me demande seulement laquelle des deux est la plus timbrée...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Bon. Tout va bien. Je te fais un café. (Pierre s’avance dans la cuisine et prépare un café) Alors, quel est le crime cette fois-ci ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Cette poufiasse de Claire Eugénie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Quoi ? Je croyais qu’elle n’était pas à ton goût.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Elle n’est pas à mon goût. Plate comme une limande et un cul en gélatine. Beurk. Tu sais bien que j’ai plus de goût que « ça » comme même !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Alors, pourquoi vaut-elle une nouvelle opération « mariage en urgence » ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques se lève&lt;br /&gt;Sais pas. Elle n’a pas dû avaler que je repousse ses avances. Vengeance féminine… Toutes des salopes… Je te l’ai toujours dit, toutes des salopes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre tend son café à Jacques&lt;br /&gt;Bien. Je me passerai de commentaires… Car je te l’ai toujours dit, tant que tu ne respecteras pas les femmes, tu…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;N’obtiendras rien de bon dans ta vie. (Il avale une gorgée et va s’asseoir sur le canapé) C’est bon. Je suis très heureux avec ma vie, pas besoin de nana pour me crier dans les pattes ce que je dois faire. Qui m’obligera à faire la vaisselle le soir, m’obligera à acheter des chaussettes noires et non pas à carreaux… Bref qui me mènera une vie de chiens et qui me fera mourir avant l’heure. « Le célibataire vit comme un roi et meurt comme un chien, alors que l’homme marié vit comme un chien et meurt comme un roi. » Jean Anouilh le disait bien, le principal, c’est de vivre. M’en fous de mourir comme un chien, moi… (Un temps. Il vibre d’une peur soudaine) Ah ! Zut, il ne fallait pas me parler de mort ! Je déteste ça (Il se lève et voit Pierre tapant des messages sur son portable) Tu m’as écouté ou tu étais trop occupé à dialoguer avec ta maîtresse ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Contrairement à ce que tu crois, il existe des hommes fidèles qui aiment leurs femmes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Ouais, on en reparlera dans 10 ans quand elle ne te fera plus l’amour parce qu’elle a déporté toute son attention sur ses enfants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Il faudrait que tu dépasses la barrière femme = mère ou maîtresse, tu sais. C’est pour les adolescents, ça… Grandis un peu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Tu écris à qui ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;À ma maîtresse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Ah tu vois, j’avais raison.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Qui s’appelle aussi Madame Pierre Dubreuil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques se rembrunit&lt;br /&gt;Très drôle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Ma femme est tout à la fois : mon amie, ma maîtresse, ma femme, ma confidente, ma…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Oui. Bon, on change de sujet ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Ton mariage nocturne te plaît davantage ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;La ferme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Non. Tes deux enfants avec leurs deux mères complètement givrées alors ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;La ferme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Toujours pas ? Claire alors ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Si c’est pour me ressortir le chapitre sur ma vie et mon amour, tu peux rentrer chez toi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Je vois...  Ça change de la ferme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;La ferme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;De toutes les façons, le jour où tu auras les couilles de changer ta vie, on le saura.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Et on appelle ça un ami… Son MEILLEUR ami.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Je n’y peux rien si tu tombes dans l’amertume et le cynisme à force d’être un vieux célibataire endurci.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques se lève dignement&lt;br /&gt;Je suis un homme libre moi monsieur ! Je n’appartiens pas à une vieille rombière qui me demande de repasser mes chemises et m’empêche de sortir le soir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Laisse tomber Jacques, je n’ai pas envie de t’expliquer ce qu’est vraiment le mariage et la vie auprès d’une seule femme, je sais que c’est inutile.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Bien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Bien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques s’assoit et tape nerveusement sur ses genoux&lt;br /&gt;Alors elle arrive ta super woman qui va sauver la situation ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Qui te dit qu’elle viendra.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;C’est ce que tu fais en général. Appeler maman Astrid au secours… Et après tu m’assures que le syndrome maman – maîtresse a été dépassé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Etant donné ton attitude, je ne suis pas sûr qu’elle doive venir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;C’est ça… Epargne-nous de sa présence, on se sentira mieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre se racle la gorge&lt;br /&gt;Et alors, quelle est  ta solution ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Bombarder le château de ma mère, faire exploser Saint Pierre et toutes les églises du monde qu’on entende plus parler de la religion et ses conneries, m’amener Eva et que je lui fasse l’amour comme un chacal car elle a bien mérité cette cochonne… Hé Hé. C’est qu’elle a des gros nénés, Eva. Bien galbés en plus. Tu les tiens dans tes mains…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Jacques, si tu es en manque, va dans la salle de bain, ouvre ton dernier play-boy et fais-toi plaisir. Moi, je n’ai pas envie d’entendre les exploits de tes dernières galipettes, compris ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques se lève&lt;br /&gt;Excellente idée, je m’en vais retrouver mon ami ! Mon UNIQUE ami ! Gary Cole ! Lui seul qui LUI, a tout compris du secret de mes fantasmes féminins !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;C’est ça. Et pendant ce temps-là, le grand frère gère la crise du petit dernier trop gâté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Je suis fils unique moi, Monsieur. Je m’assume depuis longtemps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre qui regarde l’état de son appartement&lt;br /&gt;Il suffit d’être ici pour s’en convaincre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Tu sais Pierre, jusqu’à hier, tu bénéficiais encore du titre de meilleur ami. C’était hier… Et si c’était demain…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Oui ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Et bien je ne choisirai pas ce titre pour te définir !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Non. Mais si c’était demain, je t’enverrai dans un vaisseau vivre sur une nouvelle terre où tu resteras seul pour que tu n’aies plus à me pourrir MA VIE… (Jacques s’avance et tend sa main) Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;J’accepte.À l’unique condition que je puisse emmener Eva et des Play-Boy avec moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On sonne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Tu es incorrigible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il se dirige vers la porte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Je te préviens. Si c’est ton Astrid, je fais une crise de tachycardie sur place.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;La tachycardie est une maladie qui ne se crée pas, Jacques. Et ça ne peut pas être Astrid, elle n’est pas invitée à venir, tu as oublié ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Tu crois que c’est Eva ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Il suffit d’ouvrir pour le savoir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Attends, attends ! (Il met ses mains sur ses tempes) Faites que ce soit Eva. Faites que ce soit Eva. Eva en minijupe et en haut rose moulant sur sa poitrine… Oh oui, oui. (Il se déhanche) Eva et sa poitrine… Ça me donne bonne mine. Bonne mine et je mets la turbine pour lécher ses mimines… (Il s’arrête en position de judo) Soit. (Il se détend) C’est bon, tu peux ouvrir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;C’est bon ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Oui. Je te préviens, je lui saute dessus, tu auras juste le temps de déguerpir qu’elle gémira déjà dans mes bras.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Bien. Je vois. (Il ouvre)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Scène 5&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite entre, plongée dans la lecture de lettres. Elle se dirige vers le centre de l’appartement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Non, ce n’est pas Eva.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Zut ! Mon karma n’est vraiment pas avec moi en ce moment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il s’écroule sur le canapé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite à Pierre&lt;br /&gt;Ce n’est pas Astrid non plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Je lui ai pourtant demandé de venir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Ce n’est pas avec votre plan traditionnel que nous allons gagner notre pari.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre et Jacques qui se lève&lt;br /&gt;Notre pari ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre à Jacques&lt;br /&gt;Quel pari encore ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Ma mère. Une vague histoire de foulard Hermès.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Et une bouteille de Chanel n°5 à gagner, une trousse de maquillage Dior avec le dernier lait contre la cellulite et un kit vital jeune de chez Esthée Lauder.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Je vois. Et Astrid est exclu du dispositif pari et urgence mariage ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Pierre, vous êtes un bon petit, mais cette histoire ne relève pas de votre compétence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Oh, comment que c’est envoyé ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre et Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Tais-toi toi !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques se cache derrière le canapé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Et Astrid alors ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite qui s’assoit sur le fauteuil en passant ses mains sur sa robe&lt;br /&gt;Je l’ai affecté à une autre direction.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Pardon ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Action, organisation. L’opération « Marions Jacques » mérite stratégie, gestion, compétence et expertise. Moi, quoi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Je vois. Et c’est quoi le plan maintenant ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Un peu de lecture.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques et Pierre&lt;br /&gt;De lecture ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite sort des lettres&lt;br /&gt;Taisez-vous et écoutez. Pierre, assis !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle fait un geste et Pierre s’assoit immédiatement. Sœur Marguerite lit une lettre&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;« En réponse à votre annonce de mariage, je me permets de me présenter. Je m’appelle Marie, j’ai 22 ans, je suis vierge et je fais des études d’infirmière. Mon but dans ma vie est d’élever, comme vous, mes quatre enfants dans le respect des valeurs catholiques qui m’ont été enseignées. » (À Pierre) Pas mal, hein ? Je l’invite ? (Elle dépose une photo sur le canapé pour Jacques) Regarde Manant. Tout de suite !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques s’est réfugié sous un coussin&lt;br /&gt;Qu’on me laisse tranquille, je suis un naufragé de l’amour, on ne peut plus rien faire de moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Tu ferais mieux de coopérer Don Juan éperdu, Madame Tiley de la Volière ne se laissera pas faire, cette fois-ci j’en ai bien peur (Elle sort son fer et pique les fesses de Jacques. D’une voix aiguë) Et moi non plus d’ailleurs. (Rires sournois)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques qui a sursauté s’assoit sur le canapé&lt;br /&gt;Ma sœur, ne voyez vous pas que je suis une brebis égarée qu’il est impossible de convertir ? Laissez tomber, vous avez suffisamment perdu de temps avec moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;J’ai perdu du temps avec toi, Jacques-Henri c’est vrai… Mais je ne veux pas l’avoir perdu pour rien ! Nous te marierons, ce soir, quoi que tu dises ou fasses… Mon vieux, tu es cuit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Vous écoutez-vous ma sœur ? Est-ce une manière de parler ma sœur ? Est-ce là le comportement digne d’une servante du Seigneur ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Cours toujours tu m’intéresses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Ma sœur !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite lit&lt;br /&gt;« Catholique, diplômée de maîtrise d’Histoire de l’art, j’aspire à devenir conservatrice de musée et mère au foyer. Votre annonce m’a beaucoup touchée et c’est avec une certaine hardiesse que j’y réponds dans l’espoir de vous rencontrer, un jour, peut-être, au café Deux Magots, comme vous le proposez si galamment dans votre message… Contactez-moi au 06 58 99 25 06. Cécile. » Tiens, sa photo. Moins godiche que l’autre… Elle ne précise pas si elle est encore vierge mais étant donné la situation, nous pouvons nous montrer plus compréhensif, non ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques regarde la photo&lt;br /&gt;Jolie. Pour une catholique. (Il donne la photo à Pierre) Mais dites-moi ma sœur, n’étiez-vous pas censé préparer mon carnet de messe de mariage ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Pas de messe sans mariée. Je viens vous en trouver une. C’est que je vous connais tous les deux. La même combine à chaque fois… Sauf que cette fois-ci, mes cocos, vos facéties ne suffiront pas… Marie-Christine est décidée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Et ces lettres vont nous aider, ma sœur ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Candidates désespérées seulement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre et Jacques&lt;br /&gt;Pardon ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Celle-ci me semble parfaite, écoutez : « Je m’appelle Hélène. Je suis enceinte d’un homme marié et ma famille ne tolèrera pas un bébé hors mariage, vous êtes candidat ? On divorce dans un an dès que mon amant se sera séparé de sa grue de femme. Appelez-moi. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Elle s’est fait avoir Hélène !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Evidemment. L’homme s’est joué d’elle, il ne la quittera pas pour elle mais au moins, elle veut se marier… Cela veut dire qu’elle voudra, même avec vous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Vous voulez quoi, que je joue au salop qui profite d’elle ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Tu es assez bon dans ce rôle-là pourtant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Je n’ai jamais menti.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite tend la photo&lt;br /&gt;Pas très jolie Hélène.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Sœur Marguerite, si vous croyez que je vais me marier comme ça, à n’importe qui, vous rêvez.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;C’est ça où je fais entrer dix candidates et vous devez en choisir une pour repartir avec.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Cela pourrait être une solution.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques éjecte le coussin dans le salon&lt;br /&gt;Jamais de la vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Du calme, fils.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Imagine, seulement, mon ami. Imagine ! Imagine un instant Pierre. Si elles sont dix, vingt, trente, toutes habillées comme cette maman de Cyrillus à peine âgée de 20 ans ! Tu ne sais pas quels dégâts elles peuvent causer à ma réputation si on les voit toutes rentrer dans mon appartement !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Alors, bon pour Hélène ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques (à Pierre)&lt;br /&gt;Appelle Astrid, je t’en supplie… Qu’elle sorte l’artillerie lourde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Sœur Marguerite, a-t-on une autre solution ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite tend les photos&lt;br /&gt;Choisissez ! Maintenant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Dites-moi que c’est un cauchemar. C’est un cauchemar. Je vais me réveiller. Pince-toi Jacques, Pince-toi, tu vas te réveiller. (Il se pince et voit Sœur Marguerite qui sort son fer) Ce n’est pas un cauchemar !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il éclate dans un sanglot hypocrite et bruyant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Sœur Marguerite, je vous assure… Nous allons trouver une solution. Il y en a forcément une !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite regarde sa montre&lt;br /&gt;Oui. Elle arrive dans 5 minutes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Laquelle ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite pointe le public&lt;br /&gt;Et si vous croyez que je vais leur dévoiler la suite, vous rigolez !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Mais elle parle à qui là ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Vous avez une solution ? Une vraie ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Je vous assure, j’ai la solution !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Je vous en supplie, ne me torturez plus. Je suis un bon serviteur du seigneur. Dites-le-moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite fait la moue puis lui dit d’approcher. Pierre se penche. Sœur Marguerite lui murmure à l’oreille quelques mots. Sourire béat de Pierre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Vous êtes un génie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Qu’est-ce qu’elle a dit ? Qu’est-ce qu’elle a dit ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;« Elle » vous dit : fais allégeance manant, je t’ai trouvé une solution 100% garantie bonheur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Je me disais que ce n’était pas votre genre de vouloir marier Jacques à une jeune fille pure et naïve…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;En effet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Vous savez bien que je ne le méritais pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Elle vous aurait pourtant regardé pourtant avec ses grands yeux d’enfants, persuadée d’avoir rencontré le bon…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Quelqu’un de bien l’attend pourtant, ce n’est pas moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite range son fer&lt;br /&gt;Je sais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Je ne suis pas le salop que vous pensez.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Je ne le pense pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Bien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Ce qui confirme que tu as besoin d’aide.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Hé ! Est-ce qu’il y a marqué « aidez-moi » sur mon front ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre et Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Oui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Sortez de chez moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Ecoutez-le, celui-là qui l’on offre le bonheur, qui crache dessus avec son venin, incapable de déguster comme il se doit. Tous pareils, les êtres humains, le bonheur face à eux et ils se laissent aveugler par le malheur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Ne vous inquiétez pas Sœur Marguerite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Je n’ai rien compris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Le contraire nous aurait étonné.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On sonne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Alors ? Quel est le plan ?&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Si seulement je savais… Avec toi, impossible d’établir un plan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Et pourtant, quelqu’un attend derrière cette porte. Il est là pour me sauver, pas vrai ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Personne ne peut te sauver Jacques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Tant mieux. Alors je vous préviens, si c’est Eva, vous partez. Et si… Si c’est une vierge en folie ou votre plan SOS Jacques, je m’en vais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Chiche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques s’approche de la porte&lt;br /&gt;Vous m’énervez.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite confiante&lt;br /&gt;Ouvre et tais-toi.&lt;br /&gt;Scène 6&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire se tient sur le pas de la porte.&lt;br /&gt;Silence.&lt;br /&gt;Elle entre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Bonjour Pierre. Jacques. C’est Astrid qui m’a demandé de venir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques sort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Courageux l’étalon. Le voilà qui s’en fuit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Je vais le chercher.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Faites donc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre sort.&lt;br /&gt;Scène 7&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire entre et ferme la porte derrière elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Asseyez-vous. (Elle désigne le canapé. Claire s’assoit) Bien. Que vous a dit Astrid ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Elle m’a parlé d’une histoire de pari et de mariage arrangé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Et cela t’arrange ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Oui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite murmure pensive&lt;br /&gt;Tu ne préfères pas l’amour ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Pardon ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Pourquoi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Raisons professionnelles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Quoi, tu es devenue lesbienne et tu n'as pas osé l’avouer à ta mère ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Non Sœur Marguerite, je suis hétérosexuelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Et alors ? Quoi ? Tu en as assez qu’on te traite de Catherinette, c’est ça ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Non plus Sœur Marguerite. Je suis célibataire, hétérosexuelle et femme qui s’assume.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Et comment en es-tu arrivée là, une jolie fille comme toi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;C’est vieux comme le monde, oui ! Ça s’appelle, la société post-chrétienne et macho du monde du travail français.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Un sous-titrage est nécessaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Mais dans une entreprise, pour une femme, ce n’est pas bien compliqué Sœur Marguerite... Soit elle est madame « je couche avec tout le monde » type promotion canapé… L’image parfaite de la maîtresse non assumée. Soit elle est la maman qui a trois enfants et qu’on respecte parce qu’elle est mariée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;À ce point-là ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Disons que j’ai besoin d’une augmentation et d’une nouvelle affectation rapide. Le statut marié est bien vu… C’est ça ou je couche avec le patron et comme le patron est un vers gras et laid, je préfère le mariage arrangé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Mais pas d’enfants ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Je suis stérile.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Pour de vrai ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Je le serai pour mon travail, c’est largement suffisant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Je vois. Je ne suis pas sûre d’être convaincue par cet argument-là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle se lève.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;C’est pourtant la vérité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Bien sûr mon petit… Mais si vous ressentez encore des sentiments pour Jacques, laissez-moi vous avertir, il est plus renfermé qu’une huître.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Je ne suis pas amoureuse de Jacques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite prend le visage de Claire dans ses mains&lt;br /&gt;Tu sais qu’il ne te mérite pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire se détache et se lève&lt;br /&gt;Je ne suis pas amoureuse de lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite se détache&lt;br /&gt;Il a de la chance le bougre… La vie est absurde parfois.&lt;br /&gt;Scène 8&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre entre avec Jacques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite levant les bras&lt;br /&gt;Et voilà notre fiancé !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Si vous croyez que je…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Tu restes, tu te tais et tu exécutes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques tressaillit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Je n’arrive pas à croire que tu aies encore peur d’elle. Elle t’a vraiment traumatisé au lycée, pas vrai ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;PAS DU TOUT. (Sœur Marguerite pousse un cri sadique. Jacques sursaute) Mais ça ne va pas !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Très bien et toi chéri ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Vous êtes folle !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Je faisais un petit test.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Qui a très bien fonctionné.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite sort son pic&lt;br /&gt;Assez parlementé. (Elle menace avec son pic et pointe le devant de la scène) Maintenant on danse !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle frappe le sol et ordonne à Claire et Jacques de s’avancer. Elle tend un CD à Pierre qui le met dans la chaîne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Vous êtes prêt ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques à Pierre qui enlève des affaires autour de la chaîne&lt;br /&gt;Tu fais quoi, tu es femme de ménage maintenant ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Suffit. (La musique commence) Hum. J’adore.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Voyons, Marguerite, pas ce soir, vous savez que le mercredi, c’est Eva.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre arrête la musique&lt;br /&gt;Mais tu t’écoutes ! Un peu de respect vis-à-vis d’une sœur de l’Eglise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Ecoute-toi toi ! Tu as pris la grosse tête depuis ton mariage ! En plus de prendre du ventre, pauvre quinqua avant l’heure !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre sort le pic de l’habit de Sœur Marguerite et lui tend en regardant Jacques&lt;br /&gt;Il est à vous.&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Il est à moi, pour ce soir… (Jacques veut s’écarter) Hé, pas si vite, mon tout beau. (Elle pointe le pic dans le dos de Jacques qui lève les mains pour se rendre) Par ici, jeune étalon. L’herbe y est plus verte vois-tu…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques accepte sous la menace de prendre Claire dans ses bras.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire ironique&lt;br /&gt;Merci Sœur Marguerite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Vous l’avez voulu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;C’est une affaire qui m’arrange.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Avez-vous conscience de ce que vous vous apprêtez à faire ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Les  mariages blancs sont plus courants que vous ne le croyiez.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Bien. Si vous êtes décidé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle fait signe à Pierre.&lt;br /&gt;Pierre s’exécute. Sœur Marguerite dégage le devant de la scène et prend Jacques et Claire par la main. Celui-ci sursaute.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Allez mon petit, il serait temps de dépasser vos peurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Quelle peur ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite les place. La musique de In the Mood for Love se lance.&lt;br /&gt;Dansez.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques tressaillit&lt;br /&gt;Pardon ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Dansez.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Sœur Marguerite, je ne suis pas sûre que cela soit une bonne idée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Vous aussi, dansez.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire tressaillit, ce qui fait rire Jacques&lt;br /&gt;Moque-toi, tiens… Tu es dans la même situation que moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Justement, c’est ça qui est insultant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils débutent. Jacques fait exprès de marcher sur le pied de Claire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Oh l’abruti !&lt;br /&gt;Jacques se tord de rire en voyant Claire sauter sur place. Il tombe sur le canapé. Pierre arrête la musique et le regarde méchamment. Jacques prend son regard avec défi et se relève. Il appuie sur la chaîne, prend Claire dans ses bras et exécute une valse parfaite. Il s’arrête, Claire semble sous son charme. Elle se reprend en se rhabillant à distance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques (à Pierre et Sœur Marguerite)&lt;br /&gt;Satisfait ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Oui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite applaudit&lt;br /&gt;Mieux. Beaucoup mieux. En net progrès.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Cela ne fait pas de moi un homme marié.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Pardon ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Vous pouvez m’obliger à danser avec l’autre guenon, mais votre mariage arrangé, je vous le colle où je pense.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre et Claire&lt;br /&gt;Pardon ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Tu parlais de qui, tu crois là ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Jacques, réfléchis…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques s’est approché de la chaîne et enclenche la musique du Full Monty&lt;br /&gt;C’est tout réfléchi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il exécute une chorégraphie aguicheuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Je suis un homme libre et je le resterai.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il continue et la musique baisse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques (à Pierre)&lt;br /&gt;Compris, monsieur mariage arrangé ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre&lt;br /&gt;Tu es vraiment qu’un idiot.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il sort en claquant la porte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Scène 8&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire prend son sac et veut sortir. Sœur Marguerite la retient.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Non, non ! Toi, tu restes là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Non, elle sort et vous aussi. Je voudrais recevoir mes copines maintenant. Exercer ce que tout mâle a besoin d’exercer à partir d’une certaine heure de la journée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Charmant. Mais croyez-le ou non, il y a une solution pour votre cas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Mon cas ? Quel cas ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Le vôtre, Jacques. Sous cette allure de salop coucheur jouissif, joueur et faussement libre que vous affichez, je sais qu’il reste encore, le Jacques gentil et humain qui a, un jour, existé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Sœur Marguerite, la psychologie n’est pas du domaine de l’Eglise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Soit. Peut-être. Elle est néanmoins du domaine de l’être humain et j’en suis toujours un. Souvenez-vous Jacques… Ce n’est pas si loin que ça Jacques. Souviens-toi… (Elle regarde Claire) Pas si loin que ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite prend les clés de l’appartement et s’avance près de la porte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Excusez-moi Sœur Marguerite, mais que faites-vous ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;Je vous enferme. Je reviendrai dans deux heures. Je veux voir ce morceau de flamme qui est revenu dans vos yeux, le temps de cette demière valse, s’enflammer… Pour que ce soir, nous rentrions chez nous, heureux d’avoir marié un homme et une femme que le ciel avait promis l’un à l’autre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire et Jacques&lt;br /&gt;Pardon ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sœur Marguerite&lt;br /&gt;À tout à l’heure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle claque la porte et elle ferme le verrou. Claire se précipite, mais il est trop tard. Elle regarde Jacques qui lui sourit avec un air intéressé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire&lt;br /&gt;Oh non ! Ce n’est pas vrai. Enfermée par une sœur catholique dans l’appartement d’un obsédé sexuel. (La lumière s’éteint) Claire tu ne pouvais vraiment pas tomber plus bas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques&lt;br /&gt;Voyons, chérie, la nuit ne fait que commencer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire crie. Mouvements. Le corps de Jacques tombe par terre&lt;br /&gt;Jacques, ça va ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fin de l’acte I.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2045635635459388620-8935239031230375156?l=galicismos-suite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/feeds/8935239031230375156/comments/default' title='Enviar comentarios'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/2009/05/le-gigolo-par-amour-de-celine-herve.html#comment-form' title='0 comentarios'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2045635635459388620/posts/default/8935239031230375156'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2045635635459388620/posts/default/8935239031230375156'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/2009/05/le-gigolo-par-amour-de-celine-herve.html' title='&quot;Le gigolo par amour&quot; de Céline Hervé-Bazin (acte I)'/><author><name>galicismos</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2045635635459388620.post-6393311466546535594</id><published>2009-05-15T09:10:00.001-07:00</published><updated>2009-06-01T01:58:40.196-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Ennemonde'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='libros'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='en français'/><title type='text'>L’homme qui plantait des arbres</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_xBn29pqYX54/SiOX7j_EPcI/AAAAAAAAAjQ/QtdkAVYcCvE/s1600-h/back_plantait%5B1%5D.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5342280632519376322" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 131px; CURSOR: hand; HEIGHT: 200px" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_xBn29pqYX54/SiOX7j_EPcI/AAAAAAAAAjQ/QtdkAVYcCvE/s200/back_plantait%5B1%5D.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Le personnage principal, lui, n’a pas refusé. Il va, à la fleur de l’âge, à la rencontre de la volonté des Etats. Il apprend à connaître le froid du métal, la terreur des nuits sur le qui-vive, les bruits du canon. L’odeur des gaz, le contact de la boue, les couleurs du sang. Les cris d’assaut des attaquants et ceux, d’agonie, des mourants : la volonté de tuer. Il fait partie des milliers de jeunes et moins jeunes envoyés, peu importe sur quel front, à la guerre de 1914 – 1918. Son expérience est plus vraie que celle du papier, et pour cause : le vécu de l’auteur guide la plume.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’essentiel de la nouvelle repose sur cet événement universel, cyclique, profondément humain et pourtant à peine évoqué. Quoi de plus banal qu’une guerre. Quoi de plus tu. On a peur de la guerre. Elle arrive sans prévenir ou couve en permanence. On en parle à mi-voix ou de manière sous-entendue. On s’y habitue et on voudrait l’oublier. On y vit, on y naît parfois, comme on y meurt. On la fuit - comme l’auteur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme ce personnage principal qui, sorti vivant de la Première Guerre Mondiale, revient sur les chemins de ses anciennes escapades. Sur ce morceau de Provence autrefois désertique, dans cette solitude d’une région peuplée par le seul vent et la sécheresse. C’est un morceau de terre imaginaire. Qui l’a connue ? L’auteur, peut-être. Terre qui rend fous ceux qui y vivent, projection d’un phénomène dans un lieu inventé : une terre grise, sèche et morte comme la guerre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le personnage revient sur ce morceau de néant. Sept ans auparavant, en 1913, il y avait rencontré un homme énigmatique : un étrange berger solitaire vivant avec son chien et ses moutons. Son mode de vie était simple, mais respirait l’ordre et l’harmonie. Le toit de sa maison était fort comme une grève : il arrêtait les hurlements du vent comme le sable sur lequel les vagues viennent se briser. L’homme parlait à peine, mais en sa compagnie, le jeune homme perdu avait trouvé un bien-être apaisant : un silence de plénitude.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant, un détail l’avait intrigué plus que tout : au soir, à la chandelle, le berger avait sorti un sac de glands qu’il avait étalés sur la table. Puis, un par un, il les avait minutieusement étudiés, de manière à séparer les bons des mauvais. Une fois obtenu un tas assez important de bonnes semences, il avait constitué dix petits tas de dix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le lendemain, le jeune homme avait vu le berger, avec une patience et une abnégation admirables, planter un à un ses glands dans le sol de cette terre désertique. Il en plantait, expliqua-t-il, cent par jour. Cela ferait, dans quelques années, et en comptant les pertes, plusieurs milliers de jeunes arbres verts recouvrant l’actuelle solitude battue par les vents. Pourquoi faisait-il cela ? Le berger avait tout simplement trouvé, dans cette activité solitaire, une manière de continuer à vivre après la disparition de son épouse et de son fils. Une activité loin des hommes, parfois si monstrueux ; près de la terre, souvent si belle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Les hommes peu[vent] être aussi efficaces que Dieu dans d'autres domaines que la destruction ». Avec cette nouvelle écrite dans une langue dont la simplicité fait toute la beauté, Jean Giono signa en 1953, dans la lignée de son engagement pacifiste, un manifeste contre les guerres – mais aussi une œuvre qui respire, comme son mystérieux berger, la plénitude.&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_xBn29pqYX54/SiOXKUK79sI/AAAAAAAAAjI/MaHIYEJnZiU/s1600-h/homme%2520plantait%2520%2520des%2520arbres%2520%5B1%5D.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5342279786460608194" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 135px; CURSOR: hand; HEIGHT: 200px" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_xBn29pqYX54/SiOXKUK79sI/AAAAAAAAAjI/MaHIYEJnZiU/s200/homme%2520plantait%2520%2520des%2520arbres%2520%5B1%5D.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Peu de choses suffisent au bonheur, dit-on. En effet il suffit de lire cette nouvelle, pour se sentir immédiatement mieux. Le Canadien Frédéric Back l’a bien compris, qui a rendu ce merveilleux texte plus accessible encore, par une adaptation en film d’animation en 1987&lt;a title="" style="mso-footnote-id: ftn1" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=2045635635459388620#_ftn1" name="_ftnref1"&gt;[1]&lt;/a&gt;. On peut vérifier, en regardant ce court-métrage de trente minutes disponible gratuitement sur internet&lt;a title="" style="mso-footnote-id: ftn2" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=2045635635459388620#_ftn2" name="_ftnref2"&gt;[2]&lt;/a&gt;, que le style du dessinateur, les couleurs, la voix de l’acteur Philippe Noiret prêtée au narrateur et la mise en scène ont merveilleusement respecté l’esprit de la nouvelle de Jean Giono. Faites une pause… en lisant&lt;a title="" style="mso-footnote-id: ftn3" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=2045635635459388620#_ftn3" name="_ftnref3"&gt;[3]&lt;/a&gt; ou regardant L’homme qui plantait des arbres, et découvrez un beau récit qui aide à surpasser les tragédies universelles et individuelles : un récit transmetteur de paix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a title="" style="mso-footnote-id: ftn1" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=2045635635459388620#_ftnref1" name="_ftn1"&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;[1]&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt; Oscar du meilleur film d’animation au Los Angeles Animation Celebration (Etats-Unis), Grand Prix du Festival international du cinéma d’animation d’Annecy (France), Grand Prix du Festival international d’animation d’Hiroshima (Japon), Prix du meilleur court-métrage au 6ème Festival du cinéma international de Québec (Canada).&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;a title="" style="mso-footnote-id: ftn2" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=2045635635459388620#_ftnref2" name="_ftn2"&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;[2]&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt; Film sur Daily Motion en français :&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;a href="http://www.dailymotion.com/related/1422676/video/xuhkt_1-lhomme-plantait-des-arbres-giono_shortfilms"&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;http://www.dailymotion.com/related/1422676/video/xuhkt_1-lhomme-plantait-des-arbres-giono_shortfilms&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt; (première partie)&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;a href="http://www.dailymotion.com/related/1422461/video/xuhqs_2-lhomme-plantait-des-arbres-giono_shortfilms"&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;http://www.dailymotion.com/related/1422461/video/xuhqs_2-lhomme-plantait-des-arbres-giono_shortfilms&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt; (deuxième partie)&lt;br /&gt;Sur Video Google en anglais (dans Video Google chercher « manwhoplantedtrees.avi ») :&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;a href="http://video.google.com/videoplay?docid=-3054591722959921426&amp;amp;q=%22the+man+who+planted+trees%22&amp;amp;total=12&amp;amp;start=0&amp;amp;num=10&amp;amp;so=0&amp;amp;type=search&amp;amp;plindex=3"&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;http://video.google.com/videoplay?docid=2926032018049266053&amp;amp;q=%22the+man+who+planted+trees%22&amp;amp;total=12&amp;amp;start=10&amp;amp;num=10&amp;amp;so=0&amp;amp;type=search&amp;amp;plindex=0&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a title="" style="mso-footnote-id: ftn3" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=2045635635459388620#_ftnref3" name="_ftn3"&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;[3]&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt; Texte sur Wikisource.org en français :&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;a href="http://fr.wikisource.org/wiki/L%27Homme_qui_plantait_des_arbres"&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;http://fr.wikisource.org/wiki/L%27Homme_qui_plantait_des_arbres&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;Sur Pinetum.org en espagnol ou en anglais :&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;a href="http://www.pinetum.org/GionoES.htm"&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;http://www.pinetum.org/GionoES.htm&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2045635635459388620-6393311466546535594?l=galicismos-suite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/feeds/6393311466546535594/comments/default' title='Enviar comentarios'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/2009/05/lhomme-qui-plantait-des-arbres.html#comment-form' title='0 comentarios'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2045635635459388620/posts/default/6393311466546535594'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2045635635459388620/posts/default/6393311466546535594'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/2009/05/lhomme-qui-plantait-des-arbres.html' title='L’homme qui plantait des arbres'/><author><name>galicismos</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_xBn29pqYX54/SiOX7j_EPcI/AAAAAAAAAjQ/QtdkAVYcCvE/s72-c/back_plantait%5B1%5D.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2045635635459388620.post-8518786643236260578</id><published>2009-05-15T09:03:00.000-07:00</published><updated>2009-05-30T11:35:02.294-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Jean.Louis Benavent'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='libros'/><title type='text'>Critique / Reseña</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;Chronique d'un monde effervescent, se moquant des mondanités, où Temple se fait reporter de sa propre vie, Beaucoup de jours n'est un journal qu'en apparence. Les années se suivent et se mélangent, puisque la mémoire se moque des calendriers. Les repères temporels ne sont pas les années qui cadrent le texte, mais bien les totems d'auteurs et d'amis qui jalonnent notre route. « Faux journal », alors, comme l'indique le sous-titre, mais aussi faux roman, faux récit, puisque l'histoire n'est autre que la vie de Temple, et de son univers. Et pourtant, l'auteur lui-même est en retrait, discret, presque absent de sa propre autobiographie. Ce n'est que vers la fin de ce livre, que Temple pourrait se définir, comme une présence entourée d'absences. « Ouvrons nos souvenirs, que de tombeaux », indique l'auteur en citant Flaubert. Ce sont ses amis perdus, mais aussi ses lieux perdus (comme l'hôtel Cécil ou le littoral languedocien), que cet ultime effort de la mémoire fait rejaillir comme autant de phénix, pressés entre deux feuilles de papier buvard, entre deux silences, gardant leur couleur pour l'éternité.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2045635635459388620-8518786643236260578?l=galicismos-suite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/feeds/8518786643236260578/comments/default' title='Enviar comentarios'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/2009/05/critique-resena.html#comment-form' title='0 comentarios'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2045635635459388620/posts/default/8518786643236260578'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2045635635459388620/posts/default/8518786643236260578'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/2009/05/critique-resena.html' title='Critique / Reseña'/><author><name>galicismos</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2045635635459388620.post-177065217042610792</id><published>2009-05-15T00:10:00.000-07:00</published><updated>2009-05-30T11:35:11.123-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Jean.Louis Benavent'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='libros'/><title type='text'>Critique / Reseña</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;Chronique d'un monde effervescent, se moquant des mondanités, où Temple se fait reporter de sa propre vie, Beaucoup de jours n'est un journal qu'en apparence. Les années se suivent et se mélangent, puisque la mémoire se moque des calendriers. Les repères temporels ne sont pas les années qui cadrent le texte, mais bien les totems d'auteurs et d'amis qui jalonnent notre route. « Faux journal », alors, comme l'indique le sous-titre, mais aussi faux roman, faux récit, puisque l'histoire n'est autre que la vie de Temple, et de son univers. Et pourtant, l'auteur lui-même est en retrait, discret, presque absent de sa propre autobiographie. Ce n'est que vers la fin de ce livre, que Temple pourrait se définir, comme une présence entourée d'absences. « Ouvrons nos souvenirs, que de tombeaux », indique l'auteur en citant Flaubert. Ce sont ses amis perdus, mais aussi ses lieux perdus (comme l'hôtel Cécil ou le littoral languedocien), que cet ultime effort de la mémoire fait rejaillir comme autant de phénix, pressés entre deux feuilles de papier buvard, entre deux silences, gardant leur couleur pour l'éternité.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2045635635459388620-177065217042610792?l=galicismos-suite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/feeds/177065217042610792/comments/default' title='Enviar comentarios'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/2009/05/critique-resena_15.html#comment-form' title='0 comentarios'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2045635635459388620/posts/default/177065217042610792'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2045635635459388620/posts/default/177065217042610792'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/2009/05/critique-resena_15.html' title='Critique / Reseña'/><author><name>galicismos</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2045635635459388620.post-7646788446049563308</id><published>2009-05-05T00:28:00.000-07:00</published><updated>2009-05-05T00:31:39.180-07:00</updated><title type='text'>Arte y libertad: sueño y muerte (suite)</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;Las acciones son una extensión de nuestra persona, lo que nos permite demostrarles a los demás y a nosotros mismos nuestra esencia. Si no logramos exponer nuestra naturaleza en algo tangible y perceptible es prácticamente como si nos encontráramos muertos. La muerte es puntualizada como: “cesación o término de la vida”. Por tanto, la lucha por la libertad debe ser incesante ya que su búsqueda significa también el encuentro de nuestro derecho a estar vivos, ser nosotros mismos y plasmar nuestro contenido en el mundo.&lt;br /&gt;Es en este punto donde empieza el conflicto ya que en innumerables ocasiones nos encontramos con que la libertad de las personas ha sido coartada, llevándose junto con ella toda muestra de expresión personal y por tanto, de vida. Aquí, es donde la libertad se vuelve sueño.&lt;br /&gt;El sueño es considerado por el diccionario de la RAE como: “cosa que carece de realidad o fundamento, y, en especial, proyecto, deseo, esperanza sin probabilidad de realizarse”. Sin embargo, los sueños representan la última esperanza que le queda al hombre de libertad. En su sueño, el hombre puede vencer cualquier barrera, incluso las impuestas por la naturaleza, para emprender todo aquello que considera va a contribuir de manera importante a su desarrollo personal sin nadie ni nada que lo limite.&lt;br /&gt;En el arte, las primeras manifestaciones que nos demuestran una pugna por libertad son aquellas relacionadas con libertades políticas. La defensa de las libertades de asociación, educación, prensa, religión, expresión, pensamiento, sexual y al voto siempre ha sido preponderante sobre la de otras ya que la limitación de éstas depende de factores externos que a su vez pueden ser coaccionados por aquellos que defienden la libertad.&lt;br /&gt;Generalmente, la restricción de libertades políticas es aplicada a un considerable número de personas y es por ello que resulta más factible que el arte decida recordar y comunicar constantemente a las personas los derechos que naturalmente poseen y las posibilidades que existen para resguardarlos y/o recuperarlos ya que se trata del tipo de cuestión a lo que un ser humano tiene derecho por el simple hecho de ser humano. Por tanto, el permitir la negación de estas libertades sin razón alguna es como negar nuestro derecho propio a reclamarlas.&lt;br /&gt;Defender la libertad significa prácticamente defender nuestra condición humana ya que aquello que nos distingue y diferencia es la forma única y peculiar que cada persona tiene de actuar ante una situación y la manera para expresarnos tal cual somos es encontrándonos en pleno dominio de nosotros mismos, ejerciendo nuestra libertad.&lt;br /&gt;Existen muchas obras de arte dedicadas a la defensa de la libertad contra el exterior pero existen aquellas que por su innovación o trascendencia histórica han quedado plasmadas de forma indeleble en la cultura.&lt;br /&gt;La revolución francesa se valió del realismo para representar en obras pictóricas los horrores que ocasionaba la desigualdad social mostrando al pueblo viviendo crudamente la pobreza, el hambre y la desesperación mientras existía una clase opresora que se aprovechaba de su trabajo y no tenía noción alguna del tipo de conflictos que ellos debían expresar día a día.&lt;br /&gt;El arte norteamericano es amplio y variado ya que ha expresado diversas inquietudes en diversidad de formas. En la actualidad podemos estar más familiarizados con la lucha constante contra el racismo que existe de manera muy latente en gran parte de los Estados Unidos dada la gran mezcla de razas y tradiciones. La juventud americana ha optado por manifestarse de forma urbana a través del arte grafiti y de música como el hip-hop, que a través de sus letras exponen las inquietudes y anhelos por una sociedad solidaria y respetuosa.&lt;br /&gt;El muralismo mexicano es un movimiento nacido a principios de la década de los veinte que habría de ser reconocido por el mundo entero por conjuntar una filosofía política y social aunada a un enorme talento artístico con un grupo de artistas que buscaba educar y darle una voz a un pueblo indígena que no estaba recibiendo los beneficios de igualdad y justicia social prometidos durante la revolución de 1910.&lt;br /&gt;Por último, el pop art ofrece una crítica a la sociedad y al sistema político y económico por contribuir a la formación de una sociedad de consumo donde se valora al hombre por su capacidad de integrarse a la producción en serie ideas, pensamientos y anhelos, dejando los propios del lado. Podemos apreciar la necesidad de producción en serie con el póster de lata de sopa Campbells realizado por Andy Warhol.&lt;br /&gt;La expresión “ha ganado la batalla pero no la guerra” es ampliamente conocida y en el campo de la libertad humana parece ser más que cierta. De poco o nada sirve que las fuerzas exteriores nos permitan sin restricción desarrollar nuestra persona si somos nosotros mismos los que no nos damos el derecho a mostrarnos como somos, hacer aquello que disfrutamos y nos lleva a ser únicos.&lt;br /&gt;El análisis de la mente del hombre es complejo e inexacto, diversas disciplinas se han dedicado siglos a su investigación sin arrojar ninguna verdad que pueda calificarse enteramente de absoluta. Existen infinidad de factores que orillan a las personas a no desear o permitirse manifestar la composición de su ser y es en el arte el único lugar donde se sienten y saben libres para verter todos los contenidos de su alma.&lt;br /&gt;Nosotros podemos intentar indagar en la mente y deseos del artista y brindarle una connotación a su trabajo. Incluso, algunas veces son los creadores mismos quienes deciden explicar sus obras. Sin embargo, al tratarse de una búsqueda o deseo interior, la obra contiene un mensaje que es para su autor y nada más.&lt;br /&gt;De todas las corrientes artísticas tal vez es el surrealismo la que permite exponer de forma más explícita la batalla que un hombre tiene que lidiar día a día consigo mismo en la pugna por su libertad.&lt;br /&gt;El mejor ejemplo a exponer es Salvador Dalí quien como pintor tenía una naturaleza increíblemente libre e indomable que se reflejó en obras como “La persistencia de la memoria”, “Crucificción” y “La tentación de San Antonio” donde expone sin miedo ni pudor todos sus demonios y anhelos. Sin embargo, anécdotas muestran su carácter de naturaleza tímida y distraída que está lejos de asemejar la temeridad presentada en sus obras. Definitivamente, el caso de un genio que desde su infancia fue reprimido y cohibido y a partir de entonces no se permitió ser y mostrarse a sí mismo más que a través de su arte que significaba también su libertad.&lt;br /&gt;También los sentimientos que se entienden como los más puros e incomprensibles para el hombre son mostrados de mejor manera tal cual si se tratasen de sueños ya que difícilmente una persona se atreve a sentirlos y casi nunca decide expresarlos. El amor, tratado a lo largo de la historia por infinidad de personas toma una forma de dolorosa ensoñación entre los textos de Pablo Neruda como “Juntos nosotros”, “Tango del viudo” o “Barcarola”, que conjuntan el deseo real y físico por el otro con la incredulidad que existe de tenerlo, al grado de pensar que nos encontramos fuera de la realidad ya que creemos encontrarnos en un estado tan perfecto e ideal que no corresponde a la realidad a la que nos enfrentamos día a día.&lt;br /&gt;El arte significa el hombre en su totalidad, sin barreras ni mentiras. Un lugar donde se desconoce lo que es una regla o un límite y todo pensamiento o deseo por loco que suene puede convertirse en algo tangible y sustancial. La vida misma de nuestro espíritu depende de la libertad que le otorga el arte ya que allí es donde encuentra los detalles de su esencia y aquellas cosas que le dan la oportunidad de renacer dándole una curiosidad auténtica y renovada.&lt;br /&gt;La libertad es un sueño y es un sueño esperar que todos ejerzan su libertad. El uso de la libertad implica gran compromiso y responsabilidad, cuestiones a las que no cualquiera deciden enfrentarse. Por ello es que en el campo del arte el hombre encuentra la expresión más amplia y viva de sí mismo porque es el único lugar en el que mostrarse tal cual es no es un sueño, sino una realidad que lo salva de la cotidianidad mortífera de lo común y corriente.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Bibliografía&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;1. Dalí, Salvador." Encyclopædia Britannica. 2009. Encyclopædia Britannica Online. 4 Feb. 2009 &lt;&lt;a href="http://0-search.eb.com.millenium.itesm.mx/eb/article-9028592"&gt;http://0-search.eb.com.millenium.itesm.mx/eb/article-9028592&lt;/a&gt;&gt;.&lt;br /&gt;2. Neruda, Pablo. Residencia en la Tierra. Barcelona: Random House Mondadori, 2003.&lt;br /&gt;3. Real Academia Española [En línea].[Consulta: 25 de enero de 2009]. Disponible en: http://buscon.rae.es/draeI/SrvltConsulta?TIPO_BUS=3&amp;amp;LEMA=arte&lt;br /&gt;4. Real Academia Española [En línea].[Consulta: 25 de enero de 2009]. Disponible en: http://buscon.rae.es/draeI/SrvltConsulta?TIPO_BUS=3&amp;amp;LEMA=muerte&lt;br /&gt;5. Real Academia Española [En línea].[Consulta: 25 de enero de 2009]. Disponible en: http://buscon.rae.es/draeI/SrvltConsulta?TIPO_BUS=3&amp;amp;LEMA=sueño&lt;br /&gt;6. Real Academia Española [En línea].[Consulta: 25 de enero de 2009]. Disponible en: &lt;http: tipo_bus="3&amp;amp;lema=libertad"&gt;.&lt;br /&gt;7. "Rivera, Diego." Encyclopædia Britannica. 2008. Encyclopædia Britannica Online. 30 Enero 2009 &lt;http:&gt;.&lt;br /&gt;8. Warhol, Andy." Encyclopædia Britannica. 2009. Encyclopædia Britannica Online. 4 Feb. 2009 &lt;&lt;a href="http://0-search.eb.com.millenium.itesm.mx/eb/article-9076110"&gt;http://0-search.eb.com.millenium.itesm.mx/eb/article-9076110&lt;/a&gt;&gt;.&lt;br /&gt;9. "Siqueiros, David Alfaro." Encyclopædia Britannica. 2008. Encyclopædia Britannica Online. 30 Enero 2009 &lt;a href="http://0-search.eb.com.millenium.itesm.mx/eb/article-9067975"&gt;http://0-search.eb.com.millenium.itesm.mx/eb/article-9067975&lt;/a&gt;.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2045635635459388620-7646788446049563308?l=galicismos-suite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/feeds/7646788446049563308/comments/default' title='Enviar comentarios'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/2009/05/arte-y-libertad-sueno-y-muerte-suite.html#comment-form' title='0 comentarios'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2045635635459388620/posts/default/7646788446049563308'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2045635635459388620/posts/default/7646788446049563308'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/2009/05/arte-y-libertad-sueno-y-muerte-suite.html' title='Arte y libertad: sueño y muerte (suite)'/><author><name>galicismos</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2045635635459388620.post-5127929704677792560</id><published>2009-02-21T15:25:00.000-08:00</published><updated>2009-02-26T16:05:03.640-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='en français'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Le rendez-vous amnésique'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Céline Hervé-Bazin'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='teatro'/><title type='text'>"Le rendez-vous amnésique" pièce de théâtre de Céline Hervé-Bazin (4/4)</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;Paul :&lt;br /&gt;L’amnésie offre ce cadeau de vérité qui est difficile à maîtriser. C’est une boîte de Pandore, l’amnésie. Mais elle m’offre une nouvelle vie, encore plus honnête que la précédente.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Tu rêve.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Tu sais que je suis un rêveur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Et tu rêves de Claire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Je cultive son nom, son image, son parfum dans mon jardin. C’est mon mystère et mon secret.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;C’est pour cela que tu passes ton temps dans notre jardin. Il est si grand que tu en prends soin tous les week-ends.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Nous avons tous besoin de pudeur l’un envers l’autre ou nous n’aurions rien qui ne nous appartienne vraiment. C’est ce qu’on appelle avoir son jardin secret.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Il s’arrête là où l’honnêteté et la vérité sont plus importantes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;J’ai toujours été honnête avec toi. Tu connaissais les règles du jeu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;L’amour ne connaît pas ces règles-là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Tu savais pourtant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Elle s’appelle Claire. Elle n’est qu’un rêve.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Un rêve qui a rejoint la réalité. Ma vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Et la mienne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle sort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul baisse ses bras avec désarmement. Il regarde la chambre un instant.&lt;br /&gt;Que veux-tu Hina ? Nous avons peut-être trop menti l’un et l’autre… (Un temps. Il regarde les lettres et sourit) « Bon rétablissement Monsieur Jacques. Ne vous en faites pas, j’ai prévenu tous vos rendez-vous. Revenez-nous vite. Bien à vous. Monique. » Ma secrétaire. Une femme de cinquante ans, droite et travailleuse. Elle est rigoureuse et me connaît bien. Un peu trop, peut-être. (Un temps) Voyons la suivante. « Alors, on flirte avec les arbres ! Il faut arrêter de regarder les jolies filles sur le bord de la route ! Bon, prends soin de toi. J’essaierai de t’appeler dans la semaine. Rétablis-toi vite, le développement durable n’attend pas ! Je t’embrasse. Alice. » La chargée de communication à Paris. Jeune, sympa, gentille et fragile. Merci Alice. Appelle-moi. (Il s’arrête en lisant) « RTB.LPVSLM.TES. C. » (Il éclate en sanglots) Elle m’aime tant ! Elle m’aime tant ! Et je suis incapable de lui montrer au quotidien. Je suis si maladroit avec elle. Je choisis toujours les mots pour la soulager et pour lui faire mal. Sans le vouloir, sans le savoir. Elle souffre tant, mais sait-elle combien moi, je souffre ! Elle ne le sait pas car je ne lui montre rien. Je ne lui dis rien ! Mais je souffre ! Je souffre ! Elle est ma chance de bonheur quand les seuls indices que je lui donne ne portent aucun espoir pour elle et moi. Aucun espoir. Notre amour est constamment désespoir et pourtant nous y croyons. Nous continuons. Oh Claire ! Si seulement tu savais combien je t’aime ! Tu arrêterais de pleurer quand je ne t’appelle pas le soir. Tu ne pleurerais pas parce que je te demande de passer l’après-midi avec moi en pensant que je vais aimer une autre le soir. Tu ne pleurerais pas en lisant mes mots, persuadée qu’ils ne sont pas réels. Tu crois que je ne sais pas tout ça ! Je le sais ! Nos âmes sont connectées et à chaque fois que tu pleures, une goutte de sang de mon cœur tombe dans mes poumons et m’empêche, le temps d’une seconde, de respirer. À ce moment-là, mon cœur, je sais combien tu as mal et mon corps souffre avec toi. Oh Claire ! Ne pleure plus. Cette amnésie est faite pour nous aimer. Je me souviens de toi maintenant ! De ton visage. Il ressemblait au mien quand nous étions enfants. Moi en garçon, toi en fillette. Nous avions la même insouciance. Et nous l’avons toujours. Mon cœur. « RTB.LPVSLM.TES. C. » « Rétablis toi bien. Le plus vite serait le mieux. Trois mots en somme. Claire. » Oui, trois mots en somme ! Je vous aime. Je vous aime ! (Il s’effondre sur son lit. Marie entre) Oh ! Mon Dieu ! Marie ! Pas maintenant ! (Il se lève) Laissez-moi je vous en prie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il s’échappe dans la salle de bain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie reste dans la chambre. Elle prend les cartes en silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Des cartes de bon rétablissement… Un message codé signé de C. Une femme trahie, une femme aimée. Que comprendre de cet homme ? Blessé, il court hors de son lit. Aimant, il ment sur sa vie. Aimé, il est égoïste… Et le voilà amnésique. Mis à nu, obligé de livrer ses mensonges et ses envies. Que nous apprend-t-il à nous, simples témoins de ses échecs et de ses souffrances ?&lt;br /&gt;Paul entre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Vous pleurez ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Je pleurais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Pourquoi avez-vous pleuré ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;J'ai pleuré car vous m'avez laissé seul quand j'étais dans le noir. Vous êtes mon soleil Marie, comment voulez-vous que je guérisse si vous ne m'éclairez pas ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Pourquoi me dites-vous ces mots-là ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Car cela vous fait plaisir de les entendre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Ils sont indignes ces mots. Ils sont sales. Ils me déshonorent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Voilà de bien grands mots pour de si petites choses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Et pourtant, l’essentiel se joue dans ces petites choses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Je ne fais que vous complimenter, vous faire plaisir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Et vous me faites croire à vos sentiments. Et vous me faites rêver quand l’homme que j’aime est un peu distrait en ce moment. Vous m’emmenez dans un autre monde et bientôt, je ne penserai plus qu’à vous. Je m’éloignerai de celui qui m’aime et me protège pour une illusion d’un instant plus trépignant et pourtant, j’aurai tout gâché entre lui et moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Vous avez compris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Compris quoi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;L’erreur que j’ai commise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Celle d’aimer ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Celle de se laisser dérober. Celle de se laisser emporter par les feux des autres…. Et vous voilà avachi d’amour, jamais rassasié. Regardez-moi Marie. (Il prend son visage dans ses mains) Vous croyez que j’ignore qui je suis ? Mais je sais. Je ne suis qu'un monstre qui suce la sève d'amour des femmes et les rends fades après mon passage car je les ai rendues belles avec mes mots, avec mon sexe et mes rêves.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Ne soyez pas trop dur avec vous-même, Paul. Vous les avez aimées ces femmes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Oui, je les aime. C'est ça qui me rend encore plus cruel, car elles ne peuvent pas m'en vouloir. Après tout, tout ce que j'ai fait, c'est de les aimer en les rendant belles et sereines sans jamais leur mentir. Jamais. Alors elles ne peuvent pas m'en vouloir. Elles deviennent mes amies et je les ajoute à mon carnet. Je suis un chasseur. Je ne collectionne pas l'ivoire, je collectionne les âmes. Je suis un damné, Marie. Je suis damné. (Un temps) Faites-moi votre piqûre, retirez-moi un peu de ce feu bouillant qui pourrit mon cœur et qui condamne ma vie à l’échec.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Je n'aime pas quand tu es triste, Paul… Tu me fais peur. J’ai l’impression que je perds l’homme que je connais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle se détache.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Je vous fais peur ? Je suis désolé. Il ne faut pas avoir peur de la vérité Marie, elle vous apprend bien plus que la réalité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Vous savez que vous êtes un drôle de patient. Vous êtes à la fois si gai et si... Triste. Tellement triste. Vous me faites mal au cœur. Ceux qui sont prêts à mourir aussi sont tristes mais ils ne sont pas comme vous. Vous portez une tristesse de mort, eux portent une tristesse de vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Ne me dites pas ces mots-là... Ou j'ai bien peur de me remettre à pleurer. Vous ne voulez pas me voir pleurer mon enfant n'est-ce pas ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Non. Bien sûr que non. (Un temps) Je vous dis seulement qu'il y a quelque chose dans votre regard qui vous rend triste, comme si c'est vous qui l'aviez mis là... (Elle montre son cœur) Comme il y a quelque chose qui vous rend gai… Là. (Elle montre sa tête) Mais elle, elle vous dépasse, vous ne la contrôlez pas cette lumière. Et c'est elle qui vous sauvera.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Vous ne savez pas à quel point vous avez raison Marie. Je suis heureux, mais je porte mon malheur avec moi. C'est une tristesse de rupture. Pas celle du divorce ou de la séparation née avec la fin d'un amour. Non. Pas celle qui vient en grandissant quand vous devez quitter vos parents pour construire votre identité et votre vie. Non. C'est une rupture de la liberté. Elle vous offre le plus beau cadeau : celui d'une vie constamment changement, découverte, nouveauté, bonheur mais elle vous condamne à ne jamais être satisfait ou stable. Elle vous condamne à l'errance. Et l'homme qui vieillit, l'homme qui acquiert la maturité a tellement besoin d'un peu de calme. Tant besoin d'une maison. Comme une grotte où le vent pourrait s'engouffrer et chanter en sifflant avec la roche. (Un temps) Je suis tellement fatigué d'être feu et glace, d'être tout et son contraire dans un océan de nuances qui apportent tant de tourments au vent, tant de courants à l'eau, tant de blessures au sang... Je suis fatigué Marie. Je suis très fatigué.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Bien. Alors il faut dormir. J'ai fini, ça tombe bien. Vous allez vous reposer et tout ça aura disparu. L’amnésie, la mort, la vérité, le mensonge… Il ne restera que la vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Que j’aimerais vous croire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie pose ses mains sur ses paupières :&lt;br /&gt;Il faut dormir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Le sommeil ne changera rien Marie. Hélas. Rien du tout. Une âme entière pourra tout changer. Et je ne sais toujours pas comment la retrouver.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Arrêtez de penser à votre rendez-vous Paul. Détendez-vous. Ne pensez plus à elle. Pensez à moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul sourit :&lt;br /&gt;Oui. A vous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il prend sa main et la pose sur sa joue. Marie la détache et pose un baiser sur sa joue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Repose-toi. Une autre vie t’attend. Réveille-toi. (Elle prend sa main et l’embrasse) Réveille-toi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle lâche sa main et sort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Ils rentrent, ils sortent. Cela n'en finit pas avec eux. Mais un seul reste. Moi. Et je ne sais toujours pas pourquoi je suis là. (Il se lève et va devant le miroir. Il passe sa main sur ses joues) Il faut vraiment que je me rase. (Il passe dans la salle de bain et prépare le nécessaire au rasage) Hum… Je chante. Elle aime quand je chante. Hum… Elle aime mes cheveux argentés qui glissent comme des vagues sur mon visage. Elle aime ma bonne humeur et ma façon de tout éclairer. Quand nous nous disons le grave, elle aime ma légèreté, mais elle aimerait tellement que je sois plus sérieux. (Un temps) Mais mon amour, tu sais combien je suis sérieux, n’est-ce pas ? (Il se met de la mousse sur le visage et continue à chanter en commençant à se raser) Ah ! Mon amour, si seulement tu pouvais voir combien tu me rends heureux. Si heureux. (Il soupire) Je suis un homme heureux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina entre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Paul ? Tu es là ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Dans la salle de bain. Je me rase.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Tu ne veux pas plutôt venir ici un instant. J'aimerais que nous discutions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Maintenant ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Si tu le veux bien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Bon, très bien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il enlève la mousse restante, essuie ses mains et sort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Tu as l'air grave.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;C'est que je le suis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Je t'écoute.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Écoute, cette amnésie doit cesser Paul. Tu dois arrêter. Je te connais, toi et ton couplet sur l'amour qui nous attend dans une vie. C'est ce que tu écris mais cela n'existe pas. Ton âme, ton rendez-vous de ce soir, cette femme n'existe pas !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Elle existe. Elle s'appelle Claire. Regarde, elle m'a envoyé une carte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il tend la carte et Hina la lit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;« RTB. LPVSLM. TES. C. » C'est quoi ? Un message en PCV ? Un code secret ? Tu es un agent secret maintenant ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;« Je prendrai tous les risques. Pour une mission secrète. Pour l'opération « obélisque ». Attention la cible reste discrète. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Pardon ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Rien. Un message que je lui ai envoyé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Mais tu délires Paul ! Cette femme n'existe pas. Tu as inventé cette amnésie pour te récréer l'univers idéal mais ce n'est pas la réalité, Paul. Claire, Marie ou Anne, ces personnages n'existent pas ! Elles ne sont que des songes que tu inventes pour te satisfaire d'une vie dont tu as perdu l'odeur !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;J'ai retrouvé mon odorat justement ! Un miracle ! Ma mère va être ravie. Je sens à 80 % de mes capacités. Il paraît que c'est presque un taux normal pour un homme de mon âge.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Tu as retrouvé l'odorat ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Oui. N'est-ce pas magnifique ! Je vais savoir comment Alexandre sent quand il est heureux, quand il est malheureux. Quand Tiaré sera amoureuse, son odeur me le dira avec le goût de sa peau et les reflets dans ses pupilles ! Je vais enfin pouvoir sentir l'odeur du vent qui rentre dans mes narines quand je vais courir ou nager ! J'ai retrouvé l'odorat !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;C'est incroyable. Je l'avoue. Je suppose que le choc a provoqué quelque chose dans ton cerveau. Cela arrive de temps en temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Mais tu ne comprends pas que ce n'est pas mon arbre ou mon ravin qui m'ont redonné la vie, l'odeur, la saveur, la sensation, les paysages ou la musique. Ce n'est pas cet accident qui m'a redonné l'espoir. Ce n'est pas le théâtre qui m'a offert ce rêve et cette réalité. (Un temps) Ce n'est pas un autre songe, Hina. C'est réel. Comme je prends ta main maintenant pour te dire : « Hina, je t'aime. Je ne veux pas que tu souffres mais j'aime dans le coeur de mon coeur, une femme et elle s'appelle Claire. Pour elle, il va falloir que j'adapte ma vie ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Je suis désolée Paul. Je ne te crois pas. Tu as un rendez-vous amnésique. Celui dont personne ne se souvient sauf Pierrot quand il se réveille après de magnifiques rêves et qui croit que cela va se réaliser dans la journée. Ta Claire n'existe pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Je ne l'ai pas inventé ! Elle est réelle ! Et j'ai rendez-vous avec elle ! Ce soir !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Et ou est-elle maintenant ? À ton chevet ? Je ne la vois pas !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Elle sait que je suis là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Ah ! Vraiment ? Et t'a-t-elle appelé aujourd'hui ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Mon téléphone est tombé à l'eau, elle a dû me laisser des tonnes de messages, aussi inquiète qu'elle est... Pauvre cœur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Elle n'est pas très combattante. Si elle t'aimait comme tu la décris, n'aurait-elle pas appelé l'hôpital ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Le Docteur a refusé que je reçoive des appels pour que je me souvienne progressivement des événements de ma vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Je vois. Elle a toutes les excuses, Sainte Claire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;J'entends ta peine Hina. Je ne voulais pas que cela se passe comme ça. Cette amnésie t'a révélé l'image de mon nouvel amour... J'aurai tellement voulu t'expliquer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Ne t'en fais pas Paul. Je ne t'aime plus depuis longtemps. Pour cela, je peux te dire que tu es toujours amnésique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Tu dis ça dans la colère et pour la fierté de tes sentiments.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Où est la vérité dans cette pièce que tu te joues à toi-même ? Amnésie d'une vie où tu gommes tes pêchés pour mieux consommer de nouveaux feux et embraser la Terre entière... Et finalement, tu restes toujours la glace car tu n'arrives pas à aimer. Moi qui croyais que l'amour était roi pour toi… Mais en réalité, tu n’es qu’un égoïste. La seule chose que tu aimes, ce sont ces femmes qui te renvoient un reflet de toi ! Il est si flatteur car tu es leur séducteur et tu es leur roi. Elles t'admirent, elles te donnent leur chair, elles t'offrent leurs mots et tu repars, les batteries pleines d'un bonheur que tu leur as volé sans t'écorcher d'une larme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Tu ne sais pas combien tu as raison, Hina.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Ne m'appelle pas Hina. Tu ne m'appelles jamais par mon prénom... (Un temps) Ne recommence pas, cela me fait mal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Excuse-moi mais je n'arrive plus à mentir, à donner des noms tendres aux femmes quand je ne le pense pas au fond de moi... Et j'ai l'impression qu'il n'y a plus qu'une seule personne à qui je donnerai ces noms-là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina pleurant :&lt;br /&gt;Claire ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Oui. Claire. (Il prend Hina dans ses bras) Pardonne-moi car je t'aime. Tu es la mère de ma fille, tu es forte. Tu as toujours su partager ma vie, mes soucis. Tu m'as tant donné. Aujourd'hui, je ne veux plus mentir. Mon rendez-vous est peut-être celui d'un amnésique déraisonné, mais mon cœur lui sait qu'il doit renaître. C'est peut-être mon rendez-vous de ce soir... Un rendez-vous avec la vie. Ma vie et ma vérité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Bien. (Hina serre Paul dans ses bras) Je te crois. (Elle se détache)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Ne m'en veux pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Je ne t'en veux pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(Paul lui donne un baiser sur les lèvres)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Je vais chercher Tiaré et je vais rentrer. J'aimerais que tu ne rentres pas ce soir, si tu le veux bien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Bien sûr. Je comprends.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;À plus tard Paul.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;À tout à l'heure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Hm ! Tu dis toujours ça quand tu sais que l'on ne va pas se revoir avant longtemps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Je n'aime pas dire au revoir. Le temps est arbitraire. Tu revois toujours la personne après quelques heures, qu'il s'agisse de trois heures comme de 50 ou de 500… Tu reverras toujours la personne tout à l'heure. Et c'est un moyen de lui dire, tu es toujours dans mon cœur, tu es toujours près de moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Je sais Paul. Je sais. Le vent n'est jamais loin. S'il ne souffle pas, c'est qu'il vous entoure. Il est si léger que vous ne pouvez presque pas le sentir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Je suis le vent et je ne m'arrêterai jamais de souffler ou de t'entourer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;À tout à l'heure Paul.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;À tout à l'heure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina sourit et sort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Et voilà… La pièce est terminée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il regarde sa montre et sort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie entre.&lt;br /&gt;Elle voit que la chambre est vide. Elle range les papiers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina entre. Marie se retourne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Ah… C’est vous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Cachez votre joie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Je vous croyais partie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Je venais vous souhaiter bonne chance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Bonne chance ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Oui, j’ai compris votre petit jeu… Je ne suis pas née de la dernière pluie tout de même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Quel jeu ? Je ne comprends pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;L’amnésie. Cette pièce que Paul nous joue depuis tout à l’heure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Je commence à y croire moi, à son histoire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Où est-il encore ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Vous venez de lui parler ? Ne vous êtes-vous pas tout dit ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Vous écoutez aux portes maintenant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;J’ai croisé Paul dans le couloir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Et alors ? Il vous a tout dit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Pas un mot.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Qu’en savez-vous alors ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Je l’ai vu sur son visage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Quoi donc ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Qu’il était réveillé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Vous délirez.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;J’ai envie d’y croire, moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;A quoi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;A son histoire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Y croire ? Vous délirez. Son histoire est gâchée. Il a tout gâché, tout déchiré, tout abîmé, comment pouvez-vous croire qu’il puisse encore renaître et vivre une nouvelle vie ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Elle est belle son histoire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Réveillez-vous Marie. Depuis quand cette vie donne-t-elle un bel amour à raconter à vos enfants ? Vous croyez aux contes de fées ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Peut-être que j’ai envie d’y croire aujourd’hui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Mais vous, réveillez-vous. La vie de Paul est trop compliquée, il ne peut tout simplement pas avoir une histoire d'amour si simple et si facile.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Oh ! Les hommes ont la bonne habitude d'embellir les choses, ils ont simplement la mauvaise de ne pas les vivre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Paul rêvait d’un nouvel amour alors il l’a imaginé. Il l’a déclamé sous prétexte de son amnésie et maintenant, il doit faire face à la vie. Celle qui lui impose de rester tel qu’il est sans rien pouvoir espérer d’autre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul entre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Je veux vivre dans un rêve.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Vous avez raison. Pour ça, gardez le sourire et l’espoir Marie. Pour vous, pour vos patients et pour moi aussi. Pour tous ceux qui vous entourent ; votre sourire, c’est une promesse pour nos rêves.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Le chevalier d’argent est arrivé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Tu es encore là ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Visiblement, toi aussi je te dérange.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Non. C’est que je trouvais nos adieux parfaits, tu viens les saboter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina sort des papiers qu’elle pose sur le lit :&lt;br /&gt;Je viens te donner ces papiers. Et j’ai toujours été meilleure pour les bonjours que pour les aurevoirs. Adieu Marie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle sort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Au revoir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Pas au revoir, dites à tout l’heure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;À tout à l'heure ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Oui. À l’heure où je reviendrai dans cet hôpital. Demain ou dans dix ans, peut-être vous y reverrai-je ? Je ne dis jamais au revoir. Alors à toute à l'heure, Marie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;À tout à l'heure Monsieur Jacques. Et ne dites pas au revoir à Claire surtout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Claire n’existe pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Que dites-vous ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Elle n'existe pas ! Elle n'existait pas ! Elle n'existera pas ! Je l'ai inventée ! Claire n'est qu'un songe arraché à la réalité ! Je l'ai créé dans mon esprit, dans ma mémoire pour gommer tout ce que j’ai raté dans ma vie. Vous voyez Marie ! Tout ça n'était que le délire d'un amnésique mal sonné à cause d'un arbre qu'il a croisé sur sa route.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Je vois... Je ne sais pas quoi vous répondre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Oh ! Il n’y a rien à répondre sinon que je suis un pauvre fou ! Je rêve ma vie et dès que j’en ai l’occasion, je deviens amnésique pour les transporter dans la réalité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Ne sois pas trop sévère avec toi-même, Paul. Je vais croire que tu as un vrai problème si ce n’est, celui de l’amour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Oh ! Vous avez raison Marie. Je suis un fou. Un fou d’amour. C’est ma maladie. C’est mon rêve et c’est ma vie mais je suis un incapable. Incapable de vivre un vrai amour… Alors que fait-on lorsque l’on n’en a pas dans son quotidien ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;On cherche ailleurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Et on trouve une Claire. Belle et magnifique. Droite et pure. Elle vous enseigne que les rêves sont à la hauteur de votre vie et que faites-vous pour la remercier ? Vous l’oubliez en tombant dans le ravin de votre décor. Par peur ou par dépit. Mon rendez-vous amnésique m’aura donc appris une chose. Je dois être heureux tel que je suis ou je dois l’aimer… L’aimer sans avoir peur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Alors, elle existe votre Claire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Non, elle n’existe pas. Elle est seulement le miroir de ce que je rêve pour ma vie… Mais je suis vieux. J’ai 40 ans. Ma vie est finie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;J’ai 25 ans Paul, ma vie commence. Souvent mon père me disait, quand je me trouvais trop jeune ou trop âgée, qu’à cinquante ans, il n’estimait pas que ma vie soit finie. Au contraire. Elle fleurissait et elle continuait. Elle était construction jusqu’à l’heure de sa mort. Il est parti en deux jours, sans nous dire au revoir ou je vous aime… Il est mort d’une rupture d’anévrisme et depuis je sais, que seule la mort décide. Il n’y a que le corps qui puisse décider si votre vie est finie. Pas vous. Jamais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Bien dit Marie. Bien dit. (Un temps. Il s’assoit sur le lit) J’ai peur. Aujourd’hui, je me suis réveillé et une seule chose était importante : elle. Puis j’ai découvert que j’avais une vie. Une vie où personne ne se souvenait d’elle, sauf moi. Alors, que croire ? Que croire si ce n’est que j’ai tout inventé par besoin d’amour ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Je comprends Paul. Je comprends. (Un temps) Vous m’étonnez en vérité et je suis touché par votre sincérité. (Un temps) Je hais ce que vous représentez, je ressens de la pitié pour vous et en même temps… Je…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Faites attention Marie. Vous vous attachez à moi, cela s’entend dans votre voix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;C’est que j’ai envie d’y croire, moi, à votre histoire. Vous l'avez dit vous-même, Paul… La vie c'est l'émotion. J’aimerai raconter votre histoire et qu’elle ait une jolie fin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Bien sûr Marie. Racontez. Je serai ravi d'être un héros pour des âmes innocentes que je pourrai aider à grandir sans les faire souffrir. Inventez la fin, tous les contes le font. Tout le monde trafique la fin, pourquoi pas vous ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Il faut croire aux belles fins.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Grâce à cette histoire, ils porteront l'espoir que je n'ai pas su garder, celui que l'amour existe bien. Il ne choisit ni son chemin, ni la souffrance. Il se contente d'être. Moi, je me contente de survivre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Bien. (Un temps) Je dois récupérer votre ordonnance. Les papiers sont à signer. Après ça, vous pourrez sortir. Quelqu'un peut venir vous chercher ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Je vais me débrouiller, ne vous inquiétez pas pour moi.&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Bien. A tout de suite. (Elle se dirige vers la porte puis s’arrête) Cela fait du bien de mettre une goutte d'amour dans le quotidien. Tu sais que tout le service est plein d'entrain depuis ce matin. Grâce à toi et cette amnésie que tu joues depuis ce matin… Tout le monde ne parle que de l'amnésique qui a rendez-vous avec Claire ! N'est-ce pas une jolie histoire : retrouver la mémoire pour retrouver sa femme ! (Un temps) Tu es un sacré monstre mais il se trouve aussi que tu es un homme bien. Je le pense sincèrement… Hélas ou heureusement, je ne sais pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Vraiment ? Comment ça Marie ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Vous nous apportez la lumière et l'amour. Cela fait tant de bien et c’est tellement rare de nos jours. Voir la vie, le sourire et l’émotion grâce à vous ! C’est un don formidable ! L’amour ! Qu’importe le reste, pas vrai Paul ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;L’amnésie, c’est encore mieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Reprenez-vous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle sort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;L’amnésie, c’est encore mieux. (Paul soupire et se lève pour regarder son reflet dans le miroir) Que tu as vieilli en une journée. Tu ressembles à un vieillard. La perte de l'amour gâche le visage et donne ces rides qui ne partent pas jusqu'à ce que l’amour revienne dans votre cœur. Me voilà vieux jusqu'à la fin de mes jours car je ne pourrai jamais plus aimer... (Il soupire) Ou le pourrais-je ? Le phénix renaît de ses cendres. La souffrance est remplacée par l'absence puis l'ennui. Avec le temps revient les joies simples puis un jour revient l'envie. Et quand vous êtes enfin prêt, vous tombez sur ce regard... Celui qui vous transporte dans le temps et vous savez que vous ne pourrez plus vivre sans lui... Et la belle ronde de l'amour recommence. Le regard se fanera, mais une nouvelle fois, vous aurez vécu. (Un temps. Il met son visage entre ses deux mains) Hina a raison. Tu es un mirage dans le désert. Tu en viens d'ailleurs mon amour. Tu es un enfant de sable de mer. Je crois que tu me l'as expliqué un jour. Tu as grandi sur une plage, la nacre du sable a contaminé ta peau et l'eau de mer a remplacé ton sang. Tu ne vis que pour le désert et pour l'océan. Tu es la terre et l'eau quand je suis l'air et le feu. Nous étions les éléments complémentaires... Nous étions les étoiles, les planètes et les comètes. Je n'arrive pas à croire que notre amour soit mort dans un trou noir, délaissé par l'univers dur et sévère. Je n'arrive pas à y croire et pourtant je dois me résoudre. Tu n'es plus. Tu n'étais pas et tu ne seras jamais. (Un temps) Je rêve de ta peau. Je rêve de ton odeur. J'ai maintenant l'impression que je l'ai perdu... Mon odorat. C'était donc une illusion. En te croyant vivante, je pouvais enfin sentir.Te voilà morte et je ne peux plus utiliser ce nez car rien n'aurait d'odeurs qui vaillent la tienne. Mon amour. Tu as disparu avec mes mots et ma vie. Tu as disparu de mon horizon et je ne sais plus vers où naviguer... (Un temps) Bonjour mon cœur. Un hibiscus chante ce matin. Il célèbre la rosée, il t'offre cette journée, il te tend ma main. Il te tire de la chaleur du lit et dépose mes lèvres qui te sourient, il te murmure ce poème que je t'écris. (Un temps) Vous êtes si loin mon cœur. Vous êtes irréelle mon cœur et je vous entends me demander de continuer à vivre. Que faire ? Comment faire ? (Un temps) Qui es-tu mon cœur ? Que veux-tu ? Qu'attends-tu ? Quoi que tu dises, je t’obéirai. Selon tes ordres absolus, je vivrais. Je serai Bérénice, je serai Andromaque, je serai Phèdre... Je vivrai sans mon amour, je mourrai sans mon amour. Mon cœur. Je ne suis plus au cœur du cœur de votre cœur, mais je suis bien au cœur de la vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie entre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Le Docteur souhaitait vous voir. Il vous a prévenu m’a-t-il dit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Oui. Tout à fait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Il a également mis le téléphone pour que vous appeliez ce numéro. (Elle tend un papier. Paul regarde et sourit) Qu’est-ce que c’est ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Le numéro de mon travail.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Pourquoi faire ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Il y croit lui aussi. Il voulait que j’appelle et que je demande Claire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Tu vas le faire ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Et me jeter dans les gueules de la réalité ? Tu es folle ou quoi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;C’est pourtant le meilleur moyen d’accomplir ses rêves.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;C’est bien pour ça que je n’ai connu que des échecs dans ma vie. J’ai fui la réalité et la vérité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Il est encore temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Le Docteur m’attend.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Bien. Je serai ici. A ranger ta vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;S’il y avait quelque chose à ranger, je te croirai.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul sort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Lâche. Tous des lâches.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie reste à ranger les draps et les papiers. Le téléphone sonne. Il sursaute. Il hésite puis se lève et répond dos au public.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Allo ? Oui. Oui, c'est bien la chambre de Monsieur Jacques. Qui vous a donné ce numéro ? Comment ça vous avez demandé à la réception et on vous a passé la chambre. J'avais interdit tout appel ! Non, vous ne pouvez pas lui parler. Monsieur Jacques est amnésique... Pardon ? Ah... D'accord. Excusez-moi Madame. Bien sûr. Bon, d'accord. Je lui dirai. Il va bien. Il sort dans quelques minutes mais… Ah. D’accord, je lui dirai Madame. Ah, très bien. Dites-moi. (Elle prend son stylo et griffonne sur un bout de papier) Oui. D'accord. Au revoir Madame Jacques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie hausse les épaules et continue à ranger.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie parlant au combiné :&lt;br /&gt;Il pense que c'est son amnésie qui lui a joué des tours et qu'il a tout inventé, vous dis-je. Une histoire sordide… Et attendrissante aussi. (Un temps) Qui ne s’y serait pas attaché ? C'est une histoire attendrissante... Celle en laquelle tout homme ou femme a envie de croire. C'est l'histoire de deux êtres qui se sont rencontrés et qui ont l'impression qu'ils pourront tout combattre ensemble : la vieillesse, le regard des autres, la routine et le travail. Cet amour vous fait croire que vous n'avez rien à changer à ce que vous êtes. Il suffit de quelques petits détails à adapter pour rendre cet amour, le défi d'un rêve à la réalité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul entre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Terminé ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Ca met du temps, de ranger une vie. Vous avez mis quarante ans, j’espère aller plus vite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Vous avez pris de l’avance. (Elle lui tend les papiers) Merci.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Oh ! Votre mère a appelé. Elle a été très insistante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;C’est une mère… Tout pour son enfant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Elle m’a dit de vous dire de rappeler Madame Jacques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Madame Jacques ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Oui, Madame Jacques, votre mère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Oui, Madame Jacques… Ma mère. (Un temps) Une sacrée Madame Jacques, ma mère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Comme toutes les mères. Elles ont cette force exceptionnelle qui nourrit l’enfant et l’adulte pour mieux nous préparer à être femme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Ou à notre femme. Et pourtant, je n’ai jamais eu de femme. (Un temps) L’amnésie m’avait fait oublier combien ils m’aimaient malgré mes défauts.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Évidemment, ils vous aiment. Ils sont parents et ils savent que vous êtes quelqu’un de bien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Cela leur ferait tellement plaisir que je sois avec quelqu’un. Mais c’est la vie. Je ne suis pas un homme qu’on aime pour ce qu’il est. Je suis un amant, je ne sais être rien d’autre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Même pour Claire ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Depuis quand avez-vous pris le parti de l’homme vous ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;J’ai changé de bord politique. Tout le monde le fait, pas vrai ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;J’ai toujours été fidèle à mon parti.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;A défaut de vos femmes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Mais pas de ma femme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Piégé. L’amnésie revient.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Vous l’avez fait exprès.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;J’y crois finalement à votre histoire, je suis désolée. J’y crois car il y a un je-ne-sais-quoi qui brûle en moi qui m’empêche de renoncer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;C’est parce que vous tenez à la vie pour la sauver, tous les jours, de la mort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Peut-être… Parce que j’ai des patients qui m’enseignent l’amour et le combat pour la vie au quotidien. (Ils se sourient. Un temps) Tenez le numéro. (Il lui tend le bout de papier) À propos d'appel, vous avez…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Je vous préférai en femme aigrie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Je suis encore trop jeune pour ce rôle-là, cela ne se voit pas sur mon visage ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul l’embrasse sur la joue :&lt;br /&gt;Non, je ne vais pas l’appeler.&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Très bien. Comme vous voulez. C'est dommage. Cela aurait vraiment pu se terminer par « ils vécurent heureux ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Oui. Vous oubliez « et eurent beaucoup d'enfants ». J'ai déjà deux merveilleux enfants et je suis très heureux Marie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Comme tu veux. Je te laisse quitter la chambre. Au re… A tout à l’heure, Paul.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Oui. À tout à l'heure Marie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie sort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;(Il lit tout haut) Madame Jacques : 06 62 81 25 17. (Il sourit et compose le numéro) J’avais donc raison. Vous aviez deviné... Maman. (La tonalité résonne) Madame Paul Jacques… (Une voix décroche) Bonjour mon cœur. Excusez-moi, je pars seulement maintenant. Je vais arriver en retard ce soir... Vous ne m'en voudrez pas ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le rideau tombe.&lt;br /&gt;Fin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Céline Hervé-Bazin&lt;br /&gt;Email : celinehervebazin@yahoo.fr&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2045635635459388620-5127929704677792560?l=galicismos-suite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/feeds/5127929704677792560/comments/default' title='Enviar comentarios'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/2009/02/le-rendez-vous-amnesique-piece-de.html#comment-form' title='0 comentarios'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2045635635459388620/posts/default/5127929704677792560'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2045635635459388620/posts/default/5127929704677792560'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/2009/02/le-rendez-vous-amnesique-piece-de.html' title='&quot;Le rendez-vous amnésique&quot; pièce de théâtre de Céline Hervé-Bazin (4/4)'/><author><name>galicismos</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2045635635459388620.post-6383131185118896271</id><published>2009-02-14T15:48:00.000-08:00</published><updated>2009-02-26T16:05:23.009-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='en français'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Le rendez-vous amnésique'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Céline Hervé-Bazin'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='teatro'/><title type='text'>"Le rendez-vous amnésique" pièce de théâtre de Céline Hervé-Bazin (3/4)</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;Hina :&lt;br /&gt;Soit ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;La mort les sépare.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Vous dites de si belles choses, Monsieur Jacques, c’est désarmant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Et l’autre doit attendre pour rejoindre son âme dans l’univers avant de se séparer à nouveau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Je t’en avais déjà parlé alors ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Non. Mais c’est une conviction qui me semble naturelle chez toi et que l’on retrouve dans tes pièces.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Dans mes pièces ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Oui. Tu écris Paul. Des pièces de théâtre. Elles parlent toutes d’amour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie (à Paul) :&lt;br /&gt;Vous écrivez ? C’est vrai ? Vous écrivez des pièces d’amour ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;J’écris. Oui, mais pas que sur l’amour. Mes pièces parlent de la vie, de la mort et de l’amour à travers le temps. Celui qui a plusieurs visages…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Celui qui a plusieurs corps de femmes, comme celles que tu vas conquérir sans état d’âmes pour les délaisser... En dépit de la vie que tu partages avec moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Tu es dure. Je ne suis pas de ces hommes qui jouent. J’établis toujours les règles quand j’aime et je n’ai qu’une seule âme. Elle m’attend ce soir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Pardon ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;L’amnésie lui revient.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;J’ai rendez-vous ce soir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Encore ce rendez-vous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Vital qu’il dit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Et moi qui croyais que l’on avançait ici en dépit des yeux étoilés de mademoiselle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Hé ! Je ne vous permets pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Ne me dites pas que vous n’en pincez pas pour lui maintenant, même un tout petit peu (Marie rougit. Hina soupire) Les poètes… Paul a très bien compris combien écrire pouvait lui amener toutes les conquêtes qu’il pouvait désirer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul se lève :&lt;br /&gt;Tu voulais désespérément un enfant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;La mémoire revient au galop, les reproches aussi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Je me souviens. J’aimais la Polynésie. Tu étais la Polynésie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Je n’en étais que l’image.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Et nous nous sommes aimés dans un rêve.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Une petite fille est née de cet amour, tu te souviens ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;J’étais avec Hélène. J’élevais Alexandre à ses côtés… Et tu es tombée enceinte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Tu la trompais depuis tant d’années… Où était l’amour dans cette union ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Où est notre amour, aujourd’hui, Hina ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Loin. Aussi loin que ton rendez-vous vital de ce soir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Ca devient pathétique votre histoire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Sortez Marie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Pardon ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Sortez.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Mais… (Elle regarde Paul)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;S’il vous plait, sortez.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle sort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Hina, cet enfant, il est ma vie aussi, c’est pour cela que je l'aimerai et que je la respecterai éternellement. C’est pour cela que je ne peux pas te quitter. J'aime trop cet enfant que tu m'as donné. J’ai trop souffert de la séparation avec Alexandre et tu le sais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Je le sais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Tiaré. Tiaré, ma fille. Ma petite fille de cinq ans. Celle qui partira avec moi car elle doit connaître ce qu’était mon enfance. Alexandre connaît la passion du théâtre et j'essaie de lui enseigner… Tiaré, elle, connaîtra mes racines.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Nous partirons.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Non. Je partirai, tu resteras.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Je ne te laisserai pas l’emmener loin de moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Je t’ai laissé me séparer d’Alexandre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Par amour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Par amour, tu me laisseras retrouver celle qui m’attend ce soir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Personne ne t’attend ce soir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Si. Ma femme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina se lève.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Ton amnésie te joue des tours. Tu t’inventes des souvenirs. Tu t’inventes une vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;C’est pourtant la vérité. Il fallait que tu connaisses la vérité un jour ou l’autre. Je devais te la dire. Je ne voulais pas que cela se passe comme ça, crois-moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Je ne te crois pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;J’ai rendez-vous ce soir !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul se met face à Hina.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina&lt;br /&gt;Je ne te crois pas !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle se détourne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Je suis peut-être amnésique Hina, mais je sais. Ca, au moins, je le sais. J’ai rendez-vous ce soir. (Un temps. Il s’assoit et sourit comme un enfant émerveillé) Je le vois déjà. Elle est si belle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Tu m’inquiètes Paul.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Il n’y a aucune raison de s’alarmer. Ce soir, je retrouve mon ange et mon démon, mon paradis et mon enfer, mon bonheur et ma souffrance. Elle est ma perle et mon épine, elle irradie de lumière et d’ombre… Je pars à sa rencontre. Ce soir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Paul, tu avais bu hier ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Tu sais que je ne bois pas ou très peu. Je ne sais plus ce qui s’est passé hier, quand j’ai manqué ce virage, mais je n’avais pas une goutte d’alcool dans mon sang, je peux te l’assurer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina:&lt;br /&gt;Et tu n’as pas non plus cherché à…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Quoi ? À rentrer dans l’arbre ? Mais ça ne va pas Hina ! Tu ne crois tout de même pas que je cherche à mourir avec ma vie et tout ce que j’ai ! Avec le bonheur dans lequel je vis ! Ah ! Non, non, non ! Et puis, j’en voudrais au destin et à l’univers de m’arracher à la vie maintenant que j’ai trouvé mon âme. J’ai eu de la chance et je peux te dire que j’ai bien compris la leçon. Il faut que je la retrouve ce soir ! Absolument ! (Il se lève) Ah ! Me voilà stressé de nouveau. Cela ne m’arrive jamais pourtant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Tu me dégoûtes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle sort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Oui. Ca aussi, je le savais déjà… (Un temps) Et pourtant, j’ai rendez-vous ce soir. (Il se tourne vers le public) Ce soir, j’ai rendez-vous. Rendez-vous avec ma vie, avec ma mort, avec mon amour à travers le temps. Je retrouve mon âme ce soir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie entre :&lt;br /&gt;J’ai vu Hina sortir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Elle pleurait ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Je crois oui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Elle comprend.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Elle comprend quoi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Toi non plus, tu n’as toujours pas compris ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Comprendre quoi exactement ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Que j’ai perdu la mémoire ! Et que je ne me souviens ni de son nom, ni de son numéro de téléphone ! Je sais seulement que je dois la retrouver ! Ce soir !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Mais qui ? Votre femme ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Mon âme ! Mon ange ! Ma belle ! Celle qui est descendue de l’univers pour m’apporter cette moitié de vie qui me manque ! Celle qui me dit ce qui est sucré quand je lui dis ce qui est salé. Celle qui me sourit quand je pleure, celle qui me donne la vie et qui m’offre la mort ! Celle qu m’a donné un endroit où vivre sans me sentir ni emprisonné, ni délaissé, ni incompris… Elle ! Elle qui fait que je suis Polynésien, que je suis Egyptien. Elle, l’Atlantique et moi, le Pacifique. Elle. Elle. Elle. Elle qui me répète ces mots qui ne me lassent jamais. Elle illumine comme le ciel et elle illustre les nuages... Comme son prénom.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina entre. Elle a les joues rouges.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Paul, je ne sais pas si tu délires à cause de ton accident ou si ce que tu dis est réel mais laisse-moi t’avertir, Paul... Ne deviens pas déraisonnable. Tu as cette tendance à t’emballer comme un cheval fou qui, après une course démente, s’aperçoit qu’il a couru, aveuglé par le soleil. Je ne voudrais pas que tu tombes une nouvelle fois, tu n’as plus vingt ans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Je n’ai plus vingt ans. Si mes yeux ont été aveuglés, aujourd’hui, ils voient clair. Ils savent regarder avec feu à travers une fenêtre de glace qui lui renvoie raison et espoir pour l’amour, le vrai, l’unique… Celui qu’une âme cherche pendant toute sa vie. Peu d’yeux ont la chance de pouvoir la regarder sans se brûler la rétine. Mon esprit est très clair, Hina. J’ai rendez-vous ce soir. C'est une chance à ne pas manquer...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Oui, mais n’oublie pas ceux qui t'entourent et t'aiment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Oui. Mes deux enfants, leurs mères que je respecte, mes parents, ma famille, mon travail… Si mon âme arrive enfin dans mon monde, je ne le changerai pas pour elle. Elle le sait bien car elle a son monde également et elle ne le changera pas pour moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Je ne vois pas comment vous pourrez jamais vivre ensemble.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Nous ne changerons rien, nous adapterons tout. Nous sommes lucides. Si elle est une chance pour moi, je suis aussi la sienne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina éclate en sanglots :&lt;br /&gt;Comment peux-tu me dire des choses pareilles. Tu est un monstre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Calmez-vous Hina. Venez. Il vaut mieux que vous sortiez d’ici. Il vaut mieux… Venez.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie et Hina sortent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul (devant le miroir) :&lt;br /&gt;Tu descends du ciel mon ange. Comme ton prénom si pur et si simple. Il veut dire « cristal » en latin et il éclaire comme de l’eau. Je me souviens maintenant. Tu me l’as expliqué car je me faisais appeler le vent quand tu étais mon ciel. Tu es descendue du ciel pour éclairer ma vie compliquée et tu m’as appris à la rendre si simple. Et regarde-moi aujourd’hui. Je découvre petit à petit celui que je suis, je sais que tu es tout et pourtant, je n’arrive pas à retrouver ni toi, ni ton nom. Dans ces moments-là, je n’arrive toujours pas à me souvenir de moi. Je suis encore amnésique sans toi, mon amour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie entre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Et vous êtes en train de vous regarder dans le miroir !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Que devrais-je faire ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Tourner comme lion, regretter comme un homme, vous en vouloir comme un être humain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Vous êtes belle Marie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Et votre femme, Paul ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Dire des compliments à une femme ou un homme n’est pas contradictoire avec son cœur. Je dis ce que je pense, sans m’en cacher car s’en cacher, c’est devenir infidèle. Je préfère vous complimenter pour mieux penser à elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Ecoutez-vous ! Vous rejetez Hina pour une femme qui n’existe que dans votre mémoire d’amnésique et vous me draguez une fois seuls.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Je ne suis pas amnésique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Tiens, la mémoire vous est revenue maintenant ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Je n’ai pas inventé ce rendez-vous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Vous êtes un sacré salop.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Je veux voir le Docteur maintenant Marie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Il ne mérite pas de soigner quelqu’un comme vous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Je me passerai de commentaires si j’étais vous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Bien. Et que lui voulez-vous au Docteur, qu’on évite de perdre du temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Je veux mon téléphone.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Pardon ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Je veux mon téléphone.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;J’avais bien entendu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Oui ! Mon portable ! Je veux mon téléphone portable. Il doit forcément y avoir son nom. (Un temps) Je lui ai forcément écrit un message, je lui en écris tous les jours car je ne peux pas toujours l’appeler. À cause d’Hina... Pour ne pas la faire souffrir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Pour ne pas la faire souffrir et regardez ce que vous avez fait. Apprendre la vérité comme ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Je ne veux pas la faire souffrir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;En lui mentant ? En lui cachant que vous avez une femme et en vivant avec elle… Vous ne croyez pas que ça allait pas arriver un jour, ce grand déballage sordide de la vérité ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Vous aviez raison.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;J’avais raison ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Elle ne peut pas être ma femme. (Un temps) Elle n’est pas ma femme, elle n’aurait jamais voulu… Je ne suis pas une promesse d’avenir pour elle. Je suis seulement son tout et son rien. Je ne suis… (Un temps) Elle ne voudra jamais… À moins que ce soit moi qui ne veuille pas. Je ne sais pas. (Il regarde Marie et lui sourit) Elle est la femme derrière l’homme que je suis. Elle est ma moitié. Sans elle, mon corps ne fonctionne pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Vous êtes malade sans elle, c’est ça ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Je suis malade avec elle, mais elle est aussi ma cure et mes médicaments. Elle est mon poison et mon antidote. Quand elle n’est pas là, c’est mécanique, mon corps ne fonctionne plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Ecoutez-vous… Sans sentiments, sans remords et dans une forme éblouissante, comme si rien n’était arrivé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;C’est parce qu’elle est au fond de moi, Marie. Elle est au cœur du cœur de mon cœur… Mon cœur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Je n’ai jamais rencontré quelqu’un comme vous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Alors allez chercher un appareil pour immortaliser le moment. Et ramenez-moi mon téléphone en même temps, je vous prouverai que je suis aimé d’une femme et que je lui suis fidèle car je l’aime.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Cela suffira-t-il, Paul ? Cela suffira-t-il à votre culpabilité ? A vos mensonges ? Cet amour suffira-t-il ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Ne vous prenez pas pour une adulte Marie, ces paroles arrachent votre bouche d’enfant innocente.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Naïve Marie, hein ? Naïve ? Naïve au point de se plonger dans vos bras ? Hein ? Paul l’auteur de théâtre. (Elle se plaque contre lui) Paul, l’amnésique qui oublie les femmes et la vie pour s’en inventer une toute nouvelle. Dommage, Paul… Marie vous aimait, elle aussi. Elle a grandit en vous voyant parler à Hina. Et voilà que vous avez tout gâché. A nouveau. (Elle se détache) Adieu l’amnésique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle sort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul se met face au miroir :&lt;br /&gt;Elle s’appelle Claire. C’est un cristal pur descendu du ciel, comme son prénom. Elle me l’a expliqué un jour. Claire, du latin « clarus » qui veut dire clair, illustre et brillant. Les Claires éclairent comme des cristaux purs. Et elles éclairent l'univers. Elle est si lumineuse, Claire. Elle me rappelle l’eau quand je suis le vent. (Il tend la main vers le miroir) Claire. (Il baisse son bras et soupire. Il marche la tête baissée) Je ne suis pas indifférent. Je ne suis pas coupable. Je ne suis pas innocent pour autant… Mais cette vie. Cette vie qui m’enferme, qu’aurai-je dû en faire ? La supporter et ne plus respirer ? Claire est mon souffle. Claire me donne la vie, vous comprenez ça ? Marie, Hina ou Hélène ? Vous ne comprenez jamais. (Paul soupire et s’allonge sur le lit) La première fois que je t’ai fait l’amour, tu as pleuré. Tu m’as expliqué que tu pleurais de souffrances d’amour, celles qui réveillent le cœur. Elles le martèlent de douleurs si fortes que tu soupires de bonheur... C’est parce que les sens sont heureux et en effusion que chaque battement de ton coeur fait mal. C’est une souffrance d’amour... Et tes yeux étaient si joyeux dans leurs larmes, ils brillaient… Tu es si belle. (Un temps) Mais pourquoi je n’arrive pas à revoir ton visage ? Il est si doux, comme ta peau. Ta peau est si tendre qu’elle écorche mes doigts quand je te caresse. Tout m’apaise en toi. Ton énergie, ta vie, ta passion dévorante et tes regards si sereins. Ils se posent sur moi et je suis nu. (Un temps) Je suis si petit face à toi et je suis géant car je peux tout et je ne peux rien quand tu es là. Et quand tu n'es pas là. Je…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie entre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Votre téléphone est tombé à l’eau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul se relève :&lt;br /&gt;A l’eau ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;A l’eau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Mais comment ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Votre voiture s'est arrêtée dans un ravin marécageux. Quand les pompiers ont sorti votre corps, votre portable est tombé. Ils l’ont repêché, mais il ne fonctionne plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Marie, annoncez-vous la mort de vos patients avec autant de détachement et autant de détachement ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Non.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Car je vous assure que pour moi, cette nouvelle est le synonyme d’une mort… Celle du dernier espoir de retrouver son nom avant ce soir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Je suis distante mais pas inhumaine… Je ne tolère pas ce que vous représentez.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Vous avez pris le parti d’Hina, toutes les femmes le font.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Solidarité féminine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Et si je vous donnais ma version de l’histoire ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Que changerait-elle ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;La vérité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Les faits sont là. Vous vivez avec Hina et vous êtes marié à une autre femme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Claire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Elle a un prénom désormais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Claire, comme l’eau claire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Et il vous est revenu, comme ça ? Ou vous avez choisi le prénom le plus banal qui soit après Marie qui était déjà pris ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Elle s’appelle Claire. Elle a 21 ans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Jeune et jolie en plus. Pourquoi se priver, hein ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Oui, je sais. Je suis un homme de quarante ans et je fréquente une jeune femme qui en a vingt et un. Je suis un vampire malsain qui croque les jeunes filles pour les délaisser tel un Don Juan sans morale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Je ne l’aurai pas mieux dit moi-même. Vous faites des progrès.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Je sais. Ce n’est pas vous qui le dites mais c’est ce que pensent les gens, quand ils voient notre couple. Cette fille-là l’aime pour son argent ou a un problème avec son père, genre complexe d'Oedipe ou je ne sais quelle autre explication psychologique. Et celui-là, regardez-le... C'est un salop obsédé à coucher avec une jeune femme et à lui faire miroiter des rêves d'une vie nouvelle quand il la laissera enceinte, désespérée et reniée par ses parents. Cela existe encore, des voyous comme ça et elle appartient à une de ces familles qui n’accepte pas l’amour avant le mariage. Une de ces familles qui n’acceptera pas les hommes comme moi… Libre, heureux, sans complexe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Elle ne vous a jamais présenté à sa famille ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Et moi non plus. Nous vivons dans un monde secret et hors du temps. Très peu savent pour nous. Je crois qu’une ou deux de ses amies savent. Moi, personne ne sait… Mais je crois que ma mère a deviné. (Soupir) Et pourtant, ce n’est pas moi. C’est pour cela aussi, qu’elle m’aime. Le qu’en dira-t-on ? Ça lui est égal ! Elle dit que ceux qui ne sont pas capables de comprendre ce qu’est l’amour et ne sont pas heureux. Il vaut mieux les plaindre que de les écouter. Elle veut seulement aimer. Mon ange est si pur et simple. Tout est facile pour elle. Évidemment, elle est jeune, pleine d’illusions, mais elle a les pieds sur terre. (Un temps) Quand elle m’a serré dans ses bras la première fois, elle tremblait. Puis elle a posé ses lèvres sur les miennes. Elle voulait un baiser doux quand je voulais la manger, la dévorer. Je lui ai mouillé ses lèvres, la pauvre essayait de cacher qu'elle avait été déçue par ce premier baiser empressé. Depuis, elle m’a appris à dompter le temps et me transporte dans mes assauts d’amour. Elle me demande des baisers qui ne s’arrêtent jamais… Ceux qui nous emmènent hors du temps. Elle m’y offre la suavité et la volupté dans la passion... Je n’avais jamais connu ça avant. (Soupir) Il faut que je me souvienne Marie. Il faut que je me souvienne !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie radoucie :&lt;br /&gt;Laissez le temps faire. (Elle soupire et s’assoit sur une chaise) Le temps fait tout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Faites attention Marie, vous vous attachez à moi. Cela s’entend dans votre voix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Peut-être que j’ai envie d’écouter ta version de l’histoire… (Elle chuchote) Quelle est-elle ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Elle est compliquée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie se lève :&lt;br /&gt;Perdu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Pardon ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;La vérité est toujours simple, la moralité encore plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;La moralité ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Comment avez-vous rencontré votre femme ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul se lève et fait face au public :&lt;br /&gt;C’était un samedi. Elle portait une robe blanche. Elle sentait les fleurs du marché. Des roses. (Un temps. Hina entre avec un bouquet de roses rouges dans les bras) Elle voulait acheter un grand bouquet de roses rouges et elle s’est griffée le doigt en les choisissant. (Un temps) Elle portait une robe blanche qui flottait dans le vent et des chaussures à lanières et quand (Il se retourne souriant et voit Hina habillée à l’identique) Et quand…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Et quand ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Quand je suis passé près d’elle, elle a murmuré un son muet aussi sensuel que l’odeur des fleurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;C’était un samedi comme les autres. Le soleil tombait sur le tissu des échoppes et le monde riait de la chaleur clémente du printemps qui commençait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;La lumière a éclairé ses yeux verts. Si verts, ses yeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Verts ? Ils étaient verts cette fois-ci ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Je vais chercher un vase.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Faites donc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle sort.&lt;br /&gt;Silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Claire a les yeux verts.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Elle s’appelle Claire alors ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Claire Jacques. Madame Jacques. Elle a les joues roses quand elle sourit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina pose les fleurs sur le lit :&lt;br /&gt;La belle enfant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Nous nous sommes rencontrés ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Sur le cours Saleya. C’est samedi matin le marché à Nice.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Tu portais ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Une robe blanche en dentelle brodée par ma grand-mère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Tu avais 21 ans ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina rit :&lt;br /&gt;Non… J’avais 28 ans. Pourquoi crois-tu qu’il m’ait pris une envie d’enfant 5 ans après ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;J’ai trompé Hélène pendant 5 ans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Tu n’as jamais vraiment été avec Hélène.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Je suis rentré de Polynésie. J’ai commencé à travailler à Nice.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Puis tu as déménagé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Sauf qu’Hélène était enceinte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Ton père t’a obligé à revenir à Nice pour t’occuper d’elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Je passais mon temps à voyager à l’époque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Puis, tu t’es installé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Cinq ans après, j’ai trouvé un autre travail et tu as pris celui que j’occupais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;C’est comme ça que tout a commencé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Tu étais tellement pleine d’illusions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Mais je n’étais pas la seule que tu voyais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Tu as perdu ta joie de vivre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Tu courrais partout et tu me disais tous ces mots…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Tu m’as fait des reproches.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;J’ai réussi à te rendre fidèle pourtant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Tu m’as enfermé dans ton modèle de vie et de routine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Je voulais une vie. Une vie avec toi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;J’ai rencontré Claire à un Symposium.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Tu m’en as toujours voulu d’être tombée enceinte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Elle portait une veste crème et une jupe noire qui volait dans les airs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Tu ne me voulais pas dans ta vie et je t’aimais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Elle m’a regardé, elle était surprise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Que devais-je faire ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Si surprise. Moi, avec mes quarante ans marqués sur mon visage… Je lui plaisais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina (à Paul) :&lt;br /&gt;Qu’aurai-je du faire ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Tu m’as apporté des fleurs ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Elles viennent du bureau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Du bureau ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Envoyé par ton patron mais il y a une multitude de cartes. (Hina sort les cartes de sa veste) Tiens, c’est pour toi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Merci.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Tu travailles pour un centre de recherche sur la mer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul regarde toutes les cartes :&lt;br /&gt;J’ai tant d’amis ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Tu es populaire mais tu as très peu de confidents. Tu es un solitaire social.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Et je ne me confie qu’à mon père, pas vrai ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Ton père a la maladie d’Alzheimer, tu ne peux plus beaucoup te confier désormais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Alors, avec qui je me confie ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Tu as des fidèles, mais tu es un éternel décalé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Je n’y peux rien si les gens ne comprennent pas et ne veulent pas comprendre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Tu ne cherches pas à te faire comprendre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Ils m’évitent car je leur tends un miroir qui leur renvoie une vérité qu’ils préfèrent ignorer. Je pensais que l’enfance passée dans une autre culture m’avait apportée cette richesse, mais elle est dans votre regard. Tout le monde ne naît pas avec, qu’il grandisse à l’étranger ou pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;L’amnésie ne t’a pas changé… Tu assène des vérités creuses que tu es le seul à comprendre. Tu es persuadé qu’il s’agit là des paroles d’une connaissance sage que tu es le seul à connaître. Tu es bien là, égal à toi-même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Égal à moi-même car on ne peut pas échapper à soi-même… On a beau essayer, parcourir le monde et les corps, on revient toujours sur le même soi. Invariable tel au temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Invariable tel au temps. Eternel amoureux, éternel amant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Elle n’est pas amoureuse de moi. Elle ne veut pas que je sois amoureux d’elle non plus. Elle dit qu’être amoureux, cela devient ennuyeux et qu'on se quitte. On est amoureux des autres. Nous, elle veut seulement qu’on s’aime.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Qu’on s’aime ? Ce mot perd tout son sens dans ta bouche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Que veux-tu Hina ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Je voudrais rire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Souris pour commencer, le rire viendra après.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Comment fais-tu ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Quoi donc ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Pour être toujours optimiste. Pour glisser sur les choses. Pour rire, encore et toujours. Malgré tout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Je suis un optimiste de la vie. Je viens de frôler la mort. Je me suis foutu dans un arbre et un ravin à la fois ! Je suis un accidenté chanceux que la mort a frôlé alors je me suis rempli de vie pour l’offrir à ceux qui sont autour de moi. Quoi de plus normal quand on vous offre cette chance-là ! C’est un devoir de rayonner comme celui qui répand la parole. Jacques Prévert disait : « vous vous devez d’être heureux, au moins pour montrer l’exemple ». Paul Jacques dit : « Quand on est heureux, on se doit de montrer le bonheur pour donner l’exemple ».&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2045635635459388620-6383131185118896271?l=galicismos-suite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/feeds/6383131185118896271/comments/default' title='Enviar comentarios'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/2009/02/le-rendez-vous-amnesique-piece-de_14.html#comment-form' title='0 comentarios'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2045635635459388620/posts/default/6383131185118896271'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2045635635459388620/posts/default/6383131185118896271'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/2009/02/le-rendez-vous-amnesique-piece-de_14.html' title='&quot;Le rendez-vous amnésique&quot; pièce de théâtre de Céline Hervé-Bazin (3/4)'/><author><name>galicismos</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2045635635459388620.post-5790402632951118730</id><published>2009-02-07T15:50:00.000-08:00</published><updated>2009-02-26T16:05:48.705-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='en français'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Le rendez-vous amnésique'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Céline Hervé-Bazin'/><title type='text'>"Le rendez-vous amnésique" pièce de théâtre de Céline Hervé-Bazin (2/4)</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;Hina :&lt;br /&gt;Non, tu ne m’aimes pas. L’amnésie ne m’aura même pas donné cette illusion-là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Pardon ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Nous ne nous aimons plus depuis quelque temps... Certes, nous avons des hauts et des bas et la flamme repart de temps en temps... Ici et là. Mais je ne vais pas me mentir ou te mentir… Tu découvriras vite la vérité. Tu as toujours su être bon pour ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Quelle vérité ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Que je t’aime tendrement. Que je t’ai toujours aimé tendrement. Que je t’ai été infidèle comme tu me l’as été. Tu as besoin d’aller voir ailleurs. Mais là où je te reste fidèle en amour, tu ne me portes plus dans ton cœur car tu es tel au vent… Tu souffles puis tu t’arrêtes car tu ne sais pas rester à un seul endroit longtemps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Il y a pourtant des endroits au monde où le vent souffle sans jamais s’arrêter… Regarde en Patagonie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Je ne t’ai jamais entendu dire ça avant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;C’est que… C’est que ce n’est pas moi qui le dit. Quelqu’un d’autre vient de parler pour moi. Quelqu’un d’autre que je connais… Comme mon âme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Je m’en vais. J’en ai suffisamment entendu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Non, restez !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Ne voyez-vous pas qui il est !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Vous devez m’aider à remplir le formulaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Je n’en ai fichtre faire de votre formulaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;J’ai mal à la tête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Venez, asseyons-nous. (Elle s’assoit et invite Hina et Paul à s’asseoir près d’elle) Nous allons remplir votre questionnaire médical ensemble pour vous aider (à Paul) à retrouver votre mémoire, (à Hina) et vous, votre calme. D’accord ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils soupirent et s’assoient tous les deux autour de Marie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Nom ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Jacques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie (à Paul) :&lt;br /&gt;Prénom ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Paul.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Situation maritale ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Célibataire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Divorcé ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina (à Marie) :&lt;br /&gt;Paul ne s’est jamais marié. Et ne vous avisez pas d’aborder le sujet avec lui…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Je ne suis pas marié ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Non.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Pourtant, j’ai l’impression d’être marié.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Tu n’es pas marié Paul. Tu as toujours refusé de te marier et faire vœu de fidélité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Ah bon ? Pourtant…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Pourtant ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Je suis marié. J’en ai la certitude.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Se pourrait-il que Paul soit marié et que vous ne soyez pas au courant Hina ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silence. Hina se lève en soupirant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Oui... Oui. C’est possible. Tout est possible avec Paul… Mais le mariage, c’est bien quelque chose qui me paraît inconcevable… Enfin. (Elle lève les mains au ciel)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Nous allons faire un test. Très simple. Répondez par « oui » ou par « non ». Prenez votre temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Très bien. Allons-y Marie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Avez-vous rendez-vous aujourd’hui ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Oui. Il est d’une importance vitale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Paul !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Ah… Excusez-moi Marie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Restez concentré. (Un temps) Avez-vous rendez-vous ce soir ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Oui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Avez-vous une femme ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Oui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Avez-vous rendez-vous avec votre femme ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul (un temps) :&lt;br /&gt;Oui Marie, j’ai rendez-vous avec ma femme. Vous avez tout juste. (A Hina) J’ai rendez-vous avec ma femme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina veut sortir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Avez-vous des enfants avec Paul, Hina ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina s’arrête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Je voudrais sortir maintenant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Oui. (Il regarde Hina) Je me souviens maintenant. Nous avons une petite fille tous les deux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Oui. Elle a cinq ans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Oui. Son prénom évoque les fleurs et les îles de Polynésie… Car je viens de Polynésie et toi aussi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Paul a grandi en Polynésie pendant son adolescence. Il s’estime Polynésien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Et Egyptien !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Pardon ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Oui, Egyptien ! Je n’ai pas un attachement avec l’Egypte ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Ah ! Aucun ! Tu y es allé avec ton fils et tes parents, mais c’était en vacances. (Un temps) Ta fille s’appelle Tiaré, Paul.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Oui. Tiaré. Et Alexandre, mon fils. Comme je les aime. Ils vont venir ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Je ne sais pas. Je n’ai pas encore eu Hélène au téléphone.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Hélène est ma première femme et Alexandre a treize ans. Je l’aime et j’en suis fier. Vous pouvez le noter Marie, les choses vraiment importantes ne sont jamais écrites dans les dossiers administratifs. C’est pourtant cela qui fait la vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Je le note, Paul mais c’est parce que cela fait partie de votre dossier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Bien. Vous êtes une bonne infirmière. Je vous rembaucherai.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Oui… Sauf que j’aurai dû être pâtissière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Pâtissière ? Mais quelle idée. (Il prend ses mains dans les siennes) Pâtissière, quel outrage ? Vous auriez brûlé vos mains… Si fines. Ah non Marie, vous êtes infirmière. Très douée comme infirmière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Arrêtez, vous allez me faire rougir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Je m’en vais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie se lève :&lt;br /&gt;Restez Hina.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul se lève :&lt;br /&gt;Restez Hina.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Pourquoi rester quand il est prêt à vous manger comme son quatre heures ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Je ne veux pas manger Marie. Je suis marié.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Laissez-moi sortir, son amnésie me fatigue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie acquiesce.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul (à Hina):&lt;br /&gt;Embrasse-moi car je t’aime et je te respecte. Tu es la mère de ma fille et celle qui m’aide à passer le quotidien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Certes. Tu as toujours su faire des phrases qui veulent tout et rien dire. Des phrases creuses et pleines de cette vérité que tu ne caches jamais… Même si cela doit me faire souffrir. Ah non… Tu ne caches jamais rien, surtout si cela peut me faire souffrir. C’est pour ça que tu ne peux pas être marié.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Je ne cherche pas à te faire souffrir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina ;&lt;br /&gt;Tu sais bien que tu le fais au quotidien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;L’amour est souffrance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina (à Marie) :&lt;br /&gt;C’est son credo ça… (A Paul) Avec celui-là, « amour égal liberté », c’est pour ça que tu ne peux pas être marié.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Touché. Tu as probablement raison. Je ne sais pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Sortez Hina.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Tu sais mais tu mens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Il faut sortir Hina.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Je ne me souviens pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Ta mémoire a des trous arrangés, cousus sur-mesure… A ta mesure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Il faut que j’interroge Paul.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Je ne me souviens pas.&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Pourquoi mentir ? Pourquoi jouer ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Hina, s’il vous plaît. Croyez-moi… Il faut sortir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Si je jouais, je jouerai avec ma vie et si je mentais, je mentirai à mes enfants. On ne peut pas leur mentir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Tout les parents le font, pour leur bien. Tu mens car tu as perdu la vérité et tu ne t’en aperçois plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Sortez Hina maintenant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;La vérité est un luxe que l’amnésie m’a offert. Je ne mens jamais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Je sors Marie car je m’aperçois de ce qui a été perdu dans cet accident contre un arbre… Une mémoire bien précieuse en effet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Nous allons la retrouver, pas vrai monsieur Paul ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Sors Hina.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Tu ne m’appelles jamais par mon prénom... (Ils se regardent. Elle a l’air grave) A plus tard Paul.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle sort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Elle n’a pas apprécié pour le prénom… Oh ! Puis, elle s’en remettra.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il sourit à Marie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Bien. Et si nous parlions de celle que vous considérez comme votre femme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Celle que je considère comme ma femme… (Un temps) Vous voulez dire qu’elle n’est peut-être pas ma femme maritalement ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Je ne sais pas. C’est à vous de le déterminer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Ce que je sais, c’est que j’ai rendez-vous avec elle ce soir. Que ses yeux sont verts et que le soir, ils brillent comme des étoiles. Le matin, ils sont pleins de mystère et le jour, ils illuminent de joie. Ils sont verts les yeux de ma femme et ils m’enseignent la vie, le bonheur, la mort, la souffrance et le rire, à chaque instant. (Un temps) La vie est difficile et si facile grâce à elle. Elle me donne la folie de croire que tout peut recommencer et la raison d’espérer que cela peut s’arrêter pour renaître à chaque instant. C’est un ange qui m’a été envoyé, un démon qui m’a été offert… (Il se lève brusquement) Elle est jeune ! Je me souviens maintenant ! Elle est si jeune ! Elle a 20 ans de moins que moi ! Oui, 20 ans de moins que moi ! Et elle vient de fêter ses 21 ans. Oh, mon ange ! Je dois te retrouver ce soir ! Je dois te retrouver ce soir ou je vais mourir ! Marie, il faut m’aider à retrouver la mémoire !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Asseyez-vous. Construire une vie prend du temps, vous ne pensez pas que la retrouver va revenir sans efforts. Asseyez-vous, voyons.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul s’assoit et regarde Marie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Vous dites des choses… C’est insultant de les voir sortir de votre bouche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Nous allons arrêter de parler de ce rendez-vous… (Paul s’approche de son visage) Cela provoque trop…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Trop ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie le repousse :&lt;br /&gt;Trop de stress en vous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul s’éloigne :&lt;br /&gt;Ah.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Parlons de votre fils, si vous voulez bien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul soupire :&lt;br /&gt;Bien sûr.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie se lève brusquement :&lt;br /&gt;Un instant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Où allez-vous ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Voir où en est le Docteur. Je reviens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Je vous attend là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Paul… Vous êtes… (Elle fait un geste d’agacement des mains)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle sort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Oui, je sais. (Il soupire et pose sa main sur son front. Il se lève et retourne devant le miroir.) Où es-tu mon ange ? Au fond de mon âme et au fond de ma mémoire. Que m’arrivera-t-il si je n’arrive pas à te retrouver ? Je t’ai déjà fait tellement souffrir avec ma vie si simple et mes sentiments si compliqués. Tu es la pureté quand je suis la bête noire. Tu m’aimes, tu ne m’apprends rien et tu m’épates à chaque instant. Qui suis-je moi ? Homme de 20 ans ton aîné avec rien à t’offrir si ce n’est moi. Et tu m’aimes. Tu m’aimes. Mon cœur. Tu m’aimes, je le sais… Tu existes et je te retrouverai. Du fond de moi-même, je te le promets, je te retrouverai.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie entre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Vous m’avez pris un café ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Pardon ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Vous ne voudriez pas aller me chercher un café et une barre chocolatée ? Il doit bien avoir un distributeur quelque part dans cet hôpital… Assez pour vendre un semblant de vie soi disant édulcorée... (Il s’arrête sous le regard sceptique de Marie) Excuse-moi. Je dis des phrases étranges parfois. C’est le chic des parents…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Je ne suis pas votre fille et encore moins votre hôtesse. Je suis ici pour m’occuper de votre maladie, l’amnésie aiguë.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Ne devenez pas aigrie, ça ne va pas à une jeune fille comme vous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Est-ce qu’il y a marqué serveuse de Paul sur mon badge ? (Elle désigne son badge sur sa poitrine)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul avance son doigt :&lt;br /&gt;Non, il y a…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie frappe son doigt :&lt;br /&gt;N’y pensez même pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Vous m’avez tenté, avouez-le.&lt;br /&gt;`&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Et votre femme ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Je suis amnésique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Vous l’êtes quand ça vous arrange !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Comme la plupart des sourds, je fais croire que je n’entends rien pour qu’on me foute la paix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;L’amnésie est une maladie trop grave pour en rire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Je n’en ris pas, j’en joue !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Vous pouvez toujours rêver pour votre café. (Elle s’assoit et regarde le dossier médical de Paul) Poursuivons, votre fils a treize ans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Et pourtant, combien aurai-je aimé retrouver l’odeur du café… Son odeur suave et envoûtante… A tel point que vous en perdez tous vos sens. Vous savez que cela fait partie de mon processus de guérison, retrouver les odeurs pour retrouver les souvenirs, c’est Proust que le dit !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie intriguée :&lt;br /&gt;Vous sentez ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Je ne sens rien oui ! Comment voulez-vous que je sente si vous ne m’apportez pas mon café ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie lui tend son poignet :&lt;br /&gt;Sentez ! (Paul veut prendre son poignet dans sa main) J’ai dis « sentez » pas « touchez » !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Alors approchez-le de mon nez ! Comment voulez-vous que je sente quoi que ce soit à cette distance-là ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie soupire et approche son poignet. Paul inspire puis aborde un sourire béat.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Alors ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;J’adore votre parfum.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Vous ne pouvez pas sentir !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Mais puisque je vous dis que vous sentez bon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Mais non ! C’est marqué là ! Dans votre dossier ! Vous avez perdu votre odorat après un accident de plongée !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Un accident de plongée ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Oui. En Polynésie. Et vous ne pouvez plus sentir !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Pourtant, je vous assure, je sens votre parfum.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Et que sent-il ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul soupire :&lt;br /&gt;Vous m’en posez de ces questions !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :C’est pourtant simple !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Simple ! Simple ! C’est la meilleure ! Vous avez déjà demandé à un homme ce qui avait changé dans votre coupe de cheveux en sortant de chez le coiffeur ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Oui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Et ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Ah… Oui, c’est vrai.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Bien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Mais comment faire alors ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Quoi donc ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Mais vérifier que vous avez retrouvé votre odorat !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;J’ai mon odorat Marie, je vous assure. Je sens votre odeur comme je sens… L’odeur de ces draps blancs. Ils me disent tout de cet hôpital et de ses détergents… C’est une odeur destinée à tuer les bactéries. (Un temps) C’est l’odeur de la maladie et du radeau de la vie pour ceux qui doivent apprendre à survivre dans ces lits et dans ces draps. C’est une odeur forte, repoussante et rassurante. Je vous assure Marie, une telle odeur ne s’invente pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Il faut vous faire des examens. Je vais les programmer. En attendant, il faut que vous vous souveniez.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Il faut que je me souvienne…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Alexandre, votre fils.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Mon fils. Il a treize ans mon fils.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Vous l’avez déjà dit ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Il va à l’école.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;C’est normal à treize ans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Il travaille bien je crois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Vous croyez ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Il est raisonnable mon fils, comme sa mère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :Hélène ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Hélène, sa mère. Belle et raisonnable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Quoi d’autre ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Elle m’a tellement reproché.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Reproché ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Je n’étais plus satisfait. Je voulais changer de vie, tout plaquer…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Vous l’avez quitté ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Je l’ai trompé. Avec Hina, entre autres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Et ben dis donc. Vous êtes un sacré…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Et j’ai trompé Hina aussi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Bien. Et si on parlait d’Alexandre plutôt ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Ce pas que je ne voulais pas, (Hina entre en silence) mais…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Mais ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Elles ne supportent jamais mon individualisme égoïste. (Un temps) Ma liberté, ma mal humeur de vivre, mon optimisme forcené… Pour elles, je suis encore un enfant et je ne suis pas responsable. En vérité, je ne fais que regarder le monde à travers mes yeux d’enfants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Les hommes sont toujours de grands enfants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Je suis un adulte, Marie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Un enfant gâté, oui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Ah, vous êtes là ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul ;&lt;br /&gt;Qu’est-ce que je vous disais…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;On ne vous a pas appris à frapper avant d’entrer ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina (à Paul) :&lt;br /&gt;Je voudrais te parler.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Que s’est-il passé exactement Hina ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Comment ça, que s’est-il passé ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Qu’ai-je fait pour ne plus t’aimer ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Tu t’es lassé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Pourquoi ? Pourquoi m’as-tu laissé me lasser ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Tu as toujours été très tendre et très aimant, mais tu t’es lassé… Comme je suis devenue déçue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Déçu ? Je t’ai déçu ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Je ne sais pas. Je ne sais plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Comment un couple fait-il pour passer les épreuves du temps ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Vous voilà philosophe, vous ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;C’est que Paul avec ces échecs amoureux me fait réfléchir. Je ne veux pas vivre ça…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Hé… Je ne vous permets pas de…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;C’est une longue histoire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Oui. Une longue histoire en somme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Une longue histoire, Paul. Mais elle n’était pas si compliquée que ça. Pas si compliquée que ça. (Un temps) Tu veux la vérité Paul ? Je profite de ta perte de mémoire pour te dire les mots que je n’ai jamais eu le temps ou le courage de te dire... À cause de notre histoire… Mais cette perte de mémoire est comme une nouvelle naissance pour toi. Tu dois tout apprendre et réapprendre de ce qu'était ta vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Vas-y, je t’écoute.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;La vérité est que je ne t’ai jamais vraiment satisfaite et je ne sais pas si une femme pourra un jour le faire… Ce qui est malheureux pour toi, mon Paul, car tu sais être heureux mais tu te rends malheureux … Comme si tu avais peur de tout ce qu’on t’offre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Je ne suis pas sûr de bien te comprendre même si ce que tu me dis est aussi clair que du cristal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Paul, tu es un idéaliste. Tu as toujours été à la recherche de ton âme, persuadé qu’elle résidait dans le corps d’une femme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Je crois que l’âme est masculine et féminine. Elle se sépare de l’univers pour s’incarner dans un homme et une femme. Sur Terre, ils doivent se retrouver. Seuls ceux qui savent voir avec le cœur se retrouvent. Ceux qui ont cette chance là ne peuvent s’aimer pour la vie car l’amour qu’ils partagent est trop fort, trop pur, trop parfait pour être supporté par le corps humain. Soit ils se rencontrent jeunes et se séparent, soit ils se rencontrent tard et finissent leur chemin ensemble, soit… &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2045635635459388620-5790402632951118730?l=galicismos-suite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/feeds/5790402632951118730/comments/default' title='Enviar comentarios'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/2009/02/le-rendez-vous-amnesique-piece-de_07.html#comment-form' title='0 comentarios'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2045635635459388620/posts/default/5790402632951118730'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2045635635459388620/posts/default/5790402632951118730'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/2009/02/le-rendez-vous-amnesique-piece-de_07.html' title='&quot;Le rendez-vous amnésique&quot; pièce de théâtre de Céline Hervé-Bazin (2/4)'/><author><name>galicismos</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2045635635459388620.post-2184303135275201884</id><published>2009-01-31T15:56:00.000-08:00</published><updated>2009-02-26T16:05:57.942-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='en français'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Le rendez-vous amnésique'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Céline Hervé-Bazin'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='teatro'/><title type='text'>"Le rendez-vous amnésique" pièce de théâtre de Céline Hervé-Bazin (1/4)</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;Marie :&lt;br /&gt;Mais à l’hôpital monsieur. Vous avez eu un accident en rentrant chez vous. Vous avez manqué un virage et votre voiture est tombée dans un ravin. Vous avez eu beaucoup de chance vous savez, car vous n’avez rien ! Rien de cassé je veux dire... Juste des gros bleus et un sacré coup sur la tête !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Un accident dites-vous ? C’est étrange... Je me sens pourtant très bien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;C’est pour cela que vous avez beaucoup de chance ! Pas d’os cassé, ni de fracture du crâne ou du thorax ! Pas même un oedème ou un tour de rein ! À peine un bleu sur les poignets d’amour !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Vraiment ? Montrez-le moi que je le garde en mémoire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(Marie s’approche)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Vous voyez ! Rien ! J’ai dû le confondre avec la lumière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;En même temps, je n’aurai pas voulu avoir un bleu d’amour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Pardon ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Rien. Je plaisante... Un bleu sur les poignets d’amour aurait été contrariant pour mon capital séduction, admettez.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Certes… Je vais chercher le Docteur. (Un temps) Votre mère est venue ce matin. Elle vous a laissé ces gâteaux et ces fleurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle les montre posées sur la table à côté de Paul.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Chère maman... Elle reviendra ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Elle proposait de venir vous chercher ce soir pour que vous dîniez avec eux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Très bien. Je les appellerai tout à l'heure. (Il sursaute) Quel jour sommes-nous ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Lundi. Lundi 30 janvier.&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Lundi 30 janvier… Lundi 30 janvier ? Mais j’ai rendez-vous !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Rendez-vous ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Oui, rendez-vous. Un rendez-vous très important. Il faut que je parte tout de suite !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il veut sortir du lit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Ah non ! Vous restez tranquille. Vous ne partirez pas tant que le Docteur ne vous aura pas examiné.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Mais j’ai rendez-vous, vous dis-je !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Veuillez rester tranquille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie essaie de le tenir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;J’ai rendez-vous ! J’ai rendez-vous vous dis-je.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie s’arrête brutalement. Paul réussit à se lever. Silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Vous avez rendez-vous ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Oui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Et avec qui d’abord ? Nous pouvons l’appeler et lui expliquer. Il comprendra votre rendez-vous !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul blêmit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Je... J’ai... (Un temps) Je ne sais pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Vous ne savez pas ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Je ne sais pas avec qui j’ai rendez-vous. Je… (Il lui prend fermement la main) Mais c’est horrible. Je ne me souviens plus ! Je ne sais plus avec qui j’ai rendez-vous. Je sais seulement que si je n’y vais pas, je vais manquer la chance de ma vie, vous m’entendez ! La chance de ma vie !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Calmez-vous ! Votre accident vous a sonné monsieur. Il faut reprendre vos esprits et penser à votre santé avant tout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Me calmer ! Me calmer ! Mais comment voulez-vous que je me calme ! J’ai rendez-vous mais je ne sais plus avec qui ! Ma vie est entre les mains de ma mémoire et vous voulez que je me calme ! Mais vous délirez, je ne me calme pas du tout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul fait quelques pas. Silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie&lt;br /&gt;Excusez-moi de vous poser la question… Mais comment vous appelez-vous ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Je m’appelle… Je m’appelle… Je ne me souviens plus. (Il prend la main de Marie) Je ne me souviens plus. C’est horrible. C’est affreux. Je ne me souviens plus de mon nom. Mais que vais-je devenir ? Que vais-je devenir ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Calmez-vous. Cela arrive souvent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Quoi donc ? D’oublier son nom ? Merci mais j’aurai souhaité que cela ne m’arrive pas ! C’est très frustrant !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Mais non ! Vous êtes amnésique c’est tout. Ca va passer. C’est le choc qui a provoqué votre perte de mémoire. Ce n’est pas nécessairement grave. Surtout que vous vous souvenez que vous avez rendez-vous ce soir. Cela montre que l’amnésie n’est que partielle !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Partielle ! Partielle ! Amnésie partielle ! Et moi voilà ligoté à ma mémoire et à la vérité ! Vous parlez d’une bonne nouvelle ! Moi. Amnésique partiel, c’est la meilleure ! Je travaille à plein temps, moi Madame !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie le regarde sans comprendre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Et comment je m’appelle, moi d’abord, Madame amnésie partielle !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Oh ! Et ben si vous le prenez comme ça, moi, je m’en vais. Vous êtes peut-être amnésique mais il faudrait vous souvenir de vos manières, tout de même !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle veut sortir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul l’agrippe :&lt;br /&gt;Je vous en supplie, ne me laissez pas seul mademoiselle, je suis amnésique. Je suis amnésique !!!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Mais vous êtes fou ! Lâchez-moi ! Lâchez-moi vous dis-je !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul la lâche brutalement et s’assoit, blême. Silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Monsieur… Monsieur. Vous allez bien ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Quel jour sommes-nous ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Rétrograde. C’est une amnésie rétrograde !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Rétrograde, moi ? Vous fabulez. Je suis toujours tendance. On est jeune ou on ne l’est pas.&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Mais non, vous avez des pertes de mémoires post traumatiques et vous ne retenez pas les informations que l’on veut dit maintenant. C’est une perte de mémoire de courte durée, j’en suis certaine. Vous avez de la chance, cela aurait pu être bien pire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Vous êtes Docteur ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Je suis Marie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Alors abstenez-vous donc de tout diagnostic, Marie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Vous pouvez me faire confiance quand il s’agit d’amnésie, je…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Où est le Docteur, Marie ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Pardon ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Où est le Docteur, Marie ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Comment savez-vous que je m’appelle Marie ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Vous venez de me le dire. Je ne tenais pas l’amnésie pour maladie contagieuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Que vous êtes désagréable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Le Docteur va venir ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Si ma compagnie vous importune, vous pouvez le dire tout de suite, je sors immédiatement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul se lève brutalement :&lt;br /&gt;Je dois sortir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Ah non ! Vous allez pas recommencer ! (Elle le bloque)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;J’ai rendez-vous, vous dis-je !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie s’arrête :&lt;br /&gt;Mais à quoi vous jouez ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Mais j’ai rendez-vous, vous dis-je !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Et bien… On est pas rendu. Je vais chercher le Docteur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Je viens avec vous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Non. Surtout pas. Vous allez vous asseoir bien gentiment. Et une fois sur votre lit, vous allez vous allonger comme un grand garçon bien sage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Laissez-moi sortir !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie s’écarte :&lt;br /&gt;Bien. Je ne vais pas me battre avec vous. Moins vous serez coopératif, plus votre sortie sera retardée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Ne me menacez pas mon cœur, (il passe sa main sur sa joue) cela ne va pas à votre teint.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul sort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Oh ! Quel idiot ! (Un temps) Cela ne vous va pas au teint… Mais de quoi je me mêle, monsieur j’ai un rendez-vous ! (Elle s’assoit en soupirant) Pourquoi faut-il que je tombe toujours sur les tarés de l’hôpital ! (Elle soupire et tombe en arrière sur le lit) Marie, petite Marie, tu savais que tu aurais dû être pâtissière ! (Silence. Hina entre quand Marie soupire bruyamment)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Et bien… Je vois qu’il a été plus rapide que d’habitude ! (Marie se lève brusquement)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Oh ! Vous m’avez fait peur ! Je croyais…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Ne vous en faites pas mon petit, je ne dirai rien au Docteur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Oh ! Ce n’est pas ça. (Elle se lève) Je croyais que c’était l’autre taré !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;L’autre taré ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Oui, le malade avec son rendez-vous urgent et son amnésie partielle. Un fou et pas des moindres !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Vous parlez de Paul ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Paul ? (Elle regarde le cahier du patient) Oui. Monsieur Paul Jacques, un vrai fou comme on en fait peu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Oh… Ce serait plus drôle s’il était fou.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Pardon ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Paul n’est pas fou. Ce qui est bien dommage…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Excusez-moi mais je ne l’ai pas trouvé très sain d’esprit mais bon, avec le coup qu’il s’est pris, c’est peut-être normal… (Hina sourit avec un air moqueur) Et vous êtes qui vous d’abord ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;La compagne du fou. Non, pardon ! Celle qui passe de temps en temps. (Marie regarde sans comprendre. Hina tend sa main) Je suis Hina, et vous, vous êtes qui d’abord ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie sert sa main hébétée :&lt;br /&gt;Marie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Marie ? Comme la vierge Marie ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie secoue sa tête :&lt;br /&gt;Non. Marie l’infirmière qui aurait dû être pâtissière, ça m’aurait évité de rencontrer des fous comme…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Comme Paul ? Vous pouvez bien le dire mais cela n’a pas beaucoup de sens. Paul n’est pas fou… Il a beaucoup de défauts, peu de qualités. La folie n’en fait pas partie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Vous aussi, vous êtes bizarre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Et vous, vous êtes Marie, l’image de la Sainte Vierge, pure et fraîche jeune fille que Paul a déjà dû séduire… Et voilà l’oiseau parti.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Hein ? J’ai rien compris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Une blonde en plus. Les hôpitaux ne sont plus ce qu’ils étaient.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Paul est parti chercher le Docteur parce qu’il a un rendez-vous vital ce soir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Un rendez-vous ? Ce soir ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul entre en claquant la porte :&lt;br /&gt;Où est le Docteur ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Je vous avais dis que c’est moi qui devais aller le chercher, Monsieur Jacques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;S’il vous plaît mon cœur, appelez-moi Paul.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie se racle la gorge :&lt;br /&gt;Paul, nous avons de la compagnie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul se tourne et voit Hina :&lt;br /&gt;Connaît pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;L’amnésie continue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Marie, s’il vous plaît, aidez-moi. J’ai rendez-vous ce soir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Oh non, c’est pas vrai. Voilà qu’il recommence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Mais il est de la plus grande importance ! D’une importance vitale, Marie !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Vous devriez en parler avec cette dame, Paul, je suis sûr qu’elle vous aidera.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul regarde Hina :&lt;br /&gt;Vous êtes Docteur vous ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina fait non de la tête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Je suis infirmière, si cela peut être utile…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Quel est le rapport ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Rustre ! (Un temps) Voyons Paul. Faites un effort. Tâchez de vous souvenir par vous-même. Prenez tout votre temps... Regardez bien cette jeune femme et répondez en fonction de ce que vous dicte votre instinct… (Un temps) Si vous ne vous souvenez de rien… Et bien, ce ne sera pas faute d’avoir essayé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul s’approche de Marie et chuchote :&lt;br /&gt;Mais je suis amnésique Marie, comment voulez-vous que je me souvienne ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Laissez Marie, Paul aura toujours une bonne excuse pour faire croire qu’il m’a oublié.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie prend les mains de Paul :&lt;br /&gt;Cherchez au fond de vous-même, Paul. Vous pouvez vous souvenir, faites un effort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Chercher au fond de moi-même ? (Marie acquiesce) Mais Marie, j’ai l’impression que je n’ai jamais su sonder le fond de moi-même par peur de ce que je pouvais y trouver.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Et ça ne serait pas joli à voir !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Oh toi, tais-toi ! Je t’ai pas demandé ton avis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Paul !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Elle m’agace celle-là… Je m’appelle Paul ? (Maire acquiesce. Un temps) Oui. Je me souviens maintenant. Je m’appelle Paul Jacques. (Il regarde Marie) C’est un beau nom... (Il se détache pour se regarder dans le miroir) Paul Jacques. Bonjour. (Un temps. Il passe sa main sur ses joues.) Il faut que je me rase. Elle n’aime pas quand j’ai les joues rêches.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie et Hina le regardent s’engouffrer dans la salle de bain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;J’avoue qu’il me l’a jamais faite celle-là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Paul. Paul !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul sort :&lt;br /&gt;Quoi !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Nous n’avons pas terminé !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Mais terminé quoi ? Vous m’agacez.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Asseyez-vous sinon, pas de Docteur ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Vous me menacez encore ! Vous êtes une vraie… Ah, si j’étais seul, je m’occuperais de vous et plus vite qu’il ne faut de temps pour le dire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;C’est certain, sa mémoire revient au galop.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul s’arrête :&lt;br /&gt;Bêcheuse. Tu es une bêcheuse. Vous savez quoi Marie ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Hum ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Ca marche votre méthode.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Laquelle ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Chercher au fond de soi-même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Vraiment ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Quand je regarde cette femme et que je cherche dans le fond de ma mémoire, je sais que je me suis menti à son sujet au cours de ces dix dernières années.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;Menti ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Et cela ne me donne pas du tout envie de retrouver la mémoire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Et bien merci. Un vrai homme qu’on a là, que je vous dis…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;A moins que…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie :&lt;br /&gt;A moins que ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul (à Hina) :&lt;br /&gt;Non, tu n’es pas ma femme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Je ne suis pas ta femme. C’est évident.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Tu es celle avec qui tu partages ton quotidien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Correction jeune homme. Selon vos propres dires, je suis celle « qui passe de temps en temps ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Mais nous habitons ensemble ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie applaudit :&lt;br /&gt;Il se souvient.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul sur le même ton :&lt;br /&gt;Une grande maison sur une colline perdue près d’un village. Un chien garde le jardin, il aboie toujours quand je rentre le soir sauf…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Sauf quand tu rentres tard. Tu en as fait ton complice de virées tardives soi disant pour travailler…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Tu sais que je ne t’aime pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hina :&lt;br /&gt;Tu ne m’aimes pas ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul :&lt;br /&gt;Je t’ai aimé, mais je ne t’aime plus. Je te respecte.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2045635635459388620-2184303135275201884?l=galicismos-suite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/feeds/2184303135275201884/comments/default' title='Enviar comentarios'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/2009/01/le-rendez-vous-amnesique-piece-de.html#comment-form' title='0 comentarios'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2045635635459388620/posts/default/2184303135275201884'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2045635635459388620/posts/default/2184303135275201884'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://galicismos-suite.blogspot.com/2009/01/le-rendez-vous-amnesique-piece-de.html' title='&quot;Le rendez-vous amnésique&quot; pièce de théâtre de Céline Hervé-Bazin (1/4)'/><author><name>galicismos</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry></feed>
